Playlist : 5 tracks indélébiles pour se replonger dans l’age d’or du raï de Barbès

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Ducasse
Le 10.10.2019, à 16h01
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Dans un de ses morceaux les plus connus en France, Cheb Mami se décrivait comme un “Parisien du Nord”. Une preuve de plus que Barbès a su aimanter au fil des années les plus célèbres chanteurs du raï algérien. Retour en musique sur le petit monde du boulevard de la Chapelle à Paris, quartier d’adoption du raï et point névralgique de la vente de cassettes il y a maintenant plus de 30 ans.

Cheb Hindi : La Voca Khdah El Hbal

Planté en plein cœur de Barbès, au 27 rue de Chartres, le label MCPE a sorti quelques-unes des cassettes les plus fascinantes de l’époque, dont celles de Cheb Khaled et Cheb Mami qui connaîtront ensuite un succès international. Parmi les bijoux oubliés du label, on compte la seule cassette de Cheb Hindi chez MCPE, dont ce titre « La Voca Khdah El Hbal » sorti en 1983 est porté par une production sonnant encore étonnement moderne.

Cheb Hasni : Deux Pièces Cuisine

« Les ouvriers n’avaient presque aucun bien. Tout ce que l’on trouvait dans leur chambre, c’était un mange-disque, » explique aujourd’hui Kamal Hamadi, auteur-compositeur et figure de la chanson algérienne en se remémorant les années 60 à Barbès. En hommage à ses minuscules appartements où s’entassaient les travailleurs algériens à leur arrivée en France, la star du raï Cheb Hasni a sorti une cassette intitulée Deux Pièces Cuisine sur le label Oriental Music, distribué alors au 66 du boulevard de La Chapelle.

Cheikha Remitti : Ya Nafrah

Véritable légende surnommée parfois « la mamie du raï », Cheikha Remitti a toujours brûlé la vie par les deux bouts, comme en témoigne son surnom datant de l’époque où elle chantait dans les bars et hurlait sans cesse au patron : « Remettez-moi un verre ! » À la fin de sa vie, lassée de se produire sans cesse à Paris, elle demandait à son manager de lui trouver des concerts un peu partout en France. Quand il n’y parvenait pas, ce dernier avait trouvé un stratagème redoutable. Il embarquait Cheikha Remitti dans sa voiture, faisait dix ou quinze fois le tour du périphérique pour enfin sortir à Saint-Ouen ou Aubervilliers. Souvent un peu éméchée, Remitti était alors persuadée d’être arrivée en province et faisait son concert en banlieue parisienne sans se rendre compte de rien.

Cheb Sahraoui : Ya Rabi Ya Sidi

Sortie en 1983 aux éditions La Voix Du Globe situées sur boulevard de la Chapelle puis sur celui de la Villette, cette cassette a été entièrement produite et enregistrée à Tlemcen par Rachid Baba Ahmed, dont on reconnaît la célèbre barbe sur la pochette et les synthétiseurs futuristes sur la bande audio. Sur cette même cassette, en duo avec son épouse la chanteuse Chaba Fadela, Cheb Sahraoui signe le morceau « N’sel Fik », premier succès international du raï.

Rachid Taha : Barbès 

S’il n’est pas uniquement raï à proprement parler, ce titre signé Rachid Taha et sorti en 1990 sur l’album Barbes rappelle en tout cas les grandes heures du boulevard de la Chapelle. Il suffit de jeter un œil à son clip pour y voir apparaitre les murs colorés des vendeurs de cassettes du quartier ou les trottoirs pleins à craquer si typiques des jours de marché à Barbès.

Pour tout connaître de l’histoire du raï à Barbès, rendez-vous dans le numéro 225 de Trax Magazine dédié spécialement à la thématique du Maghreb.

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