Pourquoi la “restauration circulaire” du DGTL Amsterdam est un exemple pour les festivals écolo

Écrit par Anne-Claire Simon
Le 22.03.2018, à 11h49
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©DGTL Amsterdam
Écrit par Anne-Claire Simon
Le festival techno/house hollandais DGTL – qui se tiendra à Amsterdam, du 30 mars au 1er avril – souhaite devenir d’ici 2020 le premier festival zéro déchet au monde. Une volonté qui se traduit cette année par la mise en place d’un système de “restauration circulaire”, lequel s’inscrit dans une tendance globale en faveur du local, du bio et de l’écologie.

Depuis sa création en 2012, le festival a inscrit le développement durable dans la charte de ses objectifs principaux. Plus qu’une prise de conscience et qu’un travail de sensibilisation, le festival a souhaité passer à l’action, entamer une “révolution écologique” se donnant comme objectif d’alimenter entièrement le festival grâce à de l’énergie verte (grâce à des panneaux solaires), mais aussi de réduire au maximum les déchets produits lors de ces trois jours très festifs.

Si les solutions des écocups, la technique du cashless et le recyclage du plastique sont désormais connus et (enfin) bien ancrés dans le fonctionnement de nombreux festivals, d’autres initiatives du DGTL et méritent d’être soulignées : notamment leur gestion de la nourriture et des déchets alimentaires de façon circulaire.

L’idée est simple : les aliments seront locaux, bio, végétariens (depuis 2016, le festival a choisi de supprimer la viande de ses menus) et les déchets bioorganiques résiduels, ainsi que les produits jetables, seront convertis en compost dans les 24 heures. Puis ce compost sera ensuite réparti entre les agriculteurs urbains fournissant le DGTL, afin qu’ils y cultivent de nouveaux produits. La boucle est bouclée, et c’est reparti pour l’édition suivante ! 

Le modèle du festival hollandais – et international – n’est pas de penser seulement aux quelques jours de festivités, mais aussi et surtout au long terme, avec pour objectif de devenir le premier festival circulaire zéro-déchets au monde. Et pour encourager les festivaliers à les rejoindre dans cet engagement durable, le DGTL a aussi créé sa propre monnaie écologique – l’ECO coin. Son fonctionnement est ludique et incite les festivaliers à participer aux nombreux projets ou ateliers “Revolution”. En échange, ils reçoivent cette monnaie numérique, qui permet d’acquérir des récompenses spéciales comme de la nourriture bio gratuite, des téléchargements de musique, des réductions et même l’accès à certaines fêtes secrètes.

D’autres festivals européens et britanniques se distinguent par leur gestion écologique du circuit alimentaire. Au Sunrise Celebration, festival le plus écoresponsable de Grande-Bretagne, les ingrédients proviennent à 85% de fournisseurs bio, l’alcool également – et le plus possible produit localement. Au Green Man festival, au Pays de Galle, la bière et cidre proviennent seulement des brasseries galloises et les vins sont européens. Au festival Glastonbury, les ingrédients sont britanniques et bio, et ceux qui sont importés, comme le thé ou le café, sont issus du commerce équitable. De l’autre côté de la Manche, on a aussi de bonnes idées, comme au festival parisien We Love Green. Pour parer au gâchis alimentaire, la nourriture de son Restaurant Solidaire, le Freegan Pony vient des invendus de Rungis. Un nouveau concept sera également présenté – les 2 et 3 juin prochains au Bois de Vincennes – par le bistrot 42 Degrés, qui proposera une gastronomie végétalienne, cuisinée à partir d’aliments déshydratés et crus. Pour une “restauration responsable”, les invendus seront redistribués à une association humanitaire – La Chorba – pour les personnes en difficulté. Côté récup’, le festival Artefact réutilise l’huile de friture afin de l’utiliser comme combustible. Pour finir, le Boom festival au Portugal, utilise des assiettes en acide polyactique biodégradable et des gobelets fabriqués à partir de pomme de terre, qui finissent ainsi dans le compost et alimentent les jardins et potagers – cultivés de surcroit en permaculture – pour réduire toujours plus les empreintes écologiques des festivaliers !

Les idées fusent et les solutions sont de plus en plus saines – pour la planète et les festivaliers. Elles prouvent que, quelle que soit l’envergure d’un festival (le DGTL Amsterdam accueillait 15 000 festivaliers en 2017), il est possible de se rapprocher d’un objectif zéro déchet, et d’avoir un impact local positif sur toute la ligne.

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