Vénus Club, un collectif pour donner de la force aux musiciennes électroniques

Écrit par Célia Laborie
Photo de couverture : ©Violaine Youchtchenko
Le 02.04.2021, à 11h40
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©Violaine Youchtchenko
Écrit par Célia Laborie
Photo de couverture : ©Violaine Youchtchenko
Inoculer une bonne dose de sororité dans le monde des musiques électroniques en France : c’est la mission que se donne le Vénus Club, tout nouveau collectif de DJs féministes. Alors qu’en 2019, les femmes ne représentaient que 25% des programmations des festivals électroniques dans le monde, Elodie Vitalis, Domitille Raveau, Angélique Morin et Charlotte Gautier nous racontent leur engagement pour normaliser la présence des femmes derrières les platines.

Par Trax Magazine et Electronic Music Factory
En partenariat avec la Sacem

Comment est né le Vénus Club ?

Élodie Vitalis : Quand je me suis lancée dans le mix, je me suis sentie très seule dans ma démarche. Mes amis DJs avaient tous de petits collectifs avec lesquels jouer et échanger, mais j’avais du mal à me rapprocher d’eux. Ne connaissant aucune femme DJ, j’avais inconsciemment intégré l’idée que j’étais moins légitime. J’ai fini par lancer un appel à témoignages dans un groupe Facebook réservé aux femmes passionnées de techno, et j’ai reçu énormément de réponses. Je l’ai pris comme une preuve que je n’étais pas la seule à ressentir ce besoin de sororité. M’est donc venue l’idée de créer le Vénus Club, c’est un « espace safe » où s’allier entre musiciennes et créer nos propres opportunités.

Le Vénus Club rassemble aujourd’hui une vingtaine de DJs femmes. Comment créez-vous des opportunités nouvelles pour ces artistes ?

Élodie Vitalis : Notre première action a été de lancer une série de podcasts hebdomadaires pour faire découvrir l’univers des DJs du collectif. On mettra ensuite à disposition de nos membres des ressources pour gagner en visibilité et commencer à être bookées pour des livestreams et des événements quand la situation sanitaire le permettra. On prévoit aussi de proposer des livestreams puis quand ce sera possible des open-airs pour embarquer le public dans notre univers. Enfin, nous voulons agir pour la parité d’accès à la musique électronique avec des sessions d’initiation au mix, qui ont déjà débuté en version virtuelle et se poursuivront en présentiel dès que possible.

À vos yeux, en quoi le monde de la musique électronique est-il sexiste ?

Charlotte Gautier : On peut observer ça notamment sur les réseaux sociaux avec les remarques déplacées qu’on retrouve sous chaque post concernant une femme. J’ai déjà vu des dire que les artistes femmes sont programmées uniquement pour décorer ou pour attirer du public…

Angélique Morin : Il y a énormément de femmes DJs, mais leur visibilité n’est pas aussi forte qu’elle pourrait l’être parce que leur légitimité à mixer est bien plus souvent remise en question. Aussi, le rapport au physique n’est pas le même : il arrive malheureusement que l’attention portée à la beauté de l’artiste, ce qu’elle « dégage/représente », soit un peu plus importante que l’attention portée à son travail. Notre objectif, c’est que l’attention se concentre sur la musique, sans que leurs compétences soient systématiquement remises en question.

Domitille Raveau : Il faut absolument faire bouger les normes de genre, et cela passera aussi par le fait de nommer plus de femmes à des postes à responsabilité au sein de l’industrie musicale.

Pour suivre les actualités du collectif, s’échanger des conseils et suivre des sessions d’initiation au mix, rendez-vous sur le groupe Facebook du Vénus Club.

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