Un sextoy connecté va mesurer le “potentiel orgasmique” des DJ sets de festivals

Écrit par Simon Clair
Photo de couverture : ©AAA Backstage
Le 22.05.2019, à 12h01
03 MIN LI-
RE
©AAA Backstage
Écrit par Simon Clair
Photo de couverture : ©AAA Backstage
Avec leur projet In Bed With Laurent Garnier, la sexologue Cathline Smoos et le développeur Aurélien Fache proposent de vivre Nuits sonores différemment grâce à un système de sextoy connecté directement sur la musique. Le meilleur moyen de prendre son pied en festival.

Il y a toujours eu différentes manières d’apprécier un concert ou un DJ set. Pour certains spectateurs, le plus important est par exemple la qualité du son ou le choix des morceaux. Pour d’autres, c’est avant tout l’ambiance et l’énergie du public qui font le succès ou l’échec d’une soirée. Mais pour Cathline Smoos, sexologue-psychologue dans la région de Lyon, la musique peut aussi s’écouter via une toute autre grille de lecture. Pour la prochaine édition de Nuits sonores, cette mélomane passionnée par les nouvelles formes de sexualité s’essaiera en effet à une expérience hors-norme consistant à juger les DJ sets du festival en fonction de leur potentiel orgasmique. Baptisé avec humour In Bed With Laurent Garnier, ce projet visant à lier le plaisir auditif et le plaisir physique repose sur un principe simple : retranscrire en direct sur un sextoy les vibrations et les pulsations des DJ sets du festival. En portant ce sextoy durant tout Nuits sonores, Cathline Smoos pourra donc juger « de manière hyper subjective » le potentiel sexuel d’un peu tous les genres musicaux présents sur place. Et en tirer une playlist à l’érotisme torride.

Derrière cette idée un peu folle de faire l’amour avec la musique, il y a aussi Aurélien Fache, développeur et hacker de sextoy travaillant tout particulièrement sur les liens entre nouvelles technologies et sexualité. C’est à ce passionné de science-fiction que l’on doit le projet tout aussi déjanté In Bed With Thomas Pesquet. « L’idée était de faire vibrer un million de sextoys dans le territoire français lorsque le spationaute Thomas Pesquet passait au-dessus de la France à bord de la Station Spatiale Internationale. On appelait ça du space sex », explique l’intéressé. En duo avec Cathline, Aurélien a aussi mis en place l’année dernière l’expérience In Bed With The Ocean dont l’objectif était de récupérer les données en temps réel de l’océan, de les transférer sur le sextoy et à l’aide de la réalité virtuelle, d’avoir l’impression de faire l’amour avec l’océan. « On veut montrer qu’on peut faire plein de choses. Il faut juste ouvrir la porte de son imaginaire. On entend parfois parler d’eargasm, c’est-à-dire le fait d’avoir un orgasme auditif en écoutant de la musique. Et bien avec In Bed With Laurent Garnier, on veut cette fois utiliser un outil technologique permettant d’avoir un orgasme physique sur la musique », reprend Cathline.

Mais au-delà de leur aspect fantaisiste inspiré des meilleurs films de SF, les projets de Cathline et Aurélien donnent un éclairage nouveau à la sexualité en montrant qu’il s’agit avant tout d’un domaine où il faut savoir s’amuser. À ce sujet, Cathline a le sens de la formule : « La plupart des gens ont peur de faire l’amour avec des robots mais ils font l’amour comme des robots. Ils sont très conditionnés, avec des idées préconçues sur la sexualité et les sextoys. Je veux leur montrer qu’on peut faire plein de choses dans ce domaine. » Même son de cloche pour Aurélien qui y voit un moyen de replacer la sexualité sur le terrain du jeu, de la créativité, du fun et même d’une certaine forme de poésie : « L’idée est d’explorer d’autres formes de sensualité, d’outrepasser les limites du corps humain. On a encore plein de projets en tête. Par exemple l’idée de faire l’amour avec l’humanité par l’intermédiaire de la réalité virtuelle. On peut aussi créer de nouveaux imaginaires, de nouvelles formes de sexualité où tout est possible. Pourquoi ne pas avoir cent sexes par exemple ? » Peut-être parce qu’il n’y aurait alors pas assez de DJ sets à Nuits sonores pour tous les satisfaire…

Newsletter

Les actus à ne pas manquer toutes les semaines dans votre boîte mail

article suivant