Rencontre avec Lolo Zouaï, cyber pop star du futur

Écrit par Flora Santo
Photo de couverture : ©Vasso Vu / Furmaan Ahmed
Le 11.10.2022, à 17h17
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©Vasso Vu / Furmaan Ahmed
Écrit par Flora Santo
Photo de couverture : ©Vasso Vu / Furmaan Ahmed
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Après un premier album remarqué en 2019, l’artiste franco-américaine Lolo Zouaï est de retour avec un projet conceptuel haut en couleurs. PLAYGIRL, sorti aujourd’hui – 14 octobre – est un petit joyau de r&b futuriste et pop acérée qui place définitivement la jeune artiste dans la cour des grands. Rencontre.  

Bienvenue dans la pop du futur. Si Lolo Zouaï avait déjà impressionné la scène r&b avec son envoûtant premier album High Highs to Low Lows et séduit le public avec sa personnalité solaire et son franc-parler, son nouveau projet PLAYGIRL, vient confirmer ce qu’on soupçonnait : pour la jeune franco-américaine, ce n’est que le début de l’aventure.

Lorsque l’on rencontre Lolo Zouaï dans les bureaux du label Because à Barbès-Rochechouart, elle s’exprime, enjouée, dans un français parfait ponctué d’expressions anglaises. Née à Paris d’une mère française et d’un père algérien, Lolo Zouaï déménage aux Etats-Unis à l’âge de trois mois et grandit à San Francisco dans un contexte très multiculturel. « San Francisco c’est un endroit très diversifié, donc j’étais très à l’aise avec mon mix Algérie-France », explique l’artiste. « Quand j’ai commencé à faire de la musique, je me suis dit qu’il fallait mettre ça dans mes sons pour que ce soit plus honnête ». Dans son premier album High Highs to Low Lows sorti en 2019, Zouaï chante en anglais, en français et parfois en arabe, mêlant des sonorités r&b, pop, trap et électroniques, et rend hommage à ses racines dans des morceaux comme “Moi” et “Desert Rose”. L’album est rempli de bangers et son succès est immédiat, mais freiné par l’arrivée de la pandémie. Après quelques singles sortis en 2021, dont les électrisants “Galipette” et “Scooter” qui annoncent un tournant pour l’artiste tant dans ses sonorités que dans sa DA, et après des morceaux teasés lors de sa première partie pendant la tournée de Dua Lipa début 2022, le retour de Lolo Zouaï sur un deuxième album était attendu de pied ferme. 

Dans PLAYGIRL, on découvre une Lolo Zouaï transformée en cyber poupée aux influences manga. Mais, bien qu’éloigné de son image plus douce des débuts, ce n’est pas pour autant une réinvention : l’artiste a simplement voulu montrer un autre côté, plus espiègle, de sa personnalité. « Je voulais juste essayer un peu de fun », résume-t-elle. Et pour l’occasion, elle offre un album rempli de pépites au concept novateur, divisé en trois thèmes qui représentent chacun une facette de la personnalité de l’artiste : la pl4yg1rl, associée au bleu, malicieuse et tout droit sortie des années 2000, la dreamgirl, en rose, nostalgique et enfantine, et la partygirl, de couleur verte, indépendante et qui s’épanouit la nuit. Chaque chanson de l’album correspond à l’un de ces trois univers. 

Comme pour son premier album, Lolo Zouaï s’entoure du producteur Stelios Phili, connu pour avoir travaillé notamment avec MIA, A$AP Ferg ou encore Young Thug. Le premier titre, “pl4yg1rl”, donne le ton : pensé comme une réponse au morceau “Pimpandho.com” du rappeur californien Too Short, il semble tout droit sorti d’un générique de Totally Spies ou de Kim Possible. Le titre dévoile un univers frais, joueur et affirmé que l’on reconnaît également dans “Gummy Bear” : « Ces deux chansons ont vraiment été influencées par les prods de Timbaland, de Pharrell et les chansons de Gwen Stefani », précise l’artiste. Si le côté joueur et léger de Zouaï y est bien mis en avant, l’album conserve les voix mélancoliques r&b et l’énergie très moody emblématiques de l’artiste. On les retrouve notamment dans le magnifique et sensuel “Give Me a Kiss”, le vaporeux “Picking Berries” ou encore les très personnels “Room” et “VHS”, qui évoquent des sujets comme la nostalgie ou le rêve, là où le reste des morceaux abordent plutôt l’amour et les relations éphémères. « Il y a des sujets assez profonds sur l’album, il ne faut pas juste voir le côté fun et cyber, il faut vraiment l’écouter parce qu’en fait c’est beaucoup plus que ça », souligne Zouaï. 

Globalement, PLAYGIRL est un album de qualité révélant l’évolution et la maturité musicales de Lolo Zouaï. « Pour cet album j’ai vraiment étudié l’écriture, la structure des chansons, j’ai appris un peu plus la science qu’il y a derrière la musique », affirme-t-elle. « Avant, je fonctionnais juste avec les sentiments. » La 13ème chanson, “Free Trial”, met fin à l’album en beauté. Elle évoque la première semaine d’une relation amoureuse qui sert de test, permettant de décider si l’on veut continuer à voir la personne, mais les paroles peuvent être écoutées sous différents angles : « En fait, l’album c’est une semaine avec moi, une semaine gratuite de moi et si tu m’aimes bien, tu recommences. Si t’aimes pas, bye. » De notre côté, on recommence.

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