Qui est Kampire, la reine de l’afro-house qui enflamme l’underground ougandais ?

Écrit par Célia Laborie
Le 20.11.2019, à 14h54
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Écrit par Célia Laborie
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Tout droit venue de Kampala, la capitale ougandaise, la DJ Kampire euphorise les clubbeurs du monde entier. Sa recette ? Des mélanges savamment rythmés de trap, de kizomba et d’afro-house. De Mexico à Vancouver, l’effet sur le public est le même : impossible de s’empêcher de danser. Avec elle, on a parlé influences traditionnelles, clubbing ougandais et musique française. Une mise en bouche avant son passage au Hasard Ludique à Paris le 30 novembre.

On entend (trop) peu parler des musiques électroniques venues d’Afrique australe. Heureusement, des artistes comme Kampire sont là pour nous rappeler la vivacité de ces scènes. Dans ses set lists, Migos peut succéder à un vieux morceau de soukous congolais. C’est une Boiler Room filmée au festival ougandais Nyege Nyege en 2018 qui l’a révélée au public européen – depuis, la trentenaire ne fait que grimper. Rencontre.

Vous avez étudié aux États-Unis et vous vivez aujourd’hui en Ouganda. Avant cela, vous avez grandi dans un autre pays d’Afrique australe, la Zambie. Comment est-ce que votre enfance là-bas influence votre musique ?

La musique a toujours fait partie de ma vie, sans que je sois née dans une famille de musiciens. En Zambie, dans les années 1990, on écoutait énormément de soukous congolais, de kwaito sud africain et de la pop locale. Beaucoup de ces vieilles chansons sont devenues des hymnes pour les gamins de la région. C’est ce qui nous a tous influencés, et nous rassemble aujourd’hui sur le dancefloor.

Vos sets sont ultra variés, décomplexés. Où trouvez-vous ces inspirations ?

Je trouve que les étiquettes comme « électronique » peuvent être limitantes et même un peu redondantes. J’essaye d’intégrer dans mes sets tous les types de musique, tant que ça fait danser les gens. Pour résumer, je dirais que cela vient d’Afrique et des diasporas africaines.

Vous avez eu l’occasion de jouer partout dans le monde, beaucoup aux Etats-Unis et en Europe. En comparaison, qu’est-ce qui caractérise le clubbing en Ouganda ?

C’est un pays où les gens aiment danser. C’est comme ça qu’on vit la musique et qu’on interagit avec. Les grands clubs mainstream de Kampala, la capitale, passent surtout du dancehall et de l’afrobeat locaux et internationaux. Moi, je préfère avoir la liberté de jouer ce que je veux, et je cherche un public ouvert à des choses nouvelles, donc je préfère les lieux alternatifs. Il n’y a pas beaucoup de clubs underground, et personne dans cette scène ne fait d’argent, mais je ne m’en pleins pas. Je crois que ça rend le tout bien plus authentique. 

Quand avez-vous découvert la musique électronique ?

J’ai commencé à sortir en club quand j’étais encore adolescente, mais je me suis vraiment plongée dans la musique électronique underground après avoir participé au Nyege Nyege Festival (un festival d’avant-garde organisé depuis 5 ans près de la côte ougandaise, devenu également un label, NDLR). Je connaissais le créateur de l’événement, il m’a proposé de participer à l’organisation… Et j’ai fini par faire un set un soir. Ça m’a amenée là où j’en suis aujourd’hui.

Vous dites souvent que les artistes de votre région ne sont pas connus à leur juste valeur. Quels musiciens africains nous conseillez-vous d’écouter ?

J’adore l’Ougandaise MC Yallah, la rappeuse kenyane Muthoni Drummer Queen, le DJ Blinky Bill, kenyan lui aussi… Et Somalienne Hibotep. Pour n’en citer quelques uns.

Vous jouez au Hasard Ludique dans quelques jours, et vous avez déjà été programmée dans quelques festivals en France. Qu’est-ce que vous pensez du public ici ?

D’après ce que j’ai constaté, les Français sont toujours motivés pour danser, et j’adore ça. Il y a beaucoup d’Africains qui vivent ici, cela rend la scène club encore plus excitante. D’ailleurs j’écoute pas mal de DJ français. J’adore Lazy Flow et Sauvage Soundsystem, qui viennent de la Réunion et font de la super afro tropicale. Et des labels comme Mawimbi, Blanc Manioc et Argent Sale

Le Hasard Ludique accueillera Kampire un DJ set flamboyant le 30 novembre, à Paris. Toutes les informations sont à retrouver sur la page Facebook de l’événement.

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