Pourquoi « Summer Jam » est le plus grand tube de l’été de tous les temps

Écrit par Maxime Jacob
Photo de couverture : ©D.R.
Le 31.07.2020, à 11h20
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Écrit par Maxime Jacob
Photo de couverture : ©D.R.
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Triceps en feu, torses épilés, ride en scooter et bikini fluos… Il faut se rendre à l’évidence, le tube de l’été de The Underdog Project, sorti il y a pile 20 ans, n’a jamais été égalé.

Que demande-t-on précisément à un tube de l’été ? Pas de grands discours, ni de remise en question fondamentale du modèle sociétal contemporain. Plutôt, il faut que le morceau soit une injonction à la fête. « Cet été sera le plus chaud de tous les étés », c’est précisément ce que nous disent The Underdog Project dans le clip de « Summer Jam », unique tube de la formation germano-belge, dont une première version est sortie le 24 juillet 2000, il y a tout juste 20 ans.

La scène s’ouvre sur un match de basket dans un city stade, où des jeunes amateurs torses nus s’affrontent. Impossible de connaitre le score du match en question et d’ailleurs, la voix qui hurle et résonne pour dire « GET ON THE FLOOR (allez sur la piste de danse) » puis « PUT YOUR HANDS UP (levez les mains en l’air) » détourne vite l’auditeur de l’enjeu sportif, alors qu’au même instant, une jeune femme se met à agiter sa poitrine face caméra, en arborant un léger sourire dont on ne sait pas exactement ce qu’il signifie.

Il fait très chaud

Le city stade est définitivement derrière nous, quand soudain, c’est l’évidence : Nous sommes à Miami. Sur le littoral, Les 4×4 côtoient les hors-bords, les jeunes en BMX font des roues quand leurs grands frères bodybuildés, luisant de sueur, s’affairent à gagner un concours de traction sur une aire de musculation publique. Les filles font du roller au ralenti sur des routes où tout le monde roule en zig-zag. C’est l’Amérique d’avant le 11 septembre.

Dans « Summer Jam », le sentiment de chaleur ne tient pas qu’aux images saturées, à la pellicule grillée par le soleil, ni même aux gouttes de sueur qui ruissellent sur la plupart des corps. La température est surtout une affaire de rythme. Tout dans ce clip est filmé au ralenti, si bien que chaque geste, chaque traction, chaque balancement de poitrine semble nécessiter un effort surhumain. La mélodie, elle-même, parait écrasée par la chaleur. Les notes du synthétiseur, en suspens, rappellent la lourdeur du climat. La nuit n’est pas montrée à l’écran mais elle ne peut qu’être chaude et pleine de moustiques.

Trois jeunes à Miami.

L’instrumentale de la version de 2003 de « Summer Jam » est en fait celle de « Fiesta », un morceau de dance sorti trois ans plus tôt par les Néerlandais The Sunclub. Mais ce qui aura permis à The Underdog Project, groupe du Benelux emmené par un certain Vick Krishna, de conquérir les charts du monde entier, c’est bel et bien l’ajout d’une ligne de chant. « We gonna party as much as we can (Nous allons faire la fête autant que nous le pouvons) », répète son interprète qu’on imagine être ce Vick Krishna, flirtant à souhait avec le mauvais goût sans jamais fauter.

« Summer Jam » et son remix de 2003 se sont placés numéro 1 des charts en Belgique (en Flandre comme en Wallonie) et aux Pays-Bas. Si vous-vous êtes déjà rendu à Liège, vous savez que la ville connue pour son Carré de la soif ne ressemble pas vraiment à Miami. « Summer Jam » est donc particulièrement plébiscitée par les publics en mal de vision convaincante de l’été. Au fond, le morceau entêtant fonctionne parce qu’il donne un sens à la chaleur qui alourdit les membres : ces trois mois d’été seront inoubliables, promettent les bikinis fluos des plages de Miami. 20 ans plus tard, difficile de contredire The Underdog Project.

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