The Micronauts : “Je pense qu’il ne faut pas avoir d’idole, c’est une position politique”

Écrit par Jean Paul Deniaud
Le 24.09.2019, à 12h12
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©Elsa Milovanovic
Écrit par Jean Paul Deniaud
Dernières questions, à un artiste de premier plan. Avec The Micronauts.

Cet article a été initialement publié dans Trax n°217, disponible sur le store en ligne.

Le dernier coup de gueule ?

Je n’ai pas de coup de gueule particulier mais je suis hyper inquiet de l’état de la planète et du monde. La question écologique est devenue centrale pour nous tous. Je suis aussi hyper inquiet de la montée de l’extrême droite violente à laquelle on assiste un peu partout. Et la sphère médiatique n’aide en rien en invitant des gens manifestement fous. Je pense à un Eric Zemmour, ce gars est manifestement rempli de haine, de la haine contre lui-même. C’est un fou, et on écoute des gens comme ça à longueur de journée, c’est effrayant.

Tes dernières idoles ?

Je pense qu’il ne faut pas avoir d’idole, c’est une position politique. Mais il y a des artistes que je suis plus particulièrement, qui sortent des trucs dingues comme Ivy LabKiNKMaceo Plex. Mon morceau préféré de 2017, c’est un morceau de Minor Science, « Volumes », sorti sur Whities. Ce label est incroyable et sort vraiment des morceaux originaux. Je suis aussi tombé sur « Garys » un morceau de Ploy sorti sur Hemlock, et un vocaliste de tradition jamaïcaine, Magugu. Je vais plutôt acheter des titres que des formats longs, il n’y a pas beaucoup d’albums intéressants.

Ton dernier dancefloor ?

J’ai deux enfants, ça complique les choses. Mais je sors pas mal. Au Badaboum pour les Cheers de Sven Love, et souvent à la Station. C’est un endroit où il se passe des choses, j’y retrouve un peu l’esprit rave, une espèce de liberté… La réalisatrice du clip de mon single Acid Party fait partie du collectif Les Éveillés, alors je vais régulièrement à leurs soirées. J’aime bien sortir, donc il faut aller où c’est existant.

Ta dernière défonce ?

Je n’en prends plus, j’ai trop de boulot, j’ai besoin d’être opérationnel. Mais ça m’arrive encore, une fois par an. La dernière, c’était une soirée organisée par un ami, un vieux de la vieille, qui essaie de recréer chez lui l’ambiance des soirées Loft de David Mancuso avec du matériel hi-fi haut de gamme. Il n’invite que des gens qu’il connaît ou des amis d’amis qui aiment la musique.

Ta dernière collaboration ?

C’était pour cet album, sur le titre « Dirt » avec Mohini Geisweiller et Mike Theis. Mohini est l’ancienne chanteuse de Sex In Dallas, ce groupe d’electro du début 2000. Et Mike, c’est le gars qui est derrière le label électronique aux inspirations rock Yuk-Fü Records. Il est signé sur le label de Molécule, et a ce projet avec Nicolas Ker : Paris. Et bien sûr Dew Town Mayor, alias Thomas Regnault, artiste multimédia signé sur mon label Micronautics. C’est bête mais quand tu es enfermé tout seul dans ton studio pendant longtemps, c’est agréable de faire de la musique avec d’autres. C’est marrant, ça te change les idées, c’est un souci d’équilibre mental.

Ton dernier album ?

J’en suis vraiment content, et fier. J’ai retiré le gras, il reste l’essentiel, et j’ai plaisir à l’écouter, ce qui était important pour moi. Je sais que dans quelques années, je me dirais : « c’est comme ça qu’il devait être ».

Le pionnier Christophe Monier, qui sortait son premier EP de techno française en 1990 aux côtés de Patrick Vidal, a sorti sous alias The Micronauts l’album Head Control Body Control en 2018. 

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