Paris : un syndicat de clubs dénonce la concurrence “déloyale” des warehouses au préfet de Police

Écrit par Gil Colinmaire
Le 07.01.2019, à 12h47
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Écrit par Gil Colinmaire
L’annulation les 15 et 16 septembre derniers, sur intervention de la police, de deux warehouses à Le Blanc-Mesnil avait marqué les esprits. Trax publie en exclusivité un courrier du SNEG & Co (Syndicat National des Entreprises Gaies & Co) envoyé deux mois plus tard au Préfet de Police de Paris Michel Delpuech, contre la concurrence “déloyale” de ces soirées, subie par les établissements nocturnes de la capitale. Un document révélateur des tensions entre les deux camps, qui introduit le dossier central du dernier numéro, consacré aux nouveaux enjeux des nuits festives.


Il aura suffi de deux warehouses organisées par les collectifs Fée Croquer et Possession, et annulées par la police en l’espace d’un week-end, les 15 et 16 septembre derniers, pour que le débat (et les tensions) entre clubs et organisateurs de soirées techno sans lieu attitré – et souvent à la limite de la légalité – soit relancé.

Les organisateurs de ces événements alternatifs avaient donné leur point de vue à Trax dans une tribune collective, publiée quelques jours après les faits. Le magazine partage désormais en exclusivité le courrier du SNEG & Co – organisation professionnelle regroupant des exploitants d’établissements nocturnes – envoyé le 9 novembre 2018 au Préfet de Police Michel Delpuech. Le document, à découvrir en fin d’article, dénonce notamment le problème de concurrence déloyale subi par les adhérents du SNEG face à ces « nuits parallèles » et permissives, caractérisées par de multiples « irrégularités et infractions » tant au niveau sécuritaire (« hyper alcoolisation, consommation et trafic de stupéfiants, non-respect de l’interdiction de fumer… ») qu’au niveau financier (« travail dissimulé, absence de contrat SACEM et SPRE, billetterie en espèces… »). 

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Pointant du doigt au passage les accusations dont ils sont victimes vis-à-vis d’un prétendu laisser-aller sur l’introduction de substances illicites dans leurs établissements, les adhérents du SNEG rappellent leurs efforts – mais aussi les limitations imposées par « la réglementation du CNAPS » (Conseil National des Activités Privées de Sécurité) – quant à la gestion du phénomène, « la fouille au corps leur étant interdite ». Une problématique leur permettant d’appuyer leurs demandes concernant les warehouses, bien souvent exempts de ces contrôles.


Dans l’enquête Fêtes en warehouse : Le grand flou, de son numéro de décembre – janvier (#217, toujours disponible en kiosques) consacré aux dessous du business de la nuit, Trax donnait à nouveau la parole aux collectifs incriminés. Nombre d’entre eux tentent d’établir un dialogue avec les établissements sus-cités et les autorités. Mathilda Meerschart, cofondatrice de Possession, affirmait à ce sujet : « Je ne rêve que d’une chose : qu’on se mette tous autour d’une table avec les représentants des pouvoirs publics, les patrons de clubs, les collectifs, et qu’on construise un truc cool ensemble ». Les difficultés des clubs à faire face à la concurrence, la spéculation des agences de booking ou encore les cachets des DJ’s sont une partie des sujets évoqués dans ce numérodisponible sur le store de Trax et en kiosques.

Le courrier complet du SNEG & Co est disponible ci-dessous :

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