Summer of italo-disco #7 : les grands oubliés de l’italo-disco

Écrit par Trax Magazine
Le 12.08.2016, à 10h39
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Écrit par Trax Magazine
Ils s’appellent Patrizia, Alessandro, S.C.O.R.T.A, Federica, Claudio… Ils ont souvent fait une chanson, obscure, oubliée de tous, qui parfois même n’a jamais été connue du grand public… Mais grâce au revival italo initié au début des années 2000 par I-F, ou aux gardiens du temple comme Fleming Dalum et Marcello Giordani, qui ont conservé les disques et la mémoire de cette période, certains sont revenus sur le devant de la scène. Quand ils le veulent bien…Par Benjamin König

« Je n’aimais pas ça. J’étais jeune et je ne me rendais pas compte. » Kiki Gaida n’a pas un bon souvenir de cette époque. Aujourd’hui, Federica – dont « Kiki » est un diminutif répandu – préfère de loin la nature et la simplicité. En 1987, Federica a pourtant sorti un tube qui a fait le tour de l’Europe : « Isole Vergini, ici chantée à la télé berlusconienne traduite en anglais par « Virginal Mystery ». Dans l’italo, Kiki est un cas à part : c’est elle qui a préféré se faire oublier.

Mais pour la plupart des autres, c’est loin d’être le cas. Alex Valentini, par exemple, a sorti un track resté fameux, et si lui a continué à jouer dans des soirées confidentielles en Italie, il a fallu attendre les années 2000 pour qu’on réentende parler de lui à l’étranger. En 2007, Flemming Dalum a remixé son morceau, « Beautiful Life » – dont la pochette est un chef-d’œuvre kitsch – , en faisant un véritable hymne.

« L’italo n’est pas seulement une façon de faire de la musique, mais un véritable style de vie. Trente ans après mon premier disque, je me suis retrouvé dans le cercle restreint des amoureux de ce genre, notamment quand j’ai décidé de fêter l’anniversaire de Beautiful Life avec un nouveau disque, intitulé It’s Time », témoigne Alex Valentini.

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Oublié pendant près de trente ans, le voilà qui est demandé pour jouer en Europe… D’autres n’ont pas eu sa chance, comme le groupe florentin San Giovanni Bassista (un pseudo génial, qu’on traduirait par « Saint-Jean Bassiste »), dont le leader et compositeur se nommait Claudio Bonaiuti. En 1985, ils sortent un EP intitulé Don’t Go, éponyme du titre phare), sur lequel intervint également le grand Alexander Robotnick.

Une release sortie sur le label Fuzz Dance. Hélas ! En 2003, au moment où les deux amis s’apprêtaient à remastériser les bandes, Claudio Bonaiuti passa l’arme à gauche… Le label néerlandais Bordello a Parigi le sortira peut-être de l’oubli : il vient de ressortir ce fameux disque.

Et puis il y a celles et ceux dont on ne sait même pas qui ils sont. Tombés dans les affres du temps, les oubliettes de la musique. Nul ne sait ce qu’elles ou ils sont devenus, même pas Discogs ou Google. Et Trax non plus. Mais leur track – la majeure partie de ces artistes n’en ont fait qu’un seul – est restée gravée et fait partie du gotha du style. Citons, pêle-mêle, le très électro-spatial, au curieux titre créole : « Ou Ka Vini Com Moin », de Govindo ou bien ce bon délire à l’italienne de 1984, « Pertini Dance », de S.C.O.R.T.A.

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Un titre dédié au président de la République italienne de l’époque, adoré par les Transalpins, Sandro Pertini. Hyper catchy, au refrain typique italo, ce track a été également sorti avec des paroles anglaises. Une belle cartouche écrite par un certain Fabio Gualandris, inconnu depuis au bataillon. Autre pépite : « Mind Games », d’un groupe nommé Jo-Jo, sorti en 1982 sur le label Il Discotto. C’est un classique underground de l’italo, récemment réédité, au son étrange et totalement à part, y compris dans le style.

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Enfin, dans ce paysage désertique, Hildegard ferait presque figure de grande star : elle a sorti un album, elle. C’était en 1984, sur le gros label Discomagic. Il s’appelle Alta Infidelita (haute infidélité), joue sur des sonorités assez sombres et une esthétique satanique. C’est d’ailleurs le dernier titre de cet album introuvable : « Satanicamente ». Un titre remixé par Flemming Dalum pour le label d’Hysteric, Mothball Records, quand celui-ci a ressorti ce track très demandé par les amateurs du genre. Hildegard, depuis, est revenue dans la petite communauté de l’italo… mais reste inconnue du public.

Hildegard

Cette petite anecdote trouvée sur Discogs, en dit long sur les oubliettes de l’italo. Sur la page de Notte/Città, un obscur 45 tours sorti par un certain Vittorio Acunzo, on lit un commentaire… de son propre fils, tout fier, qui ignorait que son paternel s’était jadis adonné à la musique ! Comme le résume Marcello Giordani, « Jusqu’au début des années 2000, tous les producteurs étaient oubliés, la musique italo est déjà obscure  par elle-même… ».

  Tous les épisodes de la série italo-disco :

Summer of italo-disco #1 : mais au fait, c’est quoi l’italo-disco ?

Summer of italo-disco #2 : Giorgio Moroder, la grande interview à l’italienne


Summer of italo-disco #3 : les plus grands labels de l’italo-disco


Summer of italo-disco #4 : les clips les plus kitsch et grandioses de l’italo


Summer of italo-disco #5 : les 15 plus grands producteurs de l’histoire


Summer of italo-disco #6 : Fleming Dalu, la saga du danois devenu roi de l’italo

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