Qu’est-ce que le « glamping », ce « camping glamour » de luxe qui s’installe en festivals ?

Écrit par Amaury Lelu
Le 08.07.2019, à 17h36
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Écrit par Amaury Lelu
En festival, les tentes ne sont plus synonymes de moustiques, d’inconfort et de galères. Avec le « glamping », cette tendance née aux débuts des années 2000 associant glamour et camping, certains évènements accueillent désormais le public dans des conditions optimales. Un nouveau type d’hébergement qui pousse le camping crasseux pour fêtards avinés à vivre ses dernières heures.

 

Toilettes et douches réservées, petits-déjeuners servis au réveil, espace jacuzzi et Gin Tonic offert, le « Comfort Camping » à Dour ressemble à s’y méprendre à un club Med dans les Caraïbes. L’époque de la casserole de pâtes sur le réchaud et de la tente Quechua qui s’envole semble déjà bien loin. Et pour cause, le « glamping ». Né au début des année 2000 en Angleterre et aux États-Unis, le concept -loin être accessible à tous- offre aux fêtards les plus douillets la possibilité de se sentir comme chez soi en camping de festival, parfois même dans des endroits insolites comme des tipis ou des yourtes. En 2018, 9,3% des britanniques ont choisi cette option lors de leur passage dans un festival étranger. Une fréquentation croissante qui concurrence directement les campements boueux.

Révélateur des conditions sanitaires auxquelles les festivaliers confirmés ont pu être confrontés, ce commentaire cocasse pourrait ainsi disparaître du fil d’actualités Facebook : « Le connard qui a chié à 5cm de ma tente le samedi soir, va bien te faire foutre ! J’espère au moins que tu as apprécié de retrouver ta merde devant ta tente, tu as même eu de la chance qu’on te la mette pas dedans. » Quand certains comparent cela à un théâtre de guerre, d’autres semblent prendre plaisir à revenir l’état sauvage : « Moi je ne vais pas en festival pour être propre ! Des fois, les douches ne se ferment pas et tout le monde se lave ensemble. Il suffit d’avoir son maillot de bain ! », plaisante Marie, qui passe ses concours de Gendarmerie. 

Ce qui est sûr, c’est qu’une partie du public devient de plus en plus attentif à l’hébergement en festival. « Le festival, je n’ai pas envie de le subir surtout s’il dure longtemps. Quand tu restes plusieurs jours, t’as pas envie de te sentir crasseux », admet Florian, jeune commercial. 

Plus étonnant encore, au regard des teufs qui se terminent parfois en une vaste marre de gadoue, la population des free parties commencerait à être sensible à ce luxe… notamment les plus anciens du mouvement « Après avoir dormi en tekos sous des bâches tendues entre deux bagnoles ou dans des camions, ça renouvelle un peu le délire de faire la teuf en mode tout confort. Cela permet de trouver le repos nécessaire, admet Ivan, teufeur depuis 1997. Je me laisse entraîner dans le délire par des potes moins trash mais ça me va très bien. J’en ai fini d’être sectaire et puriste du genre « dans la vie y’a que la free ! ». »

Le confort serait donc devenu un argument de vente et pourrait permettre aux organisateurs de se démarquer des autres. « Face à la multiplication des festivals et aux programmations qui se ressemblent, le public se base maintenant sur le lieu et l’hébergement », confie l’attachée de presse du festival Check-in-Party. Une offre convaincante comme en témoigne les 56 appartements de l’Elements Mountain Festival, loués depuis le mois de décembre. Cette immense rave à la Salvetat-sur-Agout (34) proposait également des mobile homes et des chalets. « Certaines personnes veulent déjà réserver des appartements pour l’an prochain… y’en a qui ont toujours besoin de leur petit confort », s’amuse Olivier Suddler, directeur de l’événement.

Plus de confort, certes, mais encore faut-il se l’offrir. À Dour, le prix varie d’une centaine d’euros entre un emplacement ordinaire et un autre, plus haut de gamme. « Quand on n’a pas forcément de très grands moyens et qu’on a le festival plus le transport à payer, l’hébergement n’est pas une priorité. Je préfère largement économiser pour pouvoir m’offrir des repas sur place. », explique Dylan, originaire d’Orléans. Selon lui, en plus d’avoir un coût avantageux, le camping traditionnel reste indéniablement la meilleure option pour profiter au mieux d’un festival : « Sincèrement, l’ambiance y est bien mieux car tu peux rencontrer des gens d’un peu partout et on rigole bien. Je préfère largement un bon camping familial avec un peu moins de confort qu’un appartement. »

Pas de doute, le camping de festival s’embourgeoise. Aux Vieilles Charrues, l’espace « de luxe » comptait 200 places en 2014, contre 500 aujourd’hui. Une bonne nouvelle pour les fêtards sur leurs vieux jours dont les nuits seront désormais plus douces.

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