Tricky : “Il y a quelques mecs à qui je mettrais bien une balle”

Écrit par Smaël Bouaici
Le 02.08.2016, à 15h54
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Écrit par Smaël Bouaici
Dans la dernière page du magazine Trax (mais si, la version papier, qu’on achète dans un “kiosque”, vous voyez ?), on s’est lancés depuis quelques mois dans une interview intitulée “Dernière fois”. Et ça donne des résultats assez cool. Surtout quand l’inénarrable Tricky démarre la série… 

Trax : Ta dernière gueule de bois ?

Tricky : En Belgique, il y a un mois. Je faisais un show radio. Je ne bois pas souvent et là, j’ai bu de la bière belge, wahhh. On devait faire un live. Cette bière belge est putain de forte. Je n’ai bu que quatre bières, mais le lendemain, j’avais la gueule de bois dans l’avion.

Ta dernière baston ? C’était à Los Angeles avec mon pote César, dans une boîte de nuit. C’était un fight de mecs bourrés. On était éclatés, on rentre dans le club, je parle à une fille, il y avait son mec, et c’est parti. Ca s’est passé très vite, quelques coups et les videurs nous ont sortis.

Ton dernier vote ?

Je n’ai jamais voté de ma vie, je ne crois pas aux politiciens. C’est un syndicat du crime qui travaille pour l’élite. Ils ne sont pas là pour changer les choses mais pour que les choses restent pareilles. Pour moi, ce sont tous des gangsters.

La dernière fois que tu as pris de la drogue ?

De l’ecstasy, lors du Jour de l’an 2014. J’étais à Londres, et je ne célèbre jamais le Nouvel An, je n’aime pas ces trucs. Mon pote allait à une soirée, il est passé chez moi, m’a donné deux taz. Je ne voulais pas y aller, j’ai pris les deux et j’ai passé le réveillon seul dans un bar à boire de la bière, avec deux taz dans la tête. C’était super. Il n’y avait pas grand monde. Tu sais, le 31 souvent, tu pourchasses les soirées, tu vas là puis là. Dans le bar, je n’avais pas à bouger, c’était à quelques minutes de marche de chez moi, donc j’y suis resté, c’était vraiment cool.

Ta dernière histoire d’amour ?

Waw, ça fait des années. C’est dur pour moi d’avoir une relation, parce que je suis souvent en tournée ou dans le studio. Je ne veux pas aller au resto avec une fille et si tu es dans une relation, tu dois faire ces choses-là. Des choses ensemble. Si je ne dois pas bouger pour le boulot, je reste chez moi. Une fille ne va pas s’amuser avec moi. A moins que je rencontre une fille qui se fout de sortir. On pourrait mater un documentaire ensemble, sans parler… Je ne peux pas avoir de copine franchement. Ma love story, c’est la musique.

Tes dernières vacances ?

Je n’en prends pas. Et prendre des vacances après une tournée, c’est horrible. Tu es là : “Merde, qu’est-ce que je vais faire ?” En tournée, on t’emmène dans les meilleurs restos, dans les meilleurs bars. Tu es gâté. Quand tu es en vacances, il faut que tu fasses les trucs de touristes tout seul. Putain, je ne sais jamais où aller. Donc je ne pars pas en vacances.

Le dernier film qui t’a marqué ?

Tu sais quoi ? J’étais choqué. Tu connais le rappeur Common ? Je savais qu’il était acteur, mais je ne l’avais jamais pris au sérieux. Par hasard, j’ai vu le film LUV il y a quelques semaines. Et c’est vraiment génial, ça m’a fait pleurer. C’est un truc un peu underground, c’est un des meilleurs films que j’aie vus depuis des années.

Tricky

Le dernier disque tu as acheté ?

J’ai acheté le disque des Specials en vinyle il y a deux mois. Je l’avais quand j’étais gamin mais je l’ai perdu. Je suis passé devant un magasin, il était dans la vitrine, je l’ai acheté, même si je n’ai pas de platines vinyle, ça me rappelle des souvenirs.

Le dernier livre que tu as lu ?

Gotti’s Rules, l’histoire de Johnny Alite, un mafieux de New York très spécial. C’est un gangster, un assassin. Il a envoyé Gotti, un parrain de la mafia, en prison mais a refusé le programme de protection des témoins. 

La dernière fois que tu t’es senti utile ?

Oh God. Je ne sais pas si c’est déjà arrivé, à part avec ma musique pour être honnête.

