Rennes : plongée dans L’Espace, la boîte de nuit cosmique passée de l’avant-garde musicale aux soirées étudiantes

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Clément Loic / @low.c_photo_video
Le 03.01.2023, à 17h25
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Chez les plus jeunes générations rennaises, L’Espace est avant tout une boîte généraliste, blindée de soirées étudiantes et d’EDM sirupeux. Pourtant, à ses débuts, en 1980, elle fut un lieu d’avant-garde musicale, sophistiqué, une version bretonne du Palace parisien, vite prise d’assaut par la scène new wave locale si bouillonnante. Voici quarante ans d’histoires parfois insoupçonnées, quatre décennies de hauts et de bas où se croisent Serge Gainsbourg, Jeff Mills, Marquis de Sade, The Roots ou encore Massive Attack.

Par Brice Miclet

Jean-Pierre Ghez est prêt. Comme tous les autres membres du staff, il porte une sorte de blouse blanche presque futuriste, « un peu spatiale », que leur nouveau patron a choisi pour cette soirée d’ouverture. Il monte dans sa cabine avec vue imprenable sur la grande salle et jette un coup d’œil à la palanquée de vinyles qui lui tient compagnie. On y trouve ce qu’il appelle « la cavalerie » : Donna Summer, Patrick Hernandez, Stevie Wonder… Des incontournables qu’il se doit de passer pour réussir sa première en tant que DJ. Mais aussi d’autres plus avant-gardistes, plus rock, comme The Cure, Lene Lovich ou encore The Police. Nous sommes à la mi-mars 1980, et à Rennes, la new wave et ses dérivés sont en train de devenir une vraie religion. De son perchoir, Jean-Pierre aperçoit ses collègues en train d’installer une ultime structure métallique soutenant des spots. Une minute plus tard, les premiers convives débarquent dans la salle. C’était moins une, mais le timing est parfait.

Voilà donc les premiers instants de rugissement de L’Espace, situé au 45 boulevard de la Tour-d’Auvergne. Avant, il y avait là un cinéma, Le Bretagne. Et encore, avant s’y trouvait un théâtre. L’emplacement est un peu curieux : dans le centre sans être central, situé dans une rue animée mais qui n’a rien de festive, quelque part entre l’artère et la rue. Les Rennais ne sont pas très attachés à ce quartier, illustration de la modernisation déjà vieillotte de la ville, de ce mélange d’architecture d’antan et de raffinement sixties bien bétonné, mal accordé. Qu’importe. C’est ici que L’Espace a élu domicile pour ne plus jamais en repartir. En son sein, certaines des plus belles pages de la nuit rennaise vont s’écrire. Certaines des plus moches aussi, plus tard. Ça va souvent ensemble. Mais pour le moment, ce pendant breton du Palace parisien va devenir un vrai lieu d’avant-garde musicale.

« Me voilà parti avec mes punks »

« Je ne connaissais rien à la musique, avoue Jean-Paul Guillotin. J’écoutais un peu de variet’, un peu de Johnny, mais je n’étais absolument pas mélomane. » Avant de fonder L’Espace, ce Morbihannais d’origine tenait un salon de coiffure réputé près de la grande poste centrale. Distingué, un brin visionnaire, il a toujours eu un œil sur les tendances qui sévissaient à Paris. « Un beau jour, je roulais en voiture, quelque part entre Vannes et Nantes, de nuit. Et là, jai aperçu quelque chose, des lasers, un lieu que je navais jamais vu auparavant. C’était un Macumba. Je réfléchissais déjà à changer de métier. Là, javais trouvé ce que jallais faire. » Mais à Rennes, il existe déjà plusieurs établissements du genre tels que le tout jeune Pym’s ou le Stanley, au nord de la ville. Alors, pour se distinguer, Jean-Paul Guillotin fait comme à son habitude : il se rend à Paris et cherche l’inspiration. C’est au Palace, haut lieu de la fête de la capitale, lui-même inspiré du Studio 54 new-yorkais, qu’il la trouvera. Un choc. Sur les cendres du cinéma Le Bretagne, il se lance sans expérience. En autodidacte.

