Un week-end au paradis du groove en pleine montagne : c’était le Radio Meuh Festival

Écrit par Anne-Claire Simon
Le 09.04.2018, à 18h57
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©Radio Meuh
Écrit par Anne-Claire Simon
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Le Radio Meuh Circus Festival, c’était cinq jours de festivités musicales du côté de la station de ski La Clusaz – du 29 mars au 2 avril derniers –, avec après-midi de danse sous le soleil et soirées sous un grand chapiteau rouge. Le tout pour une bonne dose d’allégresse et de copinages. Car « la Meuh », c’est avant tout une histoire de potes et d’artistes DJ’s qui partagent leur passion pour les musiques électroniques.


Lorsqu’on arrive à la Clusaz, on est directement immergé dans l’ambiance du festival. Car dans les rues, la Meuh est partout, avec ses grandes affiches en noir-rouge-blanc à la typographie signée Degu, artiste décalé et pote de Philou – président de Radio Meuh. L’esprit du festival, « sans chichi », sans superficialité et toujours un peu décalé, c’est cet « esprit Circus » du grand chapiteau emblématique de l’évènement. Chaque année, cette scène atypique trône au milieu de ce décor tantôt plein de couleurs lorsque le soleil brille, ou tout de blanc vêtu lorsqu’un épais manteau de neige recouvre les toits des maisons en bois de La Clusaz, créant une atmosphère feutrée. Comme disait Hannah Williams – chanteuse hyper powerful de soul tout droit arrivée de Bristol, avec son groupe de musiciens.iennes The Affirmations – à la foule ce soir-là : « La Clusaz is paradise. A white paradise with snow. » (« La Clusaz, c’est le paradis. Un paradis enneigé. ») 

Et au Radio Meuh Circus Festival, le paradis est illuminé par la boule disco, qui guide tous les danseurs.euses tout au long de la soirée. On arrive vendredi, et les apéros (musicaux) commencent dans différents lieux : on s’amuse à passer de Chez Pappaz avec Lord Funk, passionné de galettes depuis la fin des années 80, à la terrasse couverte de la Scierie avec Ethyène. À 19h, c’est déjà le feu et ce warm-up réchauffe les riders, qui se déhanchent sur les sons disco-house du jeune producteur lyonnais – que ce digger talentueux partage avec bon cœur, le smile aux lèvres. Si la terrasse est désormais réchauffée à point, dehors les « chatons » tapissent toute la station. Un manteau de neige a recouvert les rues de la Clusaz, c’est féerique et le spectacle peut commencer. 

Dans ce cirque festif, tout le monde s’est amusé, et notamment les artistes – soigneusement choisis.es entre lives, performances, b2b et DJ sets pointus – qui se sont donnés à fond sur les différentes scènes. Ça se voyait, ça se sentait, et les DJ’s Folamour et S3A nous l’ont confirmé : « On aime l’âme de ce festival, porté par Philou et toute l’équipe, qui sont de vrais passionnés ». Sous le chapiteau du Circus, Folamour et S3A jouaient ensemble pour la première fois. Devant un public conquis et endiablé, ils ont réussi à construire un b2b entraînant, entre deep house et disco-house pleine de vocals. La première soirée sous le chapiteau se clôture avec brio par ce duo qui a réussi à conquérir un public très réceptif, guidé par leurs vibes très dance.

Le jour suivant, les rayons de soleil – cette boule disco naturelle – ont inondé la station, pour le bonheur des plus courageux.euses – les riders-skieurs –, mais aussi pour les amateurs.rices de terrasses en bois, suspendues au-dessus des pistes, où le reblochon embaume l’espace. Pour ceux.elles-là, c’était rendez-vous à la Ferme, restaurant traditionnel et incontournable (pour les adeptes de fondue XXL et de liqueur verdoyante, testées et approuvées). Sur cette scène off insolite, ce sont les DJ’s suisses et fins diggers Alma Negra qui étaient présents, pour une session groovy. Retour dans le centre-ville pour ce pèlerinage festif : sous la Grenette, haut préau typique comme l’on en voit dans les bourgs de Haute-Savoie, c’est au tour des Sheitan Brothers de partager leurs sélections musicales épicées.D’est en ouest, leur vibe traverse les paysages du monde tout en se mariant parfaitement avec le décor. Neige et sonorités africaines, chalet et musique orientale : encore un cocktail réussi pour Radio Meuh.

Retour sous le Chapiteau, pour une soirée riche en émotions musicales et placée sous le signe de l’éclectisme. Les performances s’enchaînent avec succès, en commençant par le show audiovisuel de Doctor Flake, transportant le public avec son motion design et ses sons mélodiques. Puis ce fut au tour de Romare, accompagné d’un percussionniste et d’un saxophoniste-flûtiste, de mobiliser l’attention d’un public envoûté par cette orchestration – entre machines et instruments rythmiques et à vent ; une sorte de collage sonore entre sons africains et up-downtempo. La scène ne désemplit pas, et c’est au groupe Tshegue d’occuper les lieux et de remplir le chapiteau de leur énergie puissante, séduisant le public avec sa prestance et son identité. La chanteuse, théâtrale et charismatique, se lâche sur scène, tandis que les musiciens vivent leur musique en communion dans un style qu’ils définissent eux-mêmes comme « musique no limit ».

Après minuit, c’est un groove full disco qui revient de plus belle, avec le duo star de la « Modern NYC Disco », Razor-N-Tape. Tout droit venus de Brooklyn, ces passionnés du groove font voyager le dancefloor sans souci. La boule disco tourne de plus belle, et les danseurs.euses auraient pu rester encore des heures : sans hésitation, il s’agira de notre coup de cœur.

Cette programmation idyllique, c’est à Philippe Thevenet – ou Philou – qu’on la doit. Président et fondateur de Radio Meuh avec deux amis, Philou est un réel passionné, loué par tous.tes pour sa simplicité et sa motivation. Depuis toujours, il collectionne de la musique – sur cassettes, CDs, vinyles ou numérique. Tout a commencé en 2007, lorsqu’il décide de monter une radio indépendante basée à La Clusaz pour y passer ses playlists perso. De Radio Meuh, le public adhérera à son esprit décalé et à son programme sans publicité. En 2013, l’histoire de la Meuh prend un autre tournant : « On s’est tout simplement lancé dans le festival, parce qu’on voulait partager notre passion à nos auditeurs et auditrices et leur proposer un cadre festif et musical agréable, chez nous, à La Clusaz. » Quand Philou choisit ses artistes, c’est « parce qu’ielles sont simples ». Le patron cherche toujours à inviter des artistes qui sont passionnés.ées et ne cherchent pas à flamber dans la station. « Ça a toujours été naturel pour nous de faire les choses simplement. Et je n’ai pas de souci à trouver des artistes qui sont dans ce même état d’esprit. » Le public est de plus en plus conquis, venu des quatre coins de l’Hexagone grâce au bouche à oreille : « Onobserve que cette année encore, les festivaliers viennent de plus en plus loin. Par exemple, cette bande d’amis.es de Nîmes qui n’étaient que 5 au début, puis 15 l’année suivante. Cette année, ils sont même venus à 21 ; ça nous fait vraiment plaisir ! » Plus large que La Clusaz, Philou souligne le fait que le festival est un travail entre amis.es, en lien avec l’équipe Doka Productions du Grand Bornand – station de ski voisine –, dans ce même esprit « Circus » de fête et de partage, cher à Philou et son équipe.

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