Powell, le dernier punk des musiques électroniques ?

Écrit par Jean Paul Deniaud
Le 03.11.2016, à 14h55
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Écrit par Jean Paul Deniaud
Powell n’en a rien à foutre. Enfin, c’est ce qu’il essaie de faire croire. Depuis dix ans, le jeune producteur anglais suit pourtant rigoureusement  la même logique : rompre avec tout ce qui pourrait avoir été entendu ailleurs. Powell, dernier punk des musiques électroniques ? Toujours à la frontière entre éclairs de génie et autodestruction, Powell passionne parce qu’il est capable de tout. Et Sport, son dernier album sur XL Recordings, le prouve amplement.Parue dans le Trax #196 (oct 2016) w/ M.I.A.Photos : Dan Benson

Powell – Frankie (ft. Frankie)

Ta dernière cuite ?

C’était à un festival, il y a peu de temps. Je voulais vraiment me bourrer la gueule parce que c’était naze mais je n’ai pas trouvé ce que je voulais. Du coup, j’étais défoncé, mais pas autant que j’aurais dû l’être. J’ai comme un petit problème avec le fait d’être défoncé, j’adore ça.

Ta dernière baston ?

Je n’arrive pas à me souvenir de ma dernière baston physique, mais je me suis bien pris la tête avec Russell Haswell cette semaine par texto. C’est un des artistes sur mon label, un mec excellent. Là, il me disait que je n’étais qu’une merde, que ma musique était à chier et qu’il allait me tuer quand il me verrait. Il est comme ça. Le lendemain, il s’est excusé et m’a invité à un fish burger – très mignon de sa part – et ça s’est calmé.

Ton dernier vote ?

Contre le Brexit, bien sûr. Je me sens gêné pour ce pays. Il va dans une direction très étrange. Le Brexit, Fabric qui ferme… Ces décisions te font te demander si Londres ou l’Angleterre seront encore des endroits où j’aimerais vivre dans dix ans. Pas sûr. C’est flippant. C’est comme chez vous avec le Front National…

Ta dernière drogue ?

La semaine dernière, je pense. Cocaïne. Londres, tu sais, c’est la ville de la cocaïne. J’aime bien les drogues, j’adore ça même. C’est une relation compliquée quand tu vieillis, que tu as des responsabilités, donc j’essaie de contrôler ma consommation mais j’aime vraiment passer du bon temps et je le fais bien trop souvent !

powell

Ton dernier livre ?

En ce moment, je lis un bouquin de Will Self, une sorte de penseur et romancier politique satirique qui est très connu ici. Ça s’appelle Shark et ça parle d’un groupe de malades psychiatriques vivant dans une maison à Londres qui prennent des acides. Ils se racontent leurs expériences, comme ces naufragés dans le Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale dévorés par des requins. C’est un livre plutôt taré, écrit sans chapitre, en un seul paragraphe. C’est épuisant à lire, comme si tu étais sous acides toi aussi.

La dernière fois où tu t’es senti utile ?

Auparavant, lorsque mes copines étaient malades, je ne voulais pas vraiment être avec elles ! Mais la nuit dernière, je suis resté. Je voulais m’assurer qu’elle n’ait besoin de rien. Je crois que je suis amoureux. C’est ça le truc avec l’amour, quant à certains moments, tu penses à quelqu’un d’autre que toi-même et que tu te sens utile pour quelqu’un d’autre. C’est une belle sensation.

Ta dernière peur ?

Ma plus grande peur, c’est que ma musique disparaisse ou que je ne puisse plus en faire. Je veux toujours aller de l’avant donc j’ai peur de ne plus avoir d’idées. Vraiment. Je n’ai jamais cru pouvoir faire ça, donc j’ai toujours peur que ça s’évapore un jour. Mais c’est ce qui me fait bosser plus dur et rester ambitieux.

Powell – Jonny [ft. Jonny]

Ta dernière idole ?

C’est un peu stupide mais je suis vraiment obsédé par les sports mécaniques. Il y a peu, je regardais cette vidéo de Kevin Schwantz à la fin des 80. C’était un pilote du Texas incroyable qui n’a jamais gagné un championnat parce que, soit il gagnait la course, soit il se crashait. Rien entre les deux. C’était un vrai danger. J’adore ce mec.

Ta dernière volonté ?

Gamin, j’étais obsédé par l’océan. Si j’étais mourant, j’aimerais aller bosser sur un navire de recherche scientifique, dans une mer pleine de grands requins blancs, aller nager avec eux, sans cage, et mourir là. Je suis obsédé par les requins, je les trouve parfaits. J’aime les choses dangereuses, les trucs qui tuent les gens, c’est génial.

Donc tu fais de la musique pour tuer les gens ?

Ouais exactement, haha !

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