Dès l’ouverture de L’Espace, Henry Vangouet est devant la porte d’entrée de l’établissement. À Rennes, on dit souvent que l’hiver dure jusqu’en mai. Une idée reçue qui a l’avantage de chasser le trop-plein de touristes, mais qui devient bien réelle lorsque l’on passe toutes ses soirées dehors. Henry a quitté la capitale en janvier pour suivre sa copine en terres bretonnes. Deux mois plus tard, il devient portier à L’Espace et y restera en poste douze années, jusqu’à être considéré comme une petite légende de la nuit locale. « Au départ, la clientèle était extrêmement mélangée, se souvient-il. Du ska, du rock, plein de choses. » Jean-Paul Guillotin, lui, découvre un milieu qui est en fait un métier. Et fait l’expérience, un peu malgré lui, des courants musicaux dominants. « Puisque mon DJ était un peu dans cette veine, on a ramassé toute la clientèle punk du coin. Tout le monde était en noir là-dedans. Oh putain… Je me suis dit que j’étais allé un peu trop dans les extrêmes. Javais un super décor, une super sono, mais jai vite compris que je ny connaissais rien. Bref, me voilà parti avec mes punks. »

Rapidement, la scène musicale rennaise se prend d’affection pour ce lieu atypique, très osé pour l’époque, et qui a la particularité d’être certes une boîte de nuit, mais aussi une salle de concerts. À la programmation, il y a Philippe Tournedouet, une figure qui connaît un paquet de monde dans la musique. C’est lui qui a proposé à Jean-Pierre Ghez de devenir DJ à L’Espace. Leur rencontre a eu lieu quelques années plus tôt alors que Jean-Pierre était guitariste dans un groupe composé, entre autres, de futurs membres de Marquis de Sade, porte-étendard historique du rock rennais. Philippe Tournedouet est aussi pote avec l’équipe qui organise un nouveau festival nommé Trans Musicales. Par son intermédiaire, tout ce petit monde branché et shooté à la musique investit le lieu, en fait l’un de ses QG. Il n’est pas rare, loin de là, d’y croiser Étienne Daho, Pascal Obispo, qui habite à deux pas et qui évolue encore dans des formations bruyantes, ou les Niagara. Tous amènent leurs nouveaux disques pour les passer aux DJs en main propre. Peu à peu, Jean-Paul Guillotin parvient à changer sensiblement de créneau : « Il fallait avoir cette ébullition musicale, mais aussi ramener la jeunesse BCBG rennaise. Une fois quon a réussi à trouver cet équilibre, c’était parti. » Et pas qu’un peu.

Un cheval et une 22 long rifle

Les deux premières années démarrent en trombe. Sur la scène, dans la grande salle du bas, les noms défilent : Lene Lovich, The Cramps, UB40, Taxi Girl, James White, Original Mirrors, Marquis de Sade… Grâce au réseau et au nez de Philippe Tournedouet, L’Espace devient un superbe ovni dans la nuit bretonne. « On mettait 1 200 personnes debout, décompte Jean-Paul Guillotin. On accueillait des tournées européennes comme celle de The Cure, qui venaient en France pour la première fois. Ils ont débarqué avec deux semi-remorques, un pour les lumières, un pour la sono. C’était énorme. Quand on a programmé Simple Minds en 1983, ils ont amené une console de mixage gigantesque. On sest dit quavec un son pareil, ils allaient tout casser (rires). Mais ça avait de la gueule. » L’Espace est ouvert tous les soirs de la semaine, toute l’année. Impensable de nos jours.

Le cheval était un peu stressé, il glissait sur la piste de danse.

Henry Vangouet, portier

À la porte, Henry Vangouet se rappelle que cette avant-garde s’autorisait aussi quelques folies. « Un soir, je vois débarquer un type sur un cheval, devant lentrée. Je lai fait rentrer. Avec son cheval. Au culot. Ça a mis de lambiance, mais le cheval était un peu stressé, il glissait sur la piste de danse. C’était vraiment une atmosphère extraordinaire. » Entre 1983 et 1987, l’équipe soudée fait venir Alain Bashung, Orchestral Manœuvres in the Dark, le jazzman Stanley Clarke, Manu Dibango, James Chance, Les Niagara ou bien sûr Étienne Daho.

Mais progressivement, à la fin des années 1980, la nuit rennaise commence à s’assombrir, comme partout. L’esprit de la fête change et les embrouilles, certes sporadiques, pointent leur nez. Mais Jean-Paul Guillotin, en bon leader, entretient de bonnes relations avec la police. L’un des plus grands commissariats de Rennes se situe à une centaine de mètres de l’établissement. « Je me rappelle dun gros voyou qui venait de Nantes, un mec balèze, une terreur. Il faisait peur à tout le monde dans la boîte. Il fallait que je le sorte, que je reste le patron, sinon il se serait installé au bar. Jai appelé le commissaire juste à côté, je lui ai dit que javais besoin dun coup de main. Les policiers sont arrivés à la porte, moi j’étais passé derrière le bar. Le voyou me demande de le servir, je refuse. Et là, je sors en trombe. Il se met à courir derrière moi et, arrivés près de la sortie, il se prend les pieds dans le tapis et s’étale par terre. Les flics étaient six ou sept. Ils lui ont sauté dessus et lui ont même cassé un bras. Et ils lont chargé dans la camionnette. Il nest jamais revenu. Javais gagné, mais il fallait travailler avec les flics. On se rendait des services. »

Je me rappelle dun gros voyou qui venait de Nantes, un mec balèze, une terreur. Il faisait peur à tout le monde dans la boîte.

