TRAX.119 EOMAC

Écrit par Sophia Salhi
Le 10.10.2014, à 14h43
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Écrit par Sophia Salhi
L’excellent Eomac nous offre un podcast d’une heure, ainsi qu’une interview où l’irlandais revient sur son parcours et son duo Lakker. Décidément, on l’aime bien ce garçon.

À trois jours de la sortie du nouvel EP de Lakker sur R&S Records, le dublinois Eomac nous a concocté le podcast du vendredi. Au menu, techno industrielle, beats déconstruits, samples house, remontées acides de TB 303 et beats énervés. L’atmosphère est globalement sombre mais dansante, étrange et inquiétante, portée par le sens aigu du beat selon Eomac, qui n’hésite jamais à piocher le meilleur de chaque genre avant d’y apposer sa noble signature. Pouces en l’air.

RENCONTRE AVEC EOMAC

Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, peux-tu nous dire qui tu es et quelle musique tu produis ?

Je viens d’Irlande, de Dublin précisément. J’ai commencé à faire de la musique autour des années 2000. J’ai commencé en tant que DJ, j’enregistrais des sons par ci par là. J’étais dans un groupe avec des amis d’enfance, on faisait de la musique électronique expérimentale, ça c’était les débuts de Lakker. Puis c’est en 2007-2008 qu’Eomac est apparu. J’ai commencé à voyager dans le monde entier. Eomac, c’était pour prendre de la distance avec mon duo Lakker. D’ailleurs je n’ai pas pu poursuivre le projet Lakker après avoir lancé Eomac. Il fallait que je fasse une pause, je ne pouvais pas jongler entre tous ces projets. Mais là c’est reparti !

Eomac, c’était pour prendre de la distance avec mon duo Lakker.

Ton premier LP Spectre est sorti en mai dernier sur Killekill Records. Pourquoi avoir mis autant de temps avant de sortir ton premier album ?

J’ai fait trois EPs avant quand même ! Un album, c’est une chose importante, surtout le premier, c’est un peu comme une déclaration. J’ai eu un peu de mal au début, je me demandais si j’en étais bien capable, et puis je me suis lancé. Et voilà ! Mais pour cet LP j’ai aussi ressorti des tracks qui traînaient dans les tiroirs depuis à peu près trois ans. C’était agréable de mélanger des morceaux que j’avais composé il y a un moment avec d’autres bien plus récents.

Eomac Boiler Room Berlin Live Set par brtvofficial

En tous cas, anciennes ou nouvelles, tous les tracks dégagent une atmosphère générale très particulière. C’est fait exprès ?

Oui, même s’ils n’ont pas été créés en même temps, tous les tracks de l’album font sens ensemble, il y a une cohérence, une atmosphère comme tu dis. En plus cet album peut autant s’écouter en club que chez soi, c’est une atmosphère qui s’adapte à toutes les écoutes. C’est intense, quel que soit le contexte.

L’atmosphère est industrielle, très sombre. Tu es d’accord avec ce jugement ?

Oui, totalement. J’ai essayé de créer une atmosphère un peu hybride, en mélangeant cet aspect industriel avec des sonorités issues de la nature. C’est d’un coté très sombre et lourd, et d’un autre très léger et joyeux. En tous cas c’est comme ça que je le vois !

As-tu déjà travaillé en usine dans ta vie ? 

(Rires) Non, jamais !

Spectre LP peut autant s’écouter en club que chez soi.

J’ai l’impression que tu aimes mélanger plusieurs styles de musique, de la house, du breakbeat, et même de la drum & bass, des sons très durs le plus souvent. 

C’est vrai, j’aime bien les sons durs. Quand on produit de la musique électronique, on se doit d’écouter tous les styles et de s’en imprégner, chacun à sa façon. Pour ma part, j’aime les sons un peu sales, durs, industriels justement. Mais je n’aime pas que ça non plus !

J’ai vu sur ton site que tu cites souvent Aphex Twin, Kromprex (du speedcore, ndlr), et pas mal bien d’autres trucs assez vénères dans tes influences. Tu assumes toujours ces choix ?

Oui, j’écoute plein de styles différents : d’Aphex Twin au speedcore, tant que c’est intéressant, je prends. Et je m’en inspire aussi beaucoup, ce qui peut devenir intéressant pour les gens qui écoutent ma musique. Ils peuvent retrouver des influences qu’ils connaissaient déjà, mais arrangées à ma sauce.

Ça t’arrive de jouer en free party ? 

Ça m’est arrivé oui, mais c’était il y a un moment quand même ! Ce n’était pas récurrent non plus, mais j’ai en fait quelques-unes. Il y a encore quelques années, il y avait pas mal de raves, mais c’est de plus en plus rare. L’époque était vraiment cool. D’ailleurs j’y jouais du breakcore, et pas mal de musique hardcore en général, c’était au tout début des années 2000. Je m’y suis bien éclaté !

C’est une belle époque pour la musique électronique

Et aujourd’hui, comment se porte la scène electro à Dublin ?

Elle va bien ! Il y a de plus en plus de promoteurs, de DJs et de producteurs. Il n’y en a jamais eu autant ! Les jeunes sont particulièrement impliqués sur cette scène, et ils produisent une musique vraiment intéressante. C’est une belle époque pour la musique électronique, tout ça est très encourageant.

Sinon Aphex Twin a soutenu ton album quand même, qu’est-ce que ça fait d’être soutenu par Aphex ?

En fait il m’a surtout soutenu avec Lakker. Il nous a même rejoint lors d’un set, et il a joué du speedcore. On ne s’attendait vraiment pas à avoir un soutien aussi prestigieux.

Thom Yorke aussi te soutient. Tu te sens plus proche d’Aphex ou de Thom musicalement ?

Je ne sais pas, ni de l’un ni de l’autre. Les deux font de la bonne musique en tous cas.

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eomac

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