Terence Fixmer : “Presque personne ne savait que j’étais un artiste français !”

Écrit par Martin Pinguet
Photo de couverture : ©Sven Marquardt
Le 28.06.2017, à 17h20
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©Sven Marquardt
Écrit par Martin Pinguet
Photo de couverture : ©Sven Marquardt
Le Français originaire de la métropole lilloise fut le premier à marier EBM et Techno avec son album Muscle Machine. Après vingt ans de carrière, de nombreux remix de Sven Väth, DJ Hell et Depeche Mode, il est en 2016 le premier Français à signer un EP sur Ostgut Ton. À l’occasion de la sortie imminente de son deuxième EP sur le prestigieux label du Berghain, il a répondu à quelques questions.

Depuis combien de temps es-tu dans le milieu de la techno ?

La techno est arrivée quand j’avais 15 ans, vers 1989. A l’époque, c’était un genre très confidentiel. On était un peu comme une grande famille, rassemblée autour de cette musique et de la lutte pour la faire reconnaître et évoluer. Il y avait des gens qui jouaient de la house et de la techno et on s’en foutait : ça faisait partie de « l’univers techno ».

Comment analyses-tu l’évolution de la techno depuis vingt ans ?

Elle a beaucoup changé. Elle a gardé le côté musical avec des gens passionnés et investis mais s’est ajouté le côté business qui, parfois, me fatigue. À l’époque on communiquait juste avec notre musique, maintenant, on va connaître des artistes plus par leurs visuels que par leur musique. Mais cette évolution a permis de toucher tout le monde et d’augmenter l’audience, ce qui est une bonne chose. On a pu découvrir de nouveaux talents grâce à Internet et même le gars dans son village paumé peut se faire un nom.

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C’est donc ton deuxième EP sur Ostgut Ton ?

Non en fait, c’est le troisième. Le premier est une réédition de Aktion Mekanik Theme sorti chez Music Man Records avec en plus des remix par Marcel Dettmann et Kobosil.

Tu es le premier et seul Français signé sur le label du Berghain, comment as-tu commencé à travailler avec eux ?

Mon titre “Aktion Mekanik Theme” justement, sorti en 2003 sur la compile Aktin Mekanik de Music Man, a été beaucoup joué par Kobosil et Dettmann. Puis, ils m’ont demandé s’ils pouvaient le remixer et ensuite, j’ai intégré l’agence de booking et ils m’ont demandé un maxi l’an passé : Beneath The Skin et désormais Force, qui va bientôt sortir.

Est-ce qu’il y a un remix de l’un de tes morceaux que tu apprécies particulièrement ?

Actuellement j’aime bien les remix ou l’on reconnait l’essence de l’original. J’ai beaucoup aimé celui de “Machine” par Speedy J pour Electric Deluxe. Et forcément ceux d’“Aktion Mekanik” par Kobosil et Dettmann.

Toi en revanche, tu as beaucoup remixé. Lequel est le plus important pour toi ?

Il y en a plusieurs. Tout d’abord le premier, que j’ai fait en 2000 pour Sven Väth. Pour un premier remix, alors que tu n’es pas connu, c’est quelque chose de se voir proposer un remix de Sven Väth. Le second, c’est celui de Nitzer Ebb, un groupe anglais d’EBM dont j’étais un très grand fan avant même l’arrivée de la techno. C’était une forme d’accomplissement pour moi. Et bien sûr mon remix de Depeche Mode en mars dernier. C’est un autre groupe dont je suis fan depuis mon adolescence et c’est celui dont je suis le plus fier en tant qu’artiste. Et c’était aussi un moyen de boucler la boucle puisque j’avais déjà remixé les membres du groupe pour leurs projets solos.

Et malgré tout ça, tu n’es pas très connu en France, comment tu l’expliques ?

C’est quelque chose qu’on me demande souvent. Ça doit être à cause de mon nom qui est mon véritable nom et qui ne sonne pas très français. En plus, j’ai habité Lille donc je sortais beaucoup en Belgique dans les années 90 et au début de la techno, on était un peu en avance sur ce qui se passait à Paris. Ensuite, j’ai déménagé à Berlin en 1998 et Anvers ensuite. J’ai signé la plupart de mes titres sur des labels étrangers. Presque personne ne savait que j’étais un artiste français ! Je n’étais pas à Paris, ce qui joue aussi pour la presse à l’époque.

Tu joues principalement en live. Que penses-tu de la multiplication des live techno ces derniers temps ?

Je fais rarement des DJ sets mais il faudrait que j’en fasse plus. J’aime beaucoup ça, je peux jouer autre chose que mes productions. Un DJ va surfer entres différents univers en jouant des compositions d’autres artistes mais les live sont différents. Le musicien joue ses propres compositions, le live parfois peut être une prison à un univers sonore car ca reste une expression très personnelle.

En avant-première, Trax vous propose l’écoute de “Force”, le nouveau track du prochain EP de Terence Fixmer :

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