Tricky

Ta dernière décision pour prendre soin de toi ?

Ça va et ça vient. Pour mes tournées, il faut que je fasse du sport par exemple. Mais j’ai grandi avec ça. Quand j’avais 15 ans, ma tante m’a poussé à aller à la salle de boxe. Je ne comprenais pas au début, mais elle m’a poussé à sortir du ghetto dans lequel j’ai grandi. Je détestais la boxe mais ça m’a aidé à aimer le sport. Un corps sain dans un esprit sain, ça, j’y crois. Donc je m’entraîne, je ne mange pas certains aliments, je bois et je fume de temps en temps. L’idée, ce n’est pas tant de vivre longtemps, mais de me sentir bien. La vie est déjà dure, et elle l’est encore plus avec un cerveau en mauvais état.

Ton dernier rêve ?

Je ne rêve pas beaucoup, à cause de toute la weed que je fume. Je ne fume plus autant qu’avant, mais je ne garde toujours pas de souvenir de mes rêves. Quand je rêve, ce sont des cauchemars.

Ton dernier mensonge ?

Je suis un peu comme Scarface, même quand je mens, je dis la vérité. Si je mens, c’est pour une bonne raison, pas pour des trucs tortueux.

Ta dernière grosse frayeur ?

Une fois, je suis tombé dans un braquage à New York et le mec m’a mis le flingue sur la tempe. Tout le monde flippait mais moi j’étais calme. Ils nous ont dit de nous allonger, mais je ne voulais pas bouger. Le mec était violent avec tout le monde, il jetait des verres, mais il était doux avec moi. Il ne voulait pas me shooter. Il m’a fait m’asseoir doucement. Mais mon dernier gros flip, c’était en moto, du Bronx à Manhattan sous la pluie. Le mec qui conduisait était fou, j’ai réalisé qu’il n’avait aucun respect pour sa propre vie. J’ai eu tellement peur que mon corps s’est fermé.

Tricky

La dernière proposition artistique bizarre qu’on t’a faite ?

Quand Beyonce m’a proposé de partager la scène avec elle à Glastonbury. C’était bizarre qu’elle me demande. On est à l’opposé, et je ne pensais même pas qu’elle me connaissait. On a fait la chanson. Quand mon manager m’a demandé, je n’y croyais pas. Même sur scène, j’avais du mal à y croire. C’est l’artiste la plus connue du monde. C’était surréaliste. Ma famille et mes amis se foutent de qui je suis. Quand ils viennent aux concerts en Angleterre, ils se foutent du show, ils viennent juste me voir moi. C’est pour ça que je ne comprends pas pour Beyonce.

Ton dernier repas avant de mourir ?

Probablement chinois, mais je sais pas si je me préoccuperais de manger si je devais mourir.

Ta dernière volonté avant de mourir ?

Si je pouvais, je torturerais quelques gars comme Donald Rumsfeld et George Bush (les deux). Les voir souffrir comme ils ont fait souffrir les gens, ça me plairait bien. Il y a aussi quelques mecs à qui je mettrais bien une balle. Plus que manger, j’aimerais bien en faire souffrir quelques-uns avant de mourir.

Ta dernière idole ?

La personne que je respecte le plus, mais pas pour sa musique ironiquement, c’est Bob Marley. Je n’ai jamais trop aimé sa musique, même si c’était un génie, ce n’était pas mon truc, mais Bob Marley était un vrai rebelle, un vrai révolutionnaire. Il y a aussi Robert Kennedy, Malcom X, Arthur C Clarke. Mes idoles sont des révolutionnaires, pas des musiciens.

La dernière fois que tu as connecté avec un artiste ?

Avec un rappeur anglais qui s’appelle Kass. Pas musicalement mais c’est presque devenu un ami. Je n’ai pas beaucoup d’amis dans la musique. Il m’a tweeté un truc une fois et depuis, on s’envoie des textos tous les jours, on va bosser ensemble l’année prochaine.

Ton dernier coup de gueule ?

Chaque fois que je fais un album. Je me bats contre quelque chose. La culture de la célébrité, les politiciens. L’art doit servir à changer les choses. Sinon, ça ne sert à rien.

La dernière fois que tu t’es lâché sur le dancefloor ?

Il y a deux ans, en Russie à Saint-Petersbourg, dans un bar où ils jouaient du pur hip-hop, mais pas les gros tubes, et des trucs de house cool aussi. C’était super.

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