TRAX 231  - décembre 2020

Tout va bien

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Tout va bien.

C’est ce qu’a essayé de se dire le monde de la nuit pendant des mois, persuadé que la pandémie allait finir par passer et que la fête pourrait reprendre son cours. Ces trois petits mots débordant d’optimisme sont aussi ceux que nous avions en tête cet été, à un moment où nous préférions voir le verre à moitié plein et profiter de ce temps suspendu pour nous questionner sur nos manières de vivre et notre vision de l’avenir.

Tout va bien,

C’est aussi ce que le gouvernement essaie de faire croire depuis des mois aux clubs, aux discothèques et aux artistes tout en fermant la porte à une reprise d’activité, même partielle. À la place, la classe politique préfère poser un regard souvent hautain sur ce qu’elle considère comme de la simple “bamboche “, à classer au rayon des “non essentiels”, pour reprendre le jargon de l’époque. Un mépris affiché pour le monde de la nuit – dont on sait l’importance fondamentale pour certaines communautés – qui renvoie presque trente ans en arrière et rappelle à quel point les stéréotypes peuvent avoir la peau dure en temps de crise. De quoi susciter des sentiments contraires, entre rage, incompréhension, besoin de se rassurer et envie de tout brûler.

Tout va bien,

C’est enfin un écho à l’un des films les plus emblématiques des années 90 : La Haine. Pour décrire les sentiments confus d’une jeunesse délaissée, le long métrage de Mathieu Kassovitz racontait en voix off une parabole qui semble toujours d’actualité : “C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de 50 étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer : “Jusqu’ici tout va bien… Jusqu’ici tout va bien… Jusqu’ici tout va bien.” Mais l’important, c’est pas la chute. C’est l’atterrissage.”

 

Voilà des mois et des mois que le secteur de la nuit se prépare à un atterrissage dans le monde d’après qui s’annonce mouvementé. Et nul doute que les artistes, les directeurs de clubs, les organisateurs de festivals, les programmateurs d’événements et les magazines comme Trax Magazine n’oublieront pas ceux qui, au plus fort de la crise, auront pris un malin plaisir à percer des trous dans les parachutes.

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