Vincent Carry : « Le dancefloor est redevenu un ring politique »

Écrit par Flora Santo
Photo de couverture : ©Brice Robert
Le 27.10.2020, à 17h00
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©Brice Robert
Écrit par Flora Santo
Photo de couverture : ©Brice Robert
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Vincent Carry, le directeur d’Arty Farty, a signé une tribune pour Libération adressée à la ministre de la Culture, demandant à ce que la France ouvre les yeux sur le rôle fondamental du secteur nocturne en tant qu’espace culturel, de conscientisation et de luttes sociales et politiques.

Après Laurent Garnier, c’est au tour de Vincent Carry d’écrire à Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, en plaidant pour une meilleure considération du monde de la nuit et des musiques électroniques par le gouvernement. Le directeur d’Arty Farty (Nuits sonores, Le Sucre), également à l’origine de l’Appel des indépendants, a signé une tribune publiée dans Libération le 26 octobre rappelant l’importance sociale, politique et culturelle du dancefloor.

S’adressant directement à la ministre de la Culture, Vincent Carry mentionne « l’erreur historique » et « l’immense injustice » qu’a commis la France en considérant le secteur nocturne et la scène électronique « à travers le seul prisme de la sécurité, de l’hygiène, de la santé publique ».

« Il est de la responsabilité du ministère de la Culture, comme certains élus locaux ont commencé à le faire, de rappeler ce que ces centaines d’artistes, ces lieux, ces événements, cette grande chaîne de création ont apporté à notre pays, et pas seulement à son rayonnement culturel international (même si depuis trente ans, sans la culture électronique, ce fameux “rayonnement français” eut été bien pathétique en matière de musique, et que ce serait quand même la moindre des choses de s’en souvenir) » écrit-il.

Regardé de travers en France, le secteur nocturne a pourtant depuis bien longtemps trouvé sa place dans les politiques culturelles de villes comme Berlin, Amsterdam et New-York. Carry rappelle également que la nuit est avant tout un espace démocratique situé au cœur des luttes politiques, sociales, antiracistes et anti-homophobes des dernières décennies. « À Tbilissi, à Hongkong, au Chili ou en Bolivie, en Ukraine, en Algérie, à Paris ou Beyrouth, les mouvements démocratiques et sociaux, la lutte contre les régimes autoritaires et le grand mouvement de la jeunesse pour le climat, trouvent un écho dans la nuit et dans sa représentation culturelle, artistique, festive et collective. Comment peut-on ne pas le voir ? ».

La tribune de Vincent Larry est disponible sur le site de Libération.

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