Un décès, trois saisies : week-end noir pour les free parties

Écrit par Trax Magazine
Le 28.04.2015, à 10h05
04 MIN LI-
RE
Écrit par Trax Magazine
0 Partage
En temps normal, nous préfèrons faire des reports des grosses teufs qui nous sont passées dessus le week-end. Mais en ce lundi, la gueule de bois est plutôt une gueule d’hématome : trois raves dans trois lieux différents en France se sont mal terminées, dont l’une qui s’est soldée d’un décès.

Évacuation violente d’une free-party dans le Gard

Dans un premier temps, les échanges musclés qui ont eu lieu samedi soir lors de la free-party organisée par Da Tekno Sombrero et réunissant les Sound System Revolt99, KO37 et Tourista Debandade. 2000 à 3000 teufeurs étaient attendus durant le week-end dans une ancienne usine d’aciérie d’ArcelorMittal à Laudun-L’Ardoise dans le Gard lorsque le samedi, un escadron de gendarmes est arrivé sur le lieu.

Gard

Autorisée par le préfet du Gard, l’intervention a été justifiée par la dangerosité du site. D’après Libération, le colonel Pierre Poty du groupement de gendarmerie du Gard précise : « Des galeries souterraines parcourent toute une partie du site, peu profondes et recouvertes par des plaques de béton anciennes qui peuvent s’effondrer sous le poids d’un véhicule. »

Une raison amplement suffisante pour intervenir, d’autant plus que cet évènement était illégal : les gendarmes avaient donc reçu l’ordre de saisir le matériel sono, de couper le groupe électrogène et d’évacuer le public. Cependant la mise en action et l’issue de cette intervention laissent sans voix. D’après un gendarme qui raconte à l’AFP : « Tout a été démonté et chargé vers 21h-21h30. C’est quand on a décroché qu’il y a eu un déchaînement de violences » incluant des jets de cailloux et de bouteilles.

De l’autre côté, le public raconte que les gendarmes ont fermé les sorties du hangar avant de déployer du gaz lacrymogène. Si la faute du premier coup joue au ping-pong entre les deux parties, l’intervention s’est soldée par des échanges tendus et violents, comme l’atteste cette vidéo filmée du côté du public.

Réfugiés dans leurs camions stationnant autour de l’usine, les teufeurs ont été forcés de quitter les lieux durant la journée. Mais d’après ce post de Bass Expression, après le passage de la police, l’humeur était toujours à la fête.

Le bilan officiel compte 18 gendarmes blessés, et 3000 teufeurs en colère face à une répression inadaptée. Samuel Raymond, chargé de mission de Freeform s’exprimait récemment : « Il y a une disproportion entre la méthode utilisée et les troubles largement mineurs à l’ordre public. » 
Les organisateurs doivent être entendus devant le parquet de Nîmes. Enfin, s’il fallait une goutte pour vraiment mettre la population contre les teufeurs, dans la journée de lundi, Midi Libre rapporte que trois brebis ont été retrouvées égorgées au couteau sur le site. Pour leur berger, pas de doute, ce sont les raveurs : « Ils étaient défoncés les types, appuyés contre le mur ils se pissaient dessus. On le voyait bien, ils avaient des yeux… ». Mais comme dans toute manifestation, il y a les manifestants et les casseurs. Il s’agirait maintenant de ne pas tout confondre et de ne pas tirer des conclusions trop hâtives.

Un décès lors de la free-party Breizh Attack

Après ces violences, le nord-ouest de la France doit faire face à un bilan plus grave : un homme est décédé lors d’une free-party à Berrien, en Bretagne, dans les Monts-d’Arrée. D’après France 3 : « Un homme de 27 ans, originaire de Morlaix, a été retrouvé mort, dimanche matin, dans une camionnette. Malgré les efforts des pompiers, appelés ce dimanche matin sur les lieux du rassemblement, l’homme n’a pu être réanimé. » 
La gendarmerie de la communauté de Carhaix-Huelgoat a ouvert une enquête et une autopsie est en cours pour déterminer la cause du décès. Suite à cette triste nouvelle, les organisateurs de Breizh Attack appellent son public à plus de responsabilité tout en se déresponsabilisant.

Saisie de matériel en Vendée et à la frontière Suisse

Puis ce sont les collectifs Pixel/Neophites/BordigalBass qui ont subi les répressions des forces de l’ordre. Comme l’explique Produc’Sounds, après avoir du déplacer la soirée en Vendée, l’ensemble du matériel de Pixel et une partie de Néophyte et BordigalBass ont été saisis. Cela alors que moins de 500 personnes participaient à l’évènement et malgré l’intervention du collectif Freeform pour leur rappeler que cette saisie est illégale.

Comme on vous le relayait récemment, la nouvelle circulaire du Ministère de l’Intérieur précisait : « Il résulte de l’ensemble des textes applicables que si le nombre prévisible de personnes présentes sur les lieux ne dépasse pas 500, aucune disposition ne prévoit la saisie du matériel. Nous vous demandons de veiller, sur l’ensemble du territoire, à un strict respect de ces dispositions et à un égal traitement des pratiques musicales amateurs. » Une circulaire que les forces de l’ordre auraient donc choisi d’ignorer. Enfin, on nous rapporte que l’événement du sound system D6mator & Les Arsouilles près de la frontière Suisse, a été stoppé et le matériel saisi avant même son installation.

Un week-end qui se termine sous un lourd bilan de trois saisies, une personne décédée, de nombreux blessés et surtout beaucoup de déçus. À quelques jours du lancement du grand Teknival du 1er mai, imposé de force par les pouvoirs publics à Cambrai-Épinoy, les espoirs d’entente entre free-party et État n’en finissent pas de s’éloigner…  

Update du 28/04

Suite aux nombreux articles et différentes versions, le collectif Da Tekno Sombrero a publié un communiqué de presse reprenant leur version des faits et apportant des précisions quant aux égorgements des brebis. Alors qu’on vous appelait à prendre les faits avec des pincettes, Da Tekno Sombrero eux les épinglent au mur. À lire pour mieux comprendre.

CP

0 Partage

Newsletter

Les actus à ne pas manquer toutes les semaines dans votre boîte mail

article suivant