Un sound-system unique au monde va être installé à Paris pour une nuit d’anthologie

Écrit par Smaël Bouaici
Le 24.09.2019, à 16h05
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©Sarah Bastin
Écrit par Smaël Bouaici
Depuis sa révélation aux yeux de la France du clubbing l’été dernier, le sound-system monté chez lui par le DJ audiophile Seb le Vinyl avec des éléments des meilleurs clubs new-yorkais fait beaucoup fantasmer. Le Red Bull Music Festival offre une occasion unique de l’écouter IRL en le faisant sortir de son loft pour une soirée au 104 le 29 septembre avec James Murphy, le patron de DFA, la Londonienne Colleen Murphy, ex-protégée de David Mancuso, et Vincent Privat de Dizonord pour l’accompagner.

Le carrousel des cadeaux de La Roue de la Fortune dans le rêve humide d’un geek du son. Voilà à quoi ressemble le salon de Sébastien Deswarte, alias Seb le Vinyl, alias le type qui a quasiment de quoi sonoriser deux boîtes de nuit dans sa maison. Au cours des vingt dernières années, de manière compulsive, il a accumulé six enceintes Klipschorn (quatre dans le salon, deux au garage), une marque de référence dans la sphère audiophile utilisée par le père de tous les clubbeurs, David Mancuso, dans son Loft à New York, dégotées grâce au Bon Coin parfois à quelques kilomètres de chez lui, parfois à l’autre bout du pays. S’y trouvent aussi deux caissons de basses Bertha, conçus par Richard Long, légendaire designer de sound-system américain, responsable du son de clubs non moins mythiques, le Warehouse et le Music Box à Chicago, lieux de naissance de la house, le Studio 54, le Zanzibar ou le Paradise Garage de Larry Levan à New York. Pour ajouter encore un peu de cachet, les Bertha ont été récupérés à Hawaii, au Thirtynine Hotel, où DJ Harvey les avait laissées après avoir fermé son club.

Mais Seb ne s’est pas arrêté là. Scrutant sans cesse les petites annonces et les forums d’achat/vente de matériel audio, il ne loupe jamais une occasion d’enrichir son musée perso dédié à la club culture new-yorkaise, qu’il a découverte à travers une douzaine de voyages outre-Atlantique. C’est en 1998, au Club Vinyl, pour la soirée Shelter du DJ de house Tommy Regisford, qu’il a découvert la profondeur et la précision des sound-systems américains. « Il avait quatre Bertha ! J’ai halluciné devant les sound-systems, puissants mais cristallins. »

Plongeant de plus en plus profond dans son obsession, il a ajouté un filtre basse pour contrôler les Bertha, racheté à un New-Yorkais proche de Gary Stewart, autre mythe de monde de l’audio, ainsi qu’un subharmonic synthetizer. Cet engin permet d’entendre un peu de l’écho du Paradise Garage — où Larry Levant disposait de son équivalent, le Dbx 100 BoomBox — en générant des fréquences ultrabasses et un son bien plus puissant sur les disques disco de Seb, qui occupent une bonne partie de ses plus de 10 000 galettes bien rangées sur un mur d’étagères et dans des bacs formant un mini-record shop près de la cuisine.

Et depuis le reportage de Red Bull Music l’été dernier, le line-up de Seb s’est encore renforcé. Klipsch, ravi de s’être trouvé un ambassadeur, lui a livré il y a quelques mois deux enceintes toutes neuves ! « Une paire magnifique, c’est le modèle fabriqué pour les 70 ans de la marque. Elles sont un peu modifiées à l’arrière pour mieux rentrer dans les coins, et les finitions sont impeccables », apprécie-t-il en connaisseur. Et à l’approche de la soirée “Système Son” du Red Bull Music Festival Paris, dimanche 29 septembre au Centquatre, son côté bricoleur a repris le dessus : « Ça fait deux mois que je fais de la menuiserie, j’ai des crampes aux mains ! J’ai encore changé tous les filtres, j’ai acheté des VoltiAudio à la place des anciens, et puis je voudrais modifier les cornets… Je fais tout pour que ce soit impeccable pour la fête. J’ai refait un box à DJ qui est plus solide, plus facile à transporter, j’ai refait les supports pour surélever les têtes de médium/aigu au-dessus des Klipschorn. »

Avec la pression de cette première, Seb avoue avoir bossé comme un fou tout le week-end. Irrécupérable passionné, il a même utilisé son cachet pour investir dans du nouveau matériel, et notamment l’ampli dont il rêvait, le Bryston 4B³, dont il a acquis une paire. « Je suis curieux de voir ce que ça va donner, c’est la première fois que je brancherais les 8 enceintes Klipsch ensemble. Je ramène aussi les deux Bertha Levan, les deux tweeters au plafond, mes deux nouveaux amplis, tout ce qui est régie DJ, tables de mixage… » Et les disques bien sûr : « Jazz-funk, disco… Ce sera plus groove. Je vais jouer ce que j’ai envie d’entendre sur le système branché en entier. Je vais me faire plaisir. »

Reste le challenge de recréer la sono de sa maison dans une nouvelle salle, avec 8 enceintes de 100 watts, qui disposent d’une sensibilité extraordinaire à 104 dB (la sensibilité moyenne des enceintes se situe entre 87 et 91 dB). Seb consacrera la journée de samedi à installer lui-même le matériel, et à faire des tests pour que la musique sonne de manière aussi cristalline que dans son salon. D’autant qu’il reçoit des invités de prestige avec James Murphy, patron du label DFA et à la tête de LCD Soundsystem, et Colleen “Cosmo” Murphy, organisatrice des soirées “Lucky Cloud” à Londres et productrice des fameuses compilations David Mancuso presents The Loft. « Il y a une petite pression quand même, rigole Seb. Ce sont deux personnes qui connaissent très bien les sound-systems : Cosmo, qui était la protégée de David Mancuso, et James Murphy, qui a participé au projet Despacio, un sound-system de 50 000 watts avec les 2ManyDJ’s. Despacio, c’est un truc extraordinaire, on ne joue pas dans la même cour, il y a cinq amplis McIntosh par enceinte, je n’en suis pas encore là ! » Pas encore…

Toutes les informations sur la “Soirée Système Son” et sa billetterie sont à retrouver sur la page Facebook de l’évènement.

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