Première mondiale à Montréal : une soirée électronique en odorama

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Soirée "Aroma Jockey" par AJ Jaroma
Le 20.12.2016, à 14h26
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©Soirée "Aroma Jockey" par AJ Jaroma
Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Soirée "Aroma Jockey" par AJ Jaroma
Montréal abrite un lieu unique au monde : la Société des arts technologiques (SAT). Grâce à son architecture – un dôme géodésique semblable à un planétarium –, il propose en toute saison des expériences multisensorielles qui sortent de l’ordinaire. Après Miami ou Chicago, la métropole québécoise accueillait fin juillet une soirée « odorama ». L’odorama, c’est cette technique qui consiste à stimuler l’organe olfactif : le nez, quoi.Par Elsa Fortant, correspondante à MontréalCrédits photos : Sébastien Roy

Peut-être vous souvenez-vous du film Polyester (1981), signé John Waters, qui utilisait ce type d’expérimentation. Dans ces soirées, la star n’est pas le DJ, mais le AJ, « l’aroma jockey », qui mixe les odeurs. Les fêtes Sencity ont fait office de précurseurs du mouvement. Créées à Rotterdam et pensées pour permettre aux sourds et malentendants de ressentir autrement les émotions suscitées par la musique, les senteurs y sont diffusées au moyen de gros ventilateurs. Aujourd’hui, bien que le concept se démocratise, il n’existe que cinq AJ dans le monde. L’un d’entre eux, Jarome, est basé à Montréal. « En tant qu’aromathérapeute, développe ce Néerlandais d’origine, je connais les particularités et l’impact de chaque parfum sur le public. Quand la menthe poivrée et les agrumes comme l’orange ou le citron électrifient l’ambiance, la bergamote et la lavande font redescendre l’atmosphère. » Et encore, ce ne sont que quatre de la douzaine de parfums proposés en moyenne par soirée (parmi les 300 de sa collection personnelle).

Le public montréalais a ainsi pu assister à un événement immersif unique où musique (Jamal, Motions et Kane O du crew 00:AM), visuels (Push 1 stop et Level of Detail) et fragrances (Aroma Jockey Jarome) ne font plus qu’un pour mettre tous les sens en branle. Il faut dire que le cadre proposé par la Satosphère, sorte de cinéma immersif, est en parfaite adéquation avec ce genre d’initiative. Les 175 haut-parleurs disséminés en 360° et les projections visuelles sphériques du dôme permettent de créer un environnement proche de celui d’un casque de réalité virtuelle, version collective. La SAT est d’ailleurs reconnue internationalement pour son rôle pionnier dans la culture numérique et son implication dans le développement des technologies comme le mapping ou la spatialisation du son à travers la formation et la recherche.

odorama
Soirée “Aroma Jockey” par AJ Jaroma

L’organisation a pour mandat de créer des ponts entre le milieu de l’art et des sciences. « Le Métalab de la SAT a conçu Scénic, un logiciel de communication et de diffusion de spectacles à distance », explique Alexandre Auché, le gérant du lieu. « Il sera bientôt possible de faire un show à Montréal et de le diffuser simultanément – sons, images et éclairages étant synchronisés – dans une autre ville. » Dans cette optique, les salles de concerts du Québec sont en train d’être équipées avec ce système. Le futur, c’est maintenant, et c’est à Montréal qu’il prend forme.

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