Tidal, la plateforme de streaming de Jay-Z, est suspectée de fraude à l’audience

Écrit par Emma Buoncristiani
Photo de couverture : ©D.R.
Le 11.06.2020, à 17h30
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Écrit par Emma Buoncristiani
Photo de couverture : ©D.R.
Après avoir été rachetée en 2015 par le rappeur Jay-Z, la plateforme se trouve actuellement suspectée de fraude sur les données de streaming. Une enquête a été lancée pour tenter d’établir les faits, alors que l’entreprise nie toute responsabilité.

Ce mardi 9 juin, le journal norvégien Dagens Næringsliva a rapporté que la plateforme de streaming Tidal était officiellement suspectée dans une enquête de fraude sur les données de streaming depuis le 21 juin 2019. Lancée en 2014 par la société suédoise Aspiro, Tidal a été rachetée l’année suivante par le rappeur américain Jay-Z.

L’affaire remonte à 2018, lorsqu’un enquêteur du journal norvégien Dagens Næringsliva découvre des manipulations de streaming sur deux albums hébergés sur Tidal, et pas des moindres : Life of Pablo de Kanye West et Lemonade de Beyoncé, épouse de Jay-Z, lui-même proche de Kanye West. Le journal rapportait alors avoir obtenu un disque dur de la société de streaming contenant des milliards de données Internet, ayant servi à grossir les flux de streaming des albums mentionnés précédemment. Au total, plus de 320 millions de faux flux auraient été ajoutés, représentant la création de 1,3 millions de comptes permettant d’augmenter artificiellement les redevances. Un chiffre considérable. Pour l’album de Kanye West The Life of Pablo – sorti en 2016 sur Tidal –, la plateforme revendiquait d’ailleurs 250 millions d’écoutes en l’espace de seulement 10 jours.

L’affaire est passée entre les mains de l’Økokrim (Authority for Investigation of Economic and Environmental Crime) – une unité spéciale de la policenationale en Norvège – qui a ouvert une enquête pour déterminer l’existence d’une fraude à l’audience. S’en sont suivis des échanges entre l’entreprise et l’Økokrim, qui a notamment demandé aux tribunaux de l’autoriser à saisir les documents. Une requête acceptée le 18 mars dernier.

Pour le moment, Tidal refuse de reconnaitre l’authenticité des données du disque dur et, d’après Dagens Næringsliva, l’avocat de l’entreprise refuse de commenter l’affaire. Affaire à suivre, donc.

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