À voir : La photographe Noémie Rifaï plonge dans la moiteur des soirées techno BDSM de Paris

Photo de couverture : ©Noémie Rifaï
Le 13.05.2022, à 11h44
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©Noémie Rifaï
Photo de couverture : ©Noémie Rifaï
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Rencontre avec @princessevoiture, jeune photographe qui documente les nuits libérées de la capitale.

Jupes en cuir, résilles, harnais à clous, torses luisants… En se baladant sur le compte Instagram de Noémie Rifaï alias @princessevoiture, on plonge immédiatement dans l’ambiance moite et brumeuse des soirées techno libertines qu’elle documente. Âgée de 22 ans seulement, la jeune photographe donne à voir l’intimité des corps évoluant sans tabou dans un cadre permissif et libéré. Considérant le monde de la nuit comme un « lieu de liberté d’expression, où la nudité met en avant l’égalité », Noémie y capture la diversité des profils et des corps d’une jeunesse décomplexée. Rencontre.

Peux-tu te présenter rapidement, ainsi que ton parcours? 

Je m’appelle Noémie, j’ai 22 ans, je suis d’origine franco-libanaise et je suis née à Reims. Grâce à mon environnement socio-culturel, j’ai eu la chance de grandir entourée d’une richesse culturelle atypique, avec un père libanais et une mère française, qui m’ont tous deux transmis l’importance de la diversité. À présent, je la retranscris au travers de mon art afin de m’épanouir et transmettre ma vision du monde. Mes deux modes de communication préférés sont la musique et la photographie argentique dont j’aimerai faire mon métier. 

©Noémie Rifaï

Quand as-tu commencé la photo ? 

J’ai commencé la photographie très jeune, je dirais vers mes 10 ans. Très tôt, j’ai eu des appareils photo et des caméras entre les mains. C’était un jeu pour moi, je prenais en photo un peu tout et n’importe quoi, puis je me suis tournée vers les personnes qui m’entourent. J’ai toujours détesté être prise en photo et c’est un peu comme ça que je me suis retrouvée à faire pleins de clichés et c’était aussi surtout un moyen de communiquer avec les autres. D’ailleurs, j’ai fait mon premier stage en entreprise au collège chez un photographe, mais j’ai mis beaucoup d’années avant de réaliser que je voulais en faire mon métier. Au début, je faisais essentiellement du numérique, puis j’ai commencé l’argentique lorsque mon grand-père maternel m’a donné ses appareils photo, c’était le début d’une grande histoire d’amour entre moi et l’argentique. 

Quels sont tes principaux sujets/thèmes ? 

Mes principaux sujets sont mes amis, les personnes qui m’entourent ou celles que je vais rencontrer en soirée. J’aime prendre en photo les gens, plus que leur parler, c’est vraiment comme ça que je communique et que je transmets ma passion. J’ai toujours un appareil photo avec moi dans mon sac, j’adore me balader et prendre des photos dans la rue, de choses qui interpellent mon regard. J’en publie certaines sur mon compte personnel que je considère comme un journal de bord qui retrace mes aventures, des moments de vie. Sinon j’aime beaucoup prendre des photos en soirée, en after quand les gens sont déchaînés et se sentent libres. J’essaye de faire en sorte qu’ils ne me voient pas quand je les prends, je trouve vraiment que le résultat n’est pas le même que quand l’on demande à quelqu’un de poser donc je vagabonde et je prends des photos un peu partout, ainsi que beaucoup de gros plans sur des parties du corps car je trouve cela juste magnifique. 

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©Noémie Rifaï

Quel.le.s sont tes mediums/appareils/techniques préféré.e.s, pourquoi ? 

Ce que je préfère c’est l’argentique sans aucune hésitation, j’aime vraiment le fait de ne plus me souvenir de ce que j’ai pris en photo, où l’appréhension que je ressens avant d’aller faire développer une pellicule. C’est un sentiment assez complexe à expliquer pour ceux qui ne font pas de photographie argentique. Nous sommes tellement habitués à pouvoir prendre des tonnes de photos, les supprimer puis recommencer jusqu’à ce que l’on obtienne un résultat satisfaisant. Moi j’aime l’idée de faire un cliché sans savoir s’il sera bon ou pas, ça fait partie du jeu. J’utilise principalement les deux appareils de mon grand-père, le Olympus Af 1 Twin et le Konica Z up 70 super . Je commence aussi à utiliser mon Polaroïd. 

Peux-tu décrire ta sélection de photos ? Qu’est-ce qu’elle t’évoque ? 

C’est une série de photographies argentiques en noir et blanc prisent lors de soirées libertines parisiennes. On y voit les corps déchaînés de jeunes adultes dansant et s’entremêlant sur de la musique électronique. Ces photos exposent des personnes prônant la liberté sexuelle et le droit de disposer de leurs corps dans l’univers du monde de la nuit des soirées techno. Le monde de la nuit est depuis toujours un lieu d’expression et de revendication notamment pour les minorités ethniques et marginalisées. J’ai donc décidé d’y contribuer de manière active en me focalisant sur des moments de vie insolites. Choquer par l’image pour sensibiliser une cause est mon mode opératoire favori.

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©Noémie Rifaï

Où ont-elles été prises ? Dans quel contexte/cadre ? 

Cette série de photo à été prise lors d’une des premières édition d’une soirée libertine parisienne. Cette soirée intimiste dans une ambiance BDSM était organisée dans une maison avec un cachet incroyable. Le contraste entre le lieu et le public rend les clichés indatables.

©Noémie Rifaï

Quel lien entretiens-tu avec la nuit et la fête ? Avec la musique plus globalement ? 

La musique est mon autre passion. J’ai la chance d’avoir grandi avec des parents passionnés avec une culture musicale très diversifiée. J’ai commencé très tôt à aller en festival, en teuf et j’ai découvert un peu plus tard les soirées techno avec le label des meilleurs amis Obsidienne dont je fais maintenant partie. J’adore le monde de la nuit, je vis pour la fête et surtout le son, c’est pour ça que je me suis lancée et que j’ai appris à mixer sur vinyles il y a un peu près deux ans. Récemment j’ai réalisé mon premier gig à Quartier Libre avec le Label rémois Icilalune et j’espère que c’est le début d’une longue série.

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