Prince : une inspiration pour la dance music

Écrit par Smaël Bouaici
Le 10.11.2015, à 13h19
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Écrit par Smaël Bouaici
Update 21/04/16 : L’information a été révélée par TMZ puis confirmée par son agent Yvette Noel-Schure (source : The Associated Press), Prince a été retrouvé mort aujourd’hui dans sa résidence de Minneapolis, à l’âge de 57 ans. Une enquête des autorités du comté a été ouverte.

Le Kid de Minneapolis a été une influence majeure chez les pionniers de la dance music.

Pour les plus jeunes, qui n’auraient pas mesuré la contribution du Kid de Minneapolis, on vous conseille d’aller lire ce papier (en anglais) chez Red Bull, intitulé “We All Wanna Be Prince: Exploring The Purple One’s Impact on Dance Music”.

Le journaliste/écrivain Michaelangelo Matos, dont on vous parlait il y quelques jours à propos de la mixtape qui a fait découvrir Daft Punk à l’Amérique, y résume l’influence de Prince. Il rappelle que le crew français Apollonia (Shonky, Dyed Soundorom et Dan Ghenacia) tire son nom d’Apollonia Kotero, qui joue la copine de Prince dans le film Purple Rain, ou que le premier maxi du label Hyperdub était Sine of The Dub, une reprise libre du tube “Sign o’ The Times”, en 2006.



Dans la dernière livraison de Trax Magazine (#187), Egyptian Lover, l’un des pionniers de la scène rap/électronique de Los Angeles, raconte comment il a été inspiré par le Purple One. J’étais totalement fan de lui. Il avait une chanson qui s’appelle ‘Soft and Wet’. On entend dessus une inspiration super sexy. Ça rend le truc complètement dingue et super chaud. Quand on a fait ‘Dial-A-Freak’ avec Uncle Jamm’s Army, on s’est inspiré de Prince. Pareil sur ‘Yes, Yes, Yes’. Plus tard, dans mes projets en solo, j’ai développé cet effet et c’est devenu ma marque de fabrique, en quelque sorte. J’utilise le souffle comme un instrument à part entière. Alors, quand j’ai entendu Dr. Dre faire la même chose, je suis devenu fou. Je lui ai dit : ‘Mec, c’est mon style, c’est ce qui fait mon son. Ce n’est pas West Coast, c’est le son Egyptian Lover.’ Dre m’a répondu : ‘Essaie de voir les choses autrement. Toi, ton truc, c’est Kraftwerk et Prince. Tu les kiffes. Et quand tu t’en inspires, c’est aussi pour leur rendre hommage, pas pour les voler. C’est peut-être la même chose pour moi vis-à-vis de toi. Réfléchis à ça.’



Michaelangelo Matos mentionne également le track de Felix Da Housecat, “We All Want To Be Prince”, les liens entre Prince et Detroit, et notamment Electrifying Mojo, dont le show radio est cité comme une influence majeure par Juan Atkins ou Jeff Mills à propos de la création de la techno (à cet égard, lire absolument ce passionnant papier sur la préhistoire de la techno à Detroit paru dans le TRAX #175). En 1986, Prince a d’ailleurs appelé Mojo en direct pour le remercier d’avoir joué ses morceaux avant les autres.

Chez les pionniers de la house de Chicago, Prince est aussi une idole. “Controversy” était un classique des sets de Frankie Knuckles au Warehouse, tandis que Ron Trent et Fairleey Jackmaster Funk jouait régulièrement “When Dove Cry”. Autant de bonnes raisons de retourner fouiller dans l’œuvre de The Artist, sans compter sur le streaming (Prince a tout supprimé).


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