Pianity, ou comment célébrer “l’avènement des NFTs dans l’industrie musicale”

Écrit par Fouad Bencheman
Photo de couverture : ©DR
Le 20.10.2021, à 17h54
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Écrit par Fouad Bencheman
Photo de couverture : ©DR
Dans le cadre du Mama Festival, qui s’est tenu du 13 au 15 octobre dernier, la start-up Pianity a participé à deux tables rondes avec comme sujet principal “l’avènement des NFTs dans l’industrie musicale”. Des échanges instructifs qui permettent de mieux comprendre la révolution technologique qui est en train de transformer toute une industrie.

Au vu des nombreuses personnes assises par terre en tailleur, il valait mieux ne pas arriver en retard… Il faut dire que le sujet des NFTs passionne autant qu’il interpelle. Pour les plus profanes, rappelons brièvement de quoi nous parlons. D’abord né dans l’univers du jeu vidéo – puis rapidement adopté par le monde de l’art, du sport, puis de la musique – le NFT, pour “Non-Fungible Token”, est un actif numérique qui garantit l’unicité d’une œuvre. Cette dernière peut se présenter sous différentes formes (photo, chanson, GIF, meme, vidéo…). Un NFT est donc unique, infalsifiable, traçable et échangeable, en utilisant la cryptomonnaie, sur une blockchain. Si le NFT est considéré autant comme une révolution technologique, c’est parce qu’il crée de la rareté numérique comme l’explique avec pédagogie Isabelle Pereira, chef de projet innovation à la SACEM.

«  Le web s’est construit sur le principe fondamental du “pair-à-pair”. Intrinsèquement, un fichier numérique peut s’échanger et donc se copier indéfiniment. Si j’envoie par mail une photo en PJ, j’y ai toujours accès, tandis que mon destinataire aussi. Cette démultiplication est l’antonyme de la rareté. En acquérant un NFT, on possède la seule version d’une œuvre de tout le Web. À tout moment, chaque NFT est traçable, on sait qui le possède, combien il a été acheté et par quelles “mains” il est passé auparavant. Le NFT est comme un acte notarié de propriété, une sorte de certificat numérique d’authenticité. »

Reprendre le contrôle à l’ère de la toute-puissance du streaming 

Depuis un an, difficile de passer à côté de ce phénomène, tant certains chiffres affolants font la une des médias. Fin 2020, le marché global des NFTs pour les artistes digitaux atteignait les 250 millions de dollars, tandis que des artistes comme Steve Aoki ou encore Aphex Twin parvenaient à vendre des œuvres pour respectivement 800 000 et 128 000 dollars. Alors que l’industrie musicale est plus qu’exsangue au sortir de la crise du Covid, le NFT se présente comme une solution à de nombreux maux. Pour autant, cette révolution technologique n’a pas pour seule vocation à enrichir un peu plus des artistes vivants déjà, “convenablement”, de leurs productions.

Après le raz-de-marée du piratage, enclenchée au début des années 2000, l’industrie musicale a cru que le streaming serait une solution de secours acceptable. Or c’est loin d’être le cas comme le prouve aujourd’hui la réalité des chiffres que nous présente lors du talk, Kevin Primicerio cofondateur de la plateforme Pianity

« Pour qu’un artiste touche 100 euros de la part de Spotify, il doit générer 250 000 écoutes d’abonnés payants ou 1 million d’écoutes d’abonnés gratuits. Résultat, 90% des artistes gagnent moins de 1000 euros par an grâce à cette plateforme de streaming. »

Du coup, l’arrivée des NFTs s’apparente à une bouffée d’air frais pour les nombreux artistes indépendants hors de ces circuits de monétisation aux barrières à l’entrée monstrueuses. 

Un NFT musical, plusieurs modèles économiques possibles 

Que les artistes soient mieux rémunérés, directement par leur communauté de fans, afin de créer une valeur supplémentaire autour de leur production. Être moins dépendant du streaming tout en vivant mieux de leur passion. Voici, dans les grandes lignes, les promesses des NFTs. La plupart des plateformes de NFTs fonctionnent cependant selon un modèle spécifique. Imaginons qu’un mélomane acquiert un track d’un de ses DJ favoris, il possédera, jusqu’à ce qu’il revende son NFT, la primauté sur les droits d’auteurs de cette musique. Du coup, chaque année il percevra des “Royalties”, tandis que l’artiste ne touchera plus rien. D’autres plateformes ne vont pas jusqu’à une totale cession des droits d’auteurs et inclus dans le “smart contrat“, un contrat qui régit le fonctionnement du NFT, des clauses différentes. Par exemple, l’artiste peut accéder à une commission, allant de généralement de 2.5% à 10%, parfois plus, lors de chaque revente du NFT. Au final, c’est à l’artiste de choisir le mode de fonctionnement, et du coup la plateforme, qui s’approche le plus de sa philosophie créative.

Pianity, un modèle unique dans le monde des NFTs musicaux

La marketplace française Pianity propose une voie différente avec l’ambition d’apporter plus d’équité dans le monde des NFTs à la fois pour les artistes indépendants, mais aussi pour les fans et les collectionneurs. Sur Pianity, l’artiste conserve la totalité de la propriété et des droits sur son œuvre.  Du coup, la personne qui achète le NFT ne touche pas de “Royalties”, tandis que la création reste dans le même temps disponible partout : sur les plateformes de streaming, sur YouTube…

« Nous ne voulons pas déposséder l’artiste de ses revenus futurs sous prétexte qu’il engrange une somme suite à la vente d’une de ses créations en NFT. Pour nous un NFT,  c’est comme un vinyle numéroté. De son côté, l’artiste s’engage à ne proposer qu’un seul NFT de son œuvre qui sera exclusivement disponible sur Pianity . Ce fut le cas lors du MaMA, nous avons publié plusieurs séries de NFT d’artistes qui s’y produisaient ( Thérèse, Le Noiseur, James BKS, Ami Yerewolo, Alvin Chris.) Avec à chaque fois 1 édition unique aux enchères et une édition légendaire (10 copies), pour un total oscillant entre 3500 à 4000€ selon les artistes. », reprend Kevin Primicerio. 

Noémie Coissac – Thérèse

Ce positionnement unique est selon lui le meilleur moyen de créer une communauté décentralisée entre un artiste et sa base de fans. D’ailleurs, pour faciliter cette connexion, Pianity permet à tout un chacun d’acquérir un NFT en payant eu euros, là où toutes les autres plateformes passent par des échanges en cryptomonnaies. 

« Chez Pianity, nous voulons supprimer les barrières à l’entrée que ce soit d’un côté pour les labels et les artistes et de l’autre pour les fans. Le monde des NFT’s musicaux ne doit pas être le terrain de chasse exclusif des investisseurs technophiles », conclut-il.

Vous êtes artistes ?  Pour soumettre un projet et publier un NFT sur Pianity, il suffit de compléter ce formulaire. Vous êtes passionnés de musique et vous souhaitez vous lancer dans les l’achat de NFTs musicaux ? Rendez-vous surle site de Pianity. 

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