Un collectif lance un sondage à destination des DJs et productrices femmes et non-binaires du monde entier

Écrit par Flora Santo
Photo de couverture : ©Auremlia Mazoyer
Le 25.11.2020, à 12h49
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©Auremlia Mazoyer
Écrit par Flora Santo
Photo de couverture : ©Auremlia Mazoyer
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Avec entre autres l’organisation d’évènements et la réalisation d’enquêtes, L’Appel du 8 Mars milite depuis 2017 pour la mise en avant des femmes dans la scène électronique. Aujourd’hui, le collectif souhaite établir une cartographie de la situation des femmes DJs et productrices, depuis le booking jusqu’à leur accès au matériel, en passant par la rémunération.

Tous les ans depuis 2017, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, Deborah et Lou, fondatrices, ainsi qu’Anaïs, toutes trois DJs du collectif français L’Appel du 8 Mars, organisent à Paris un évènement rassemblant débats et DJ sets dans le but de donner plus de visibilité aux femmes et aux minorités dans le milieu de la musique. L’année dernière, elles publiaient un rapport qui analysait l’évolution de la représentation des femmes dans la musique électronique, en se basant notamment sur les données de cinq clubs européens : Concrete, Djoon, Rex Club, Berghain et Fabric.

Comprendre le quotidien d’un.e DJ ou producteur.rice

Aujourd’hui, L’Appel du 8 Mars ouvre un sondage pour donner la paroles aux DJs et producteurs.rices femmes ou non-binaires du monde entier. Le but : comprendre leur situation, leur mode de fonctionnement et établir une cartographie. « Les questions qu’on s’est posées c’est : quel type de matériel utilise-ton aujourd’hui ? Rencontre-t’on des problèmes au niveau des bookings ou de la rémunération ? », explique le collectif à Trax. « À notre niveau, on se rend compte qu’en tant que femmes on a peut-être un accès plus difficile au matériel, à des dates, à des signatures sur des labels. On s’est rendu compte qu’on partageait ce souci. Là, l’idée est de comprendre si c’est aussi le cas des autres femmes. Mais on n’est pas sur une comparaison hommes femmes. »

Alors qu’en septembre dernier, la DJ anglaise Rebekah publiait une lettre ouverte accompagnée d’une pétition visant à dénoncer le harcèlement et les violences sexistes dans l’industrie de la musique, les fondatrices ont senti qu’il fallait mener à bien leur projet : « On avait déjà eu l’idée du sondage mais, après le mouvement lancé par Rebekah et les révélations concernant Erick Morillo, on a décidé de le lancer, on s’est dit que c’était le moment de donner la parole aux femmes », racontent-elles. « On s’est rendu compte que c’est aussi ça, le quotidien d’une femme DJ ou productrice, au-delà de la question du booking ou de l’équipement, c’est d’être confrontée, ou pas, à ce genre de situations. »

Un aperçu global

International, le sondage cherche à obtenir une photographie de la situation des femmes ou personnes non-binaires dans la musique électronique à travers le monde : « On a vécu à l’étranger et, par exemple, en Amérique Latine, les femmes sont beaucoup plus respectées. En Asie, on est moins critiquées mais on n’aura pas forcément accès aux mêmes chances. En Géorgie, à Tiblissi, il y a six clubs qui sont tenus par des femmes. Il y a une vraie sororité ». Le sondage de L’Appel du 8 Mars est donc l’occasion de donner la parole à des acteur.rice.s du monde de la musique électronique qui n’ont pas nécessairement de lieu ou de plateforme pour s’exprimer. Après l’analyse des résultats, l’initiative pourrait permettre de comprendre les ressentis et les tendances actuelles afin de mutualiser les connaissances entre DJs et productrices femmes ou non-binaires de différents pays et de profils variés.

Le sondage de L’Appel du 8 Mars comprend 30 questions, pour une durée d’environ 4 minutes et sera accessible jusqu’au 15 décembre. DJs à temps plein ou temps partiel sont les bienvenu.es. Si vous êtes concerné.e, vous pouvez le remplir à cette adresse.

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