Voilà à quoi ressemble le festival Sónar en plein hiver, dans sa version islandaise

Écrit par Smaël Bouaici
Le 28.04.2017, à 12h20
03 MIN LI-
RE
Écrit par Smaël Bouaici
Du 16 au 18 février, le Sónar, le plus célèbre des festivals électroniques barcelonais, retournait à Reykjavik pour une nouvelle édition hors les murs, la cinquième en Islande. Report en terre de glace.


Photos : Berglaug Petra/Lilja Draumland/Helgi Asgeir (Sonar)


Après la performance de leur équipe de football lors de son passage en France à l’été 2016 pour l’Euro, l’Islande est devenue hype. Une bonne pioche pour le Sónar, référence en matières de musiques électroniques (mais pas que), qui s’est installé à Reykjavik depuis 2013. Et une bonne pioche surtout pour les Islandais. Perdue au milieu de l’océan Atlantique Nord, à quelques encablures du Groenland, l’Islande n’est pas une étape incontournable pour les stars de la musique mondiale. L’édition annuelle du Sónar et son line-up alléchant était donc très attendue par les 300 000 habitants de l’île, qui peuvent assister à des dizaines de concerts prestigieux le temps de trois soirées au Harpa concert hall de la capitale.

Posé au bord de l’eau, le reluisant bâtiment et ses fenêtres asymétriques qui adaptent leur couleur à celle du ciel a vu ses 3 500 places (soit 1 % de la population) prises d’assaut par la jeunesse locale, venue découvrir un casting panaché entre têtes d’affiche internationales et talents locaux. Trois salles, un parking et un auditorium pour des performances plus intimistes présentées par l’Academy de Red Bull, qui retransmettait une partie des concerts et des conférences (comme celle des Modeselektor) en direct sur sa radio. Par son agencement, le Harpa fait un peu penser à la Gaîté lyrique, avec sa grande salle pimpante, où l’on a pu assister le vendredi soir au magnifique live audiovisuel de Moderat, qui a fait frissonner toute la foule en clôturant son show avec le classique « A New Error » et ses basses incomparables.

Moderat

Alors que le groupe islandais GusGus était en train de dérouler devant un public conquis, on décide d’aller tester une ambiance plus underground. Pour cela, il faut littéralement descendre deux Escalator pour rejoindre le parking transformé en chambre à rave. Avec son plafond bas et son obscurité, le lieu est idéal pour des DJ sets de techno qui tabasse. Et le line-up est impressionnant, avec Ben Klock la veille et ce vendredi la géniale DJ allemande Helena Hauff, suivie d’un back to back furieux entre Blawan et le vétéran de la techno islandaise Exos, signé sur le label de Nina Kraviz. Une avalanche de beats qui nous a accompagnés jusqu’au lendemain soir.

Helena Hauff

Après une après-midi relaxante dans une des nombreuses piscines géothermiques de Reykjavik, à deux pas du mignon Oddsson Hotel Reykjavik, nous voilà de retour au Harpa, le samedi soir, où tout le monde se presse dans la salle principale pour assister au concert de De La Soul. Les rappeurs se sont d’abord excusés de ne pas venir souvent, et ont délivré à peu près ce que le public attendait, avec une playlist remplie de leurs classiques dans une sorte de medley qui mêlait « Ring Ring Ring », « Ain’t No Good » ou « Me Myself and I ». Les Américains ont beaucoup joué avec le public avec une stratégie bien rodée de division de la foule, qui en a lassé quelques-uns, mais les Islandais – un peuple très hospitalier – étaient preneurs et rassasiés, après une heure de tubes et de « hey ho » en chœur.

De La Soul

A la sortie, gros embouteillage dans la foule entre ceux qui montent, ceux qui vont au bar, et ceux qui descendent. Nous décidons de rester à l’étage, parce que ça fait longtemps qu’on n’a pas vu Fatboy Slim sur scène. La star des platines britannique n’a pas trop changé. Il reprend la foule de volée en démarrant pied au plancher, avec des grosses turbines et son slogan « Eat sleep rave repeat ». La Fatboy Slim expérience, une marque de fabrique immuable que l’on soit sur une plage de Brighton ou dans une baie enfumée en Islande. D’une efficacité incontestable, l’Anglais a défeutré l’élégante Harpa Center. On rejoint ensuite l’auditorium pour un moment de grâce, avec le show intimiste de Marie Davidson et son hit « Adieu au Dancefloor » avant de retourner dans le parking pour assister au mix techno de la Canadienne B Traits.

Marie Davidson, live @ Sonar Reykjavik

Le closing du festival est assuré par le collectif de DJ’s locaux Plútó, qui démontre l’exceptionnelle capacité d’assimilation des artistes islandais et d’un public qui a une soif de découverte qu’on envie presque en retournant vers notre pays de fans trop souvent blasés. Et comme on n’a pas eu le temps de voir les aurores boréales, on reste aux aguets pour le prochain trip vers le nord. La date du festival Secret Solstice et son Soleil de minuit approche à grands pas, comme celle du Sonar d’été catalan

Merci à Visit Reykjavik , Oddsson et Icelandair (Aller-retour Paris-Reykjavík à partir de 251 € et #MyStopover, pour une étape en Islande sur la route des USA)

Newsletter

Les actus à ne pas manquer toutes les semaines dans votre boîte mail

article suivant