Luttes LGBTQIA+ et engagement sur Internet : qu’est ce que le militantisme 2.0 ?

Écrit par Trax Magazine
Le 06.11.2020, à 13h22
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Jeudi 29 octobre, pour célébrer l’ouverture de la nouvelle boutique Dr. Martens à Paris, Trax s’est entouré d’activistes, artistes, et DJs pour penser le militantisme et l’inclusivité de demain. Compte rendu d’une soirée engagée diffusée en live stream, quelques heures avant le reconfinement.

C’est dans le Marais, quartier emblématique des nuits LGBTQIA+, que s’est déroulé jeudi 29 octobre l’inauguration de la toute nouvelle boutique Dr. Martens, au 6 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie. Au menu de cette