Un monastère va être transformé en micro village déconnecté par le Sarcus festival

Écrit par Sarah Pince
Photo de couverture : ©Sarcus
Le 28.08.2020, à 11h10
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©Sarcus
Écrit par Sarah Pince
Photo de couverture : ©Sarcus
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Encore un fabuleux événement rayé du calendrier 2020. En raison de la crise sanitaire, la cinquième édition du Sarcus initialement prévue le week-end du 18 septembre est annulée. Mais les initiateurs du festival sans portables profitent de ce hiatus pour se réinventer et pousser encore plus loin leur vision alternative de la fête. Leur projet pour cette année : redonner vie à un bâtiment du XIIe siècle en le transformant en lieu culturel et festif qui accueillera des séjours communautaires tout au long de l’année. Un bon bol d’air frais pour s’évader du contexte anxiogène actuel.

Que se passerait-il si le téléphone était interdit en festival ? L’équipe du Sarcus Festival a tenté de le savoir par elle-même. Celles et ceux qui se sont déjà livré·e·s à l’expérience connaissent la procédure : aux portes de l’événement, des bénévoles donnent une pochette dans laquelle chaque participant·e range son téléphone pour ne plus y toucher du week-end. Le but du jeu : se libérer du monde digital pour pouvoir être dans l’instant présent et se reconnecter aux autres. « Cette expérience permet de reconsidérer notre usage du téléphone en festival. Ca nous donne aussi l’occasion de se rendre compte que ce que nous considérons comme des urgences n’en sont pas vraiment », déclare Noé Thoraval, co-fondateur et programmateur du festival.

Abolir la frontière entre les artistes, les festivaliers et les organisateurs, voilà ce vers quoi tend aussi le projet. Au Sarcus, pas de backstage, ni d’espace VIP : tout le monde est sur un même pied d’égalité.

Parmi ses engagements, la question environnementale occupe une place centrale. Dans une démarche écologique et dans l’optique de valoriser le vivier local, la programmation en circuit court fait la part belle à la scène hexagonale émergente avec une priorité donnée à la jeune génération. Au total, ce sont quelques 60 artistes français qui devaient se relayer derrière les platines sur trois jours de fête conviviale. Malheureusement, la belle formule ne pourra pas s’appliquer cette année, en raison de la crise sanitaire. Mais l’association jeune de 4 ans prévoit de quoi nous faire patienter jusqu’à l’année prochaine.

Reconvertir un Château-Monastère du XIIe siècle en village alternatif déconnecté

Après avoir investi le Moulin de Gambais en périphérie de Paris, un Manoir en Picardie, puis l’Abbaye de la Clarté-Dieu, le festival nomade a choisi d’élir domicile dans le Val de Loire. Plus précisément, c’est le Château-Monastère de la Corroirie – monument historique et ancienne demeure d’Henri II, roi d’Angleterre – que le jeune collectif veut changer en « maison de (dé)connexion électronique ». Depuis quelques années, son principal propriétaire, Geoffroy “Jeff” de Mareuil – qui a notamment travaillé aux côtés de Laurent Garnier au sein du label F Communications – œuvre pour redonner vie à ce monument chargé d’histoire en y organisant expositions, concerts et festivals.

À partir de cette année, l’équipe de Sarcus entend métamorphoser ce site bucolique et patrimonial en destination pour les urbains en mal de nature et en soif de déconnection. Toujours dans cet esprit familial et participatif cher à l’organisation, le château-monastère ouvrira ses portes à une cinquantaine de visiteurs sur plusieurs week-ends dans l’année pour des micro événements déconnectés en petit comité. Celles et ceux qui le souhaitent pourront prolonger l’expérience en profitant d’un séjour woofing proposant d’être nourri et logé en échange d’une participation à la rénovation du lieu. « C’est notre réponse à la crise sanitaire. Les gens ont besoin de ce retour à la terre après avoir été en surconnexion pendant le confinement », explique Noé Thoraval.

Ces séjours communautaires offriront la possibilité aux festivalier·ères de contribuer à l’évolution du festival tout en participant à la rénovation d’un site classé. Parmi les nouvelles infrastructures, une scène couverte et végétalisée, un labyrinthe végétal dans le parc du château et un deuxième potager en permaculture. Également proposé aux invités, un large panel d’activités allant de l’artisanat au paysagisme en passant par des ateliers artistiques. Les journées seront notamment partagées entre chantier de rénovation, cours de yoga, dégustations de vins et produits locaux, visites du château et bien sûr, DJ sets. Aussi en projet, l’installation d’un studio pour des ateliers d’initiation à la production musicale, pour passer les froides journées d’hiver bien au chaud et en musique. Tout un programme.


Vous pouvez soutenir le projet en contribuant à leur cagnotte.

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