Tribune : « Il faut créer des zones d’urgence temporaire de la fête »

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Aranxa Esteve
Le 09.07.2020, à 14h42
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©Aranxa Esteve
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Alors que le Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran vient d’annoncer que les clubs ne rouvriront pas le 10 juillet en France, il est urgent de penser dès maintenant une rentrée festive en France via des initiatives comme la création d’une zone d’accueil d’urgence temporaire de la fête.

Tribune signée par Kevin Ringeval, producteur des nuits 3672*, ex-directeur et fondateur de l’Aérosol, et membre du conseil d’administration de Technopol

Le rôle des professionnels de la fête est de prévenir, de responsabiliser les publics et d’imaginer des dispositifs de bon sens en fonction des typologies propres à chacune des organisations. À l’instar des autres secteurs économiques, nous devons nous adapter avec intelligence et responsabilité et trouver des solutions innovantes. En septembre, demain, au retour du mauvais temps, nombre de nos lieux ne seront toujours pas en mesure d’accueillir du public mettant en péril leur avenir. Il est urgent de trouver une alternative !

Je propose d’implanter une zone sous plusieurs chapiteaux qui accueillerait durant plusieurs mois les programmations HORS LES MURS des clubs et producteurs locaux à même de faire travailler en circuit court les artistes et techniciens sur leurs territoires. Un moyen de maintenir une activité profitable à l’ensemble du secteur en pleine tourmente. Cette proposition vient compléter les pistes de réflexions de Christophe Vix Gras et David Asco lors de leur pétition récente, pour des lieux ouverts à l’échelle de l’été : sauvons la fête.

Pour reprendre un article paru le 6 juillet dans le Parisien, selon ces 239 chercheurs et experts, qui se basent sur des expériences menées dans 32 pays, le coronavirus se transmettrait aussi « par des gouttelettes expirées beaucoup plus petites » et cet air « peut infecter les personnes lorsqu’il est inhalé ». Cela pourrait se produire simplement en parlant ou en expirant de l’air, surtout si les gens ne sont pas protégés par un masque, et pas seulement en toussant ou en crachant. « Il n’y a pas encore de preuve définitive, mais je pense que c’est même le principal mode de transmission du virus », juge de son côté Yves Gaudin. D’après le virologue, dans les clusters qui sont recensés dans des lieux clos et mal ventilés, comme les abattoirs ou les clubs, « les contaminations ne s’effectuent pas seulement par grosses gouttelettes et par les surfaces, surtout lorsque les gens respirent assez fort en raison du travail physique qu’ils effectuent ».

Plusieurs choses :

Comme le virus se transmettrait donc aussi par voie aéroportée, « il faut beaucoup ventiler les pièces, même s’il fait un peu moins beau à l’extérieur, et faire attention à la climatisation et à tout ce qui brasse de l’air en circuit fermé », pointe Yves Gaudin. « Les pièces ventilées mais mal aérées sont des endroits où on peut plus facilement se contaminer », estimait aussi le virologue Jean-Claude Manuguerra, directeur de la Cellule d’intervention biologique d’urgence de l’Institut Pasteur, le 6 mai dernier sur France Inter.

En milieu professionnel, le syndicat Uniclima (le syndicat des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques) a émis des recommandations. Le fonctionnement en tout air neuf ne pose pas problème. En revanche, les unités intérieures de climatisation qui brassent de l’air en circuit fermé, comme souvent dans les clubs, ne permettent pas de protéger le public.

Concernant les chapiteaux, des dispositifs qui renouvellent de l’air neuf en circuit ouvert pour assainissement existent, ce sont des outils de ventilation, de rafraîchissement de l’air et de climatisation permettant de minimiser les risques de transmission du Covid-19. Cela consiste à renouveler de l’air du chapiteau plusieurs fois par heure. L’idée est d’assurer, quel que soit le contexte, un renouvellement régulier de l’air dans tous les espaces clos au moyen d’une aération, donc d’une ventilation naturelle et mécanique, afin d’apporter de l’air “neuf” venant de l’extérieur, d’évacuer vers l’extérieur l’air ayant séjourné à l’intérieur, d’éviter le recyclage ou la recirculation de l’air dans des lieux fermés.

En complémentarité des masques, avec l’apport de gel, de la formation des personnels de sécurité, de sas de désinfection avec brumisateur de produits désinfectants, et par le biais de la traçabilité des publics via les billetteries dématérialisées afin de prévenir les publics en cas d’apparitions de cas, nous pourrions donc imaginer des zones sur chaque territoire, des lieux uniques et sécurisants. Il existe de très grands formats de chapiteaux à même de pouvoir accueillir les jauges habituelles des clubs dans des espaces trois ou quatre fois plus grands, qui offrent aux danseurs suffisamment d’espace pour une distanciation naturel.

Concrètement, par exemple sur Paris, en réflexion avec les services de l’Etat concernés, nous pourrions imaginer un tel dispositif sur un terrain tel que les pelouses de Reuilly, pour accompagner efficacement le secteur à sa reprise économique. 

L’idée est d’offrir des possibilités de travail pour la rentrée de septembre pour l’ensemble des professionnels et au service du public sur les territoires. Si une nouvelle aide économique concrète pour notre secteur doit être réfléchie, nous pourrions imaginer que celle- ci soit envisagée pour la mise en place de ces ZONES D’URGENCE TEMPORAIRE DE LA FÊTE.

 ENSEMBLE, notre secteur est capables d’intelligence, de volonté et de réflexion au service de la fête POUR TOUS considérant que celle-ci est vitale !

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