Pourquoi Techno Import est depuis 26 ans un disquaire incontournable de Paris

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©D.R
Le 13.05.2019, à 19h47
02 MIN LI-
RE
©D.R
Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©D.R
Créé en 1993 par Mazen, le record shop Techno Import est devenu depuis un véritable rendez-vous incontournable pour les diggers de Paname. Un lieu accueillant et chaleureux, à l’instar de son initiateur, qui régale les amateurs de vinyles depuis désormais un quart de siècle.


Cet article est initialement paru dans le numéro 211 (mai 2018) de Trax Magazine.

Par Lucas Javelle

Le disquaire Techno Import annonce, sur la petite fiche horaire collée à sa porte, une heure d’ouverture quotidienne à 11h. Il est 11h10, et les grilles ne sont toujours pas levées. Mazen ouvre finalement la porte de son shop, détendu et peu pressé, une bonne poignée de minutes plus tard. À Techno Import, on prend son temps, car fouiller dans les bacs à la recherche du Saint Graal musical est une activité chronophage. Mazen, lui, est le premier digger de son record shop. « J’ai commencé par passion. J’avais acheté des platines, puis des disques dans les magasins parisiens. Comme j’allais souvent à l’étranger, je me suis rendu compte que beaucoup de sons ne parvenaient pas jusqu’à nous. » A Paris, dans les années 90, le public et les vendeurs de disques se cantonnent à deux styles : la house et la minimale. C’est du côté d’Amsterdam que Mazen va puiser dans la techno, le hardcore et la drum’n’bass, pour revenir les valises pleines de disques et alimenter sa discographie. Sans l’avènement d’Internet, difficile de partager sa musique à l’international.



Aujourd’hui, digger ne demande plus qu’une simple recherche Google. Pourtant, Techno Import continue d’accueillir ses clients tous les jours. Dès le matin, on pousse la porte du disquaire pour s’enquiller les dernières nouveautés. Parfois plus de 200 en une semaine. « Le vinyle marche très bien, mais il y a une surproduction. Ça sort beaucoup plus que l’année dernière, entre les nouveautés, les represses, etc. C’est une bonne chose pour le diggeur, il a plus de choix. Mais pour le producteur, c’est plus compliqué. Il a intérêt à sortir quelque chose de qualité, sinon il passe à la trappe très vite. » Le vinyle connaît un nouvel essor depuis quelques années, de retour dans le cœur (et les oreilles) des audiophiles. Des disques, en 26 ans, Mazen en verra défiler des centaines de milliers… Sans jamais qu’un seul ne reste dans les bacs. La clientèle aussi a évolué : « Avec l’arrivée des Serato et Traktor, les jeunes sont directement passés au numérique. On s’est retrouvé avec notre ancienne clientèle, devenue quarantenaire. Il y a trois ou quatre ans, les jeunes sont revenus vers le vinyle, et désormais la tranche 18-35 est très présente. »

Si Mazen a réussi à garder sa clientèle, c’est aussi grâce à sa passion pour la musique et son métier, qu’il retranscrit dans son échoppe. Passé 19h, c’est l’heure de la fermeture. Mais l’ambiance ne quitte pas pour autant le shop. « Les plus beaux moments du job, c’est en fin de journée, quand toute la manutention est faite et qu’on peut se détendre. On est avec les potes, on boit un petit verre et on écoute de la musique. » Après avoir passé sa journée à trier les disques, les étiqueter, gérer les commandes et les questions des clients, la détente et l’ambiance familiale sont primordiales. Pour jouer et chercher des disques, discuter musique entre fins connaisseurs et surtout, partager un bon moment avec un disquaire resté avant tout un passionné, depuis 25 ans.

Newsletter

Les actus à ne pas manquer toutes les semaines dans votre boîte mail

article suivant