Qui est vraiment Kamaal Williams, le nouveau roi de la scène jazz électronique UK ?

Écrit par Lucien Rieul
Le 19.11.2018, à 10h12
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Écrit par Lucien Rieul
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À l’occasion de son prochain concert à La Cigale le 2 décembre prochain, le héraut de la nouvelle scène fusion londonienne (d’abord au sein de son ex-groupe Yussef Kamaal), Kamaal Williams revient sur ses dernières fois pour Trax Magazine. L’artiste poursuit son odyssée en solo sur le spirituel The Return, entouré de trois nouveaux musiciens. Sous l’alias Henry Wu, il vient également de signer un EP taillé pour le dancefloor sur MCDE Recordings, le label de Motor City Drum Ensemble.


Cet article est paru dans le numéro 215 de Trax Magazine.

Ton dernier livre ?

Je lis l’autobiographie de Miles Davis en ce moment, mais le dernier que j’ai terminé, c’est Notes and Tones, un recueil d’interviews de musicien à musicien. C’est écrit par Art Taylor, un trompettiste qui rencontre tous les musiciens de jazz des 60’s et discute avec eux. C’est un livre hyperprofond, tu devrais le lire. Je ne lis pas tant que ça, mais j’aime bien les choses historiques, sur la vie des gens, pas seulement celle des musiciens. Harry Potter, c’est pas trop mon truc, tu vois. Parmi mes favoris, il y a aussi l’autobiographie de Malcolm X et L’Art de la guerre de Sun Tzu.

Ta dernière idole ?

Je n’aime pas idolâtrer les gens. Je dirais que ma seule idole, c’est Dieu. Mais il y a certaines personnes que je respecte vraiment. En tant qu’artiste et musicien, je dois citer Michael Jackson. C’est l’une des histoires les plus fascinantes de tous les temps. Certains me demandent : Prince ou MJ ? Tu ne peux même pas poser cette question, MJ, chaque jour de la semaine ! C’est le king. Je me souviens avoir entendu « Rock With You » quand j’avais 10 ou 11 ans. Ça faisait [il chante] « all niiiiight… Sunliiiight ». Mec, comment tu peux ne pas danser sur ça ? C’est une tuerie ! Herbie Hancock reste évidemment aussi mon gars sûr quand on parle de musique.

Ton dernier rêve ?

Oh, elle est personnelle celle-là. J’ai toujours des rêves où je suis en train de fuir quelque chose, et mes pieds restent collés au sol. En fait, je crois que je fuis encore une facture impayée chez Vodafone. C’était il y a dix ans.

Ta dernière décision pour prendre soin de toi ?

Je suis allé chez un barbier turc pour un rasage, avec une épilation à la cire et une coupe, il y a environ deux semaines. C’était dans le quartier de Dalston, à Londres. Il y a toute une communauté de Turcs là-bas, et ce sont les meilleurs barbiers au monde. Tu te pointes, tu t’assieds, on te fait un masque du visage, le rasage, la serviette chaude, un massage de la tête… Tu vois ce que je veux dire ? Un barbier de gentleman à l’ancienne. Ça fait du bien d’avoir ça quand tu es tout le temps sur la route, alors j’y vais tous les deux trois mois.

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Ton dernier mensonge ?

Haha, ça, c’est intéressant. J’ai probablement dit à ma femme qu’elle cuisinait bien. Non, je déconne. Je ne me souviens pas de mon dernier mensonge. J’essaie d’être aussi honnête que possible. L’honnêteté, c’est la clé, c’est ce qui maintient tout ensemble et c’est ce qui me permet d’avancer. Je pense que ça paye d’être sincère, surtout lorsque tu t’occupes d’autres personnes.

Ton dernier coup de gueule ?

C’était à cause d’une amende de stationnement. À Londres, ils essaient de te choper pour tout.

Tes dernières vacances ?

Je suis parti chiller en Sicile. C’était ma première fois là-bas, et c’était magnifique, par endroits assez proche de ce que je connais du Maroc. Architecturalement, il y a une grosse influence arabe, vu qu’ils sont restés là-bas un bout de temps. J’ai mangé des arancinis, je me suis baigné dans la mer… Les choses simples de la vie.

Ta dernière baston ?

Probablement à l’école. Je suis quelqu’un de très pacifique, mais quand tu viens de Peckham, de South London, tu n’as pas d’autre choix que d’apprendre à te défendre. Aujourd’hui, j’ai passé l’âge… Comme disait Bruce Lee, « l’art de combattre, sans vraiment combattre. » On n’a pas besoin de se battre, mec. Je vais te combattre avec ma bienveillance.

Ton dernier album ?

On vient de sortir une version alternative de notre album The Return. Snips a remixé tout l’album en ajoutant des couplets du Wu-Tang Clan. Juste avant que ça ne sorte, je me suis retrouvé un peu par hasard à dîner avec Cilvaringz, qui a produit le dernier album du Clan, et il me dit : « Mec, on ne remixe pas le Wu-Tang comme ça. » Je lui ai répondu : « Je suis un vrai Wu, mon grand-père était le général Wu. » Je lui montre une photo de mon grand-père, il n’en revient pas. Il l’envoie immédiatement à RZA et lui dit : « Tu ne vas pas me croire, je suis en train de dîner avec le petit-fils du général Wu ! » Du coup, les deux ont écouté l’album et m’ont dit : « C’est de la bombe mec, il faut que tu le sortes ! ».

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