Jean-Paul Guillotin, fondateur de L’Espace

Devant l’établissement, Henry Vangouet doit gérer des échauffourées de plus en plus fréquentes. Un soir de 1988, alors qu’il est absent et qu’il a délégué la sécurité à son équipe, des types entrent à L’Espace, franchement alcoolisés, et se mettent à interpeller les clientes. « Ça sest mal fini, déplore Henry. Un mec a tué un légionnaire avec une 22 long rifle à lentrée de la boîte. On a dû fermer pendant trois semaines. Après, ça a été difficile de reprendre, on était sur le qui-vive. Heureusement, les choses ont fini par rentrer dans lordre. » À côté de cela, L’Espace est devenu le passage obligé pour la plupart des célébrités venues s’enjailler à Rennes, le lieu branché par excellence. Comme Serge Gainsbourg vers 1990, quelques mois avant sa mort. « Il était chargé bien comme il faut, raconte Henry Vangouet. Il faisait quelques photos, alors je lui ai demandé si je pouvais en faire une avec lui. Il ma répondu :  “Oh ta gueule, fais pas chier, casse-toi ! ” Jai pas eu ma photo. » Mais cette rencontre entre Gainsbarre et l’équipe de la boîte reste l’une des grandes fiertés de Jean-Paul Guillotin.

Les années 1990 pleine bourre

C’est également à cette époque que L’Espace emploie deux DJs rodés à la house et à la techno. Ils viennent de Paris, organisent des allers-retours en voiture entre Rennes et Bruxelles pour s’approvisionner en disques, et ramènent, par la même occasion, une partie de la communauté LGBTQ dans leur sillage musical. Jean-Paul Guillotin, lui, est un peu fatigué. « Il faut savoir arrêter au bon moment. Physiquement, cest dur. J’étais impliqué à 100 %, présent tous les soirs. Cest un métier qui peut être dangereux. Alors, jai revendu à un type de Saint-Malo en 1991, avec le sentiment du devoir accompli. » Le type de Saint-Malo, c’est Yannick Richeux. Dès son arrivée, il change presque toute l’équipe, y compris les portiers comme Henry Vangouet, qui quitte son poste après douze années de service.

Les années 1990 voient les Trans Musicales prendre une autre dimension. L’équipe du festival a déjà organisé plusieurs soirées à L’Espace, dont un mémorable concert des Gipsy Kings (oui oui) en 1987, ou un autre de Sugarcubes, le groupe de Björk, l’année suivante. Durant l’explosion des musiques électroniques en France, les voici qui réinvestissent régulièrement le lieu. En 1994, Massive Attack débarque pour une drôle de soirée, certes restée dans les annales, mais un peu en demi-teinte. « C’était plein à craquer, mais on a eu des problèmes de son », explique Jean-Louis Brossard, l’un des piliers des Trans. Il se rappelle également de cette soirée de 1995 où jouait le groupe de hip-hop acoustique américain The Roots. « Je les avais déjà programmés lannée précédente pour leur première date en Europe. En 1995, ils sont revenus à LEspace pour leur propre tournée, hors festival. Après leur concert, le batteur Questlove est allé demander au DJ sil pouvait passer quelques disques. Et le mec lui a dit oui. Mais Questlove navait aucun vinyle sur lui. Alors, il a joué pendant deux heures en piochant dans ce quil y avait sur place. Le DJ était vert parce quil ne prenait que des faces B. Il se disait : “ Putain c’est pas possible qu’il fasse un truc pareil avec mes disques ! ” ».

Massive Attack à L’Espace

Fourre-tout musical et jouissif, le Rennes des années 1990 est également l’une des places fortes du rock hardcore. Un pan franchement oublié de l’histoire culturelle locale. Pourtant, c’est à L’Espace que certaines des soirées les plus mémorables du genre ont eu lieu. L’association Da Hardside Connection y a notamment fait venir des pontes tels que les Américains de 25 Ta Life pour un concert blindé. Sur le site Noisey, David Mancilla, fondateur rennais du label Overcome Records, racontait : « Il y avait également la clientèle habituelle qui se rendait compte de ce qui se passait seulement une fois à l’intérieur. Et puis surtout : toute la scène française était là, parce qu’au milieu des années 1990, 25 Ta Life représentait le renouveau du hardcore new-yorkais. Tous les gens qui se sentaient impliqués sont venus. Et ça a donné un concert de ouf. » Jean-Louis Brossard a aussi quelques souvenirs déglingués en stock, comme ce concert de Hole en 1995. « Ça sest assez mal passé. Au bout de vingt minutes, Courtney Love a reçu une bouteille deau sur la figure. Elle est sortie de scène et nest plus jamais remontée. Elle était plutôt du genre à se bastonner et à terminer le concert, mais pas cette fois. » Dommage ?…

LTJ Bukem avait dû fumer un trop gros joint. En tout cas il n’était pas là.

Jean-Louis Brossard, co-fondateur des Trans Musicales

Au fil des années, les Trans Musicales désertent L’Espace. L’équipe a tout de même le temps d’y organiser la soirée Free Zone, du nom des fameuses compilations du DJ Morpheus pour Crammed Discs. « On avait programmé Richard Dorfmeister, LTJ Bukem, Ashley Beedle et bien dautres, rembobine Jean-Louis Brossard. Mais vers 19 heures, je reçois un coup de téléphone. Trois DJs manquent à lappel. Il y en a un qui est malade, un autre na jamais été au courant de la date, et LTJ Bukem avait dû fumer un trop gros joint. En tout cas il n’était pas là. À LEspace, on utilisait à la fois la salle du bas et celle du haut, avec une grosse amplitude horaire. Alors, chaque DJ présent a décidé de jouer quatre heures. C’était fantastique. » Mais que les choses soient claires : entre ces soirées musicalement folles, L’Espace est bien une boîte généraliste. Et va le devenir plus encore avec l’arrivée d’un troisième propriétaire, un certain Roger Page. Issu du milieu agricole, cet investisseur n’a aucune expérience dans le milieu.

Poids lourds techno et ultime drame

Un businessman, ça doit savoir déléguer. Roger Page laisse ses équipes gérer L’Espace. Et parmi ses employés, il y a plusieurs gays qui, grâce à leurs réseaux, consolident l’établissement en rendez-vous incontournable de la communauté homosexuelle pendant les années 2000. Le mouvement drag queen y trouve son terrain de jeu, mêlé à une clientèle complètement éclectique, pour ne pas dire bordélique. En bas, la musique est généraliste. En haut, elle est tendance zouk, afro et R’n’B. Au début du millénaire, L’Espace est un kaléidoscope déréglé et a un peu perdu de sa superbe pour céder aux sirènes presque uniquement commerciales. C’est là, en 2008, que les frères Dartois, autorités de la nuit rennaise, décident de racheter l’établissement. À la tête de L’Espace, ils placent Mike Langlois, qui a auparavant été gérant du Pym’s, l’autre grosse boîte du centre-ville. « C’était un peu la pagaille, il y avait pas mal de problèmes à gérer, avoue Mike. On a fait un gros tri à lentrée. Certains nous ont traités dhomophobes, mais cest faux, les gays étaient les bienvenus et sont dailleurs restés. Mais ceux qui faisaient nimporte quoi, gays ou pas, on les a virés. » Les débuts sont difficiles, mais les frères Dartois ont les reins solides.

À la fin des années 2000, il y a effectivement moins de bagarres à L’Espace. Mais il faut surveiller les plus jeunes qui, selon Mike Langlois, « mélangent de plus en plus les drogues, lalcool et les pétards ». Le directeur du lieu connaît le passé glorieux de son nouvel écrin. Alors, il monte un partenariat avec le festival brestois Astropolis, messe électronique bretonne : au milieu des beuveries étudiantes tant prisées des frangins propriétaires, il organise une fois par mois une soirée plus pointue, plus techno. En 2011, il fait notamment venir Jeff Mills. « Ça a cartonné, c’était dingue. Lentrée n’était pas donnée, ne comprenait pas de conso, mais on remplissait la bécane. On a fait venir Laurent Garnier deux fois. En général, les artistes se produisaient à Rennes le vendredi puis à Brest le samedi chez l’équipe dAstropolis. Jai même failli faire venir Carl Cox, mais à la veille de la signature, ça ne sest pas fait. C’était risqué financièrement. Mais franchement, on aurait cassé toute la Bretagne. »

Après le départ de Mike Langlois en 2015, c’est au Pym’s, rebaptisé 1988 Club, que les grands noms des musiques électroniques ont élu domicile. L’Espace est désormais une discothèque généraliste plus classique, chargée d’une histoire musicale que l’immense majorité des jeunes Rennais n’imaginent même pas. Elle est aujourd’hui touchée par une affaire terrible, celle du meurtre de Dorian Guémené, 24 ans, survenu le 7 juillet 2018, roué de coups à la sortie de l’établissement par cinq garçons pourtant sans histoire. Un traumatisme pour la ville. Le procès aux assises de Rennes a débouché sur des condamnations allant de huit à quinze ans de prison ferme, jugement dont les cinq accusés ont fait appel. L’Espace s’est déjà relevé de ses sales histoires, a déjà connu de nombreux nouveaux souffles en plus de quarante années d’existence. Reste à savoir dans quelle direction, musicale peut-être, tournera cette fois le vent breton.

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