Une série de photos porte un regard nouveau et délicat sur le monde de la free party

Écrit par Simon Clair
Photo de couverture : ©Zoé Chauvet
Le 20.06.2019, à 11h53
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©Zoé Chauvet
Écrit par Simon Clair
Photo de couverture : ©Zoé Chauvet
Le temps d’une jolie série photo baptisée Enjoy The Silence, la jeune photographe Zoé Chauvet raconte les free party avec une délicatesse et une douceur inédite.

Contrairement aux idées reçues, le monde de la free party n’est pas forcément dur et opaque. Mais pour le comprendre, encore faut-il laisser de côté les stéréotypes généralement liés à cet univers. C’est ce que s’est attachée à faire Zoé Chauvet dans une série de photo baptisée Enjoy The Silence qui pose sur le monde des teufeurs un regard à la fois délicat et compréhensif. Après avoir participé à sa première free party il y a un peu plus de deux mois lors d’une multison dans la commune de Provins en Seine-et-Marne, cette jeune photographe travaillant au départ sur des portraits de jeunes déscolarisés s’est retrouvée embarquée dans le monde de la teuf, guettant les infolines et shootant les danseurs au pied des sound systems ou ailleurs. Dès le début, le parti pris est de saisir la dimension poétique et presque rêveuse de ces fêtes illégales. « Pour ce projet je voulais absolument me détacher de l’aspect documentaire. J’ai donc choisi de shooter à des heures particulières, à l’aube ou au coucher de soleil, ce qui m’a permis de m’éloigner du réel et de réussir à capter des couleurs et des lumières un peu en dehors de celles qu’on peut retrouver autour de ce sujet. Je cherchais quelque chose de plus doux. », explique-t-elle. Pour ça, Zoé Chauvet joue donc avec les formes et les textures, multiplie les angles de vu et alterne entre film noir et blanc et film couleur afin de rendre à la free party ses nuances les plus infimes.

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©Zoé Chauvet

Mais tout ça n’a pas été si évident. Avant de sortir l’appareil photo, il a fallu d’abord apprivoiser le tempérament parfois sauvage des teufeurs. « Au tout départ j’étais assez mal à l’aise. Je ne voulais pas gêner et brusquer les personnes dans leur intimité. Puis peu à peu, j’ai pris confiance car je savais que ma démarche était bienveillante. Les personnes que je prenais en photo ne faisaient soit pas attention à l’appareil, soit elles étaient plutôt flattées et me demandaient mon numéro pour récupérer les photos. En plus, les gens qui font la teuf sont relativement ouverts d’esprit et comprenaient très bien mon projet. La discrétion en free, c’est surtout un principe, lié au refus de s’adonner à une fête institutionnalisée, et donc relayé par les réseaux sociaux. » Au final, cette bienveillance se fait sentir sur chacune des photos de Zoé Chauvet, qui respirent le calme et la tranquillité davantage que le bruit et la fureur. Un joli contre-pied sur un monde que Trax Magazine raconte en détail dans son numéro 222, en revenant sur le dernier teknival sous la neige et en s’entretenant avec des teufeurs, acteurs et chercheurs liés à l’univers de la free party.

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