Pourquoi le Big Bang Festival est littéralement un voyage aux confins du cosmos

Écrit par Isma Le Dantec
Photo de couverture : ©Maxime Chermat
Le 25.10.2018, à 17h55
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©Maxime Chermat
Écrit par Isma Le Dantec
Photo de couverture : ©Maxime Chermat
C’était la sixième édition du festival Big Bang, les 12 et 13 octobre derniers aux Docks de Paris. Et elle a envoyé l’équipe de Trax dans le cosmos.

Le long d’une sombre allée grisâtre et silencieuse défile une procession de manteaux longs, baskets aux pieds, dans un étrange silence. Il n’y a qu’en passant le portail des Docks que nous parviennent les premières vibrations sonores. Il est encore cette heure raisonnable où les fêtards se restaurent et discutent autour d’une bière, ici dans l’immense cour illuminée par quelques foodtrucks phosphorescents des Docks de Paris. En parlant d’heure, 16H07, le sombre autodidacte « tout droit venu de Pluton » a déjà commencé son set sur le Gravity Stage, et après tout, nous ne sommes pas venus pour manger des frites.

Mais avant de nous laisser absorber pas les envoûtements acides du jeune Parisien, ce sont les murs et le plafond qui laissent béats. Des étoiles et des lasers fusent, de toutes les couleurs et dans tous les sens, si bien que même l’obscurité semble être une couleur choisie pour nous envelopper. Derrière la baguette magique de ce décor féerique et immersif, les petits génies hollandais de Stv Visuals. Rien n’est laissé au hasard, le Gravity Stage est un véritable vaisseau spatial.

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À peine embarqués, le set d’Hannah Addams nous percute en plein vol. Le Berlinois attaque avec un track de son compatriote Nick Keller, tout en rebonds pour faire vriller les genoux. C’est intense, ça prend aux tripes et, bonheur, il y a assez de place pour danser sans se faire écraser. L’Allemand augmente la cadence, on se prend à s’imaginer transpercer le sol, ou le plafond. Une petite halte à la fraîche s’impose : il est minuit douze, et déjà la sueur et la satisfaction sont là. Lorsque nous rebondissions à nous en décrocher les rotules, d’autres ont vraisemblablement eu le temps de s’enfiler moult pintes – moult, moult pintes.

C’est peut-être là le petit cheveu sur la savoureuse soupe du Big Bang : les hurlements bestiaux, les bousculades involontaires de ceux qui sont surtout venus pour se la coller. Mais peut-on reprocher à un festival l’état d’ébriété de son public ? On retourne fissa se mettre la tête dans le caisson, et c’est une décision qu’on ne regrettera pas. Ancient Methods et sa techno veineuse, métallique, dévorante avec ses touches symphoniques nous dévore clairement le cerveau. On est décoiffés de l’intérieur – cela de l’hypnose. Puis on part écouter de loin Len Faki, parce que l’on connaît déjà et qu’on ne tient plus sur nos jambes.

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Là, une douce lueur bleutée provenant du Lunar Stage nous susurre d’aller voir de quel bois se chauffe la Nippone Hito. La salle est moins bondée, moins suintante, avec moins de lasers, moins de hurlements. On se fraie sans difficulté un passage jusqu’à l’artiste et ses vinyles qu’elle manipule tout en délicatesse et précision. Les yeux posés sur son visage paisible, nos corps tout mous se laissent balancer d’un pied à l’autre dans une torpeur céleste. Des petites fibres luminescentes se baladent au-dessus des visages aux yeux mi-clos. C’est dense, c’est beau. La fin de ce splendide closing se mêle aux premières lueurs du jour. On est déjà samedi et on resterait bien encore un peu sur la lune.



© Alban Gendrot 

Une courte nuit et c’est reparti ! On reprend nos aises devant les caissons de la Gravity Stage qui n’a perdu ni ses ondes phosphorescentes ni son public dégoulinant de sueur et de bière. C’est alors que démarre un live pas piqué des hannetons : celui de RE-ST, le Berlinois Stefan et le Parisien Rémi, pour la première  fois en live à Paris. Il n’y a qu’à espérer que ce ne soit pas la dernière – une techno deep, un set précis qui mérite d’être entendu et plutôt deux fois qu’une. À peine le temps de se désaltérer que nous rattrape Fabio Florido. Sur une scénographie complètement psychédélique, ce dernier fait vibrer les foules au rythme effréné d’un set musclé qui ne laisse pas le temps de reprendre son souffle.

C’est tout naturellement que nos pas nous mènent ensuite à la plus douce Lunar Stage où nous prenons quartier pour la fin de soirée : Praslesh, duo formé par le roumain Praslea et son compatriote Raresh, diffusent depuis déjà plusieurs heures une minimale planante et cosmique. Nous nous laissons flotter, et sous nos yeux mi-clos, nous rêvons déjà au line-up du Big Bang 2019. 

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