Ce jeune photographe capture “le côté brut et imparfait” de l’underground rave en Europe

Écrit par Jean Gueguen
Photo de couverture : ©Alex Verhalle
Le 13.12.2019, à 17h10
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©Alex Verhalle
Écrit par Jean Gueguen
Photo de couverture : ©Alex Verhalle
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Le 1er décembre, Alex Verhalle s’emparait du compte Instagram de Trax Magazine pour partager son univers noir et blanc au grain épais, brut, reflet de sa vision de la scène techno. Rencontre avec ce jeune photographe belge pour qui les soirées underground d’Europe n’ont plus de secret.

En Belge qui se respecte, Alex Verhalle découvre la techno au Dour Festival en 2015 et se prend vite de passion pour cet univers. Étudiant en photographie, il décide de combiner ses passions et se jette à l’eau en 2017, en se rendant dans l’un des monuments de la nuit belge, le Kompass, à Gand. Pour sa première soirée en club, il prend des photos pendant plus de 12 heures. Sa muse du soir : Amelie Lens, qui le remerciera pour la qualité de ses photos avant de le mettre en contact avec son agent, également gérant du Labyrinth Club à Hasselt. Alex aura ensuite l’occasion d’y travailler, peaufinant sa pratique encore amatrice et affirmant son style personnel, obscur, trouble : « la musique que j’écoute est assez sombre, comme la scène techno en général. Le noir et blanc permet selon moi de traduire le côté imparfait, brut, de cet univers », explique-t-il.

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Possession, Paris
©Alex Verhalle

Désireux de se professionnaliser, malgré les faibles budgets accordés aux photographes dans le milieu techno underground, il découvre et adopte en 2018 une nouvelle technique, le stop motion : de courtes vidéos montées à partir de centaines de photos qui s’enchaînent, évoquant la syncope des visions stroboscopiques caractéristiques de ces soirées. « C’était un moyen de me distinguer en tant que photographe et, peut-être, d’ouvrir de nouvelles voies. Quand je travaille sur une soirée, je prends entre 3 000 et 4 000 photos. Une fois toutes les photos retouchées, j’en fait un long film sur le logiciel Premiere et je commence le montage. Au final je garde seulement la moitié des photos. Les GIF que j’ai postés sur l’Instagram de Trax sont de courts extraits des versions finales ».

Avec cette nouvelle corde à son arc, Alex contacte des photographes de la scène techno ou des musiciens pour utiliser leurs morceaux dans ses vidéos. Curieux du procédé, l’un d’entre eux, le hollandais Remco Beekwilder, lui offre l’opportunité d’une première expérience en France. La soirée EXIL en septembre 2018 lui ouvre alors les portes de l’underground parisien. En dernière année à l’école de photographie, il décide de consacrer son projet de fin d’études à la scène techno européenne, et commence à arpenter les raves du vieux continent, avec une prédilection pour les événements les plus libres d’esprit : Rotterdam Rave, Awakenings à Amsterdam, Possession à Paris, Hex à Barcelone ou encore, KHIDI à Tbilissi.

« Quel que soit le pays, il y a parmi les ravers un esprit commun, une liberté, dans leur façon de s’habiller, de se comporter. Mon objectif est de montrer à ceux qui ne sont pas là ce qu’était vraiment la soirée, ou comment je l’ai vue en tout cas, de documenter la nuit au mieux. En me faufilant dans la foule, anonyme, presque invisible, avec mon appareil, je peux saisir les sensations qui accompagnent la techno, la liberté, la joie, le lâcher-prise… », conclut-il.

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