Un Russe a fabriqué un synthétiseur alimenté par 4,5 litres de son propre sang

Écrit par Jacques Simonian
Photo de couverture : ©Dmitriy Morozov
Le 14.03.2017, à 15h29
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©Dmitriy Morozov
Écrit par Jacques Simonian
Photo de couverture : ©Dmitriy Morozov
Dmitriy Morozov, de son nom d’artiste ::vtol::, a créé un synthétiseur alimenté d’une façon assez particulière. Pour faire fonctionner sa création, sobrement nommée “Until I Die”, il a drainé 4,5 litres de son propre sang.

18 mois pour collecter 4,5 litres de sang, c’est ce qu’il aura fallu à l’artiste russe ::vtol:: pour confectionner son synthétiseur “Until I Die”. Pour le faire marcher, Dmitriy Morozov a mélangé son sang avec de l’eau distillée et des conservateurs comme le glucose ou le citrate de sodium. Ce liquide arrangé délivre un courant continu qui alimente un réseau de batteries, lesquelles génèrent à leur tour un son diffusé sur une enceinte. Des sonorités inquiétantes et incongrues, à l’égal de l’installation.

Dmitriy Morozov
Until I Die, le synthétiseur vampire © Dmitriy Morozov

À travers cette création, Dmitriy Morozov souhaite « ne faire qu’un » avec sa machine, n’utilisant que sa « source vitale pour créer des sons électroniques ». Un travail « symbolique » qu’il qualifie de « construction métaphysique entre l’homme et la machine, plutôt qu’entre les êtres humains. » Il présentait cette œuvre au public en décembre dernier à la galerie Kapelica de Ljubljana, Slovénie. ::vtol:: y a fait la démonstration de son fonctionnement en se faisant prélever 2,5 litres de sang sur place ; le synthétiseur avait alors fonctionné durant presque huit heures.

Dmitriy Morozov n’en est pas à son coup d’essai. Il avait déjà attiré l’attention de la scène musicale en 2014 avec un drôle d’appareil : une machine aux airs d’exosquelette capable d’interpréter les tatouages comme une partition de musique. Sa dernière création vampirique n’est pas sans rappeler le travail d’un autre artiste, le russe Andreï Molodkin. En 2013, ce dernier avait présenté à Paris son œuvre “Immigrant Blood”, un buste d’une Marianne creux et transparent, dans lequel était injecté du sang prélevé à des demandeurs d’asile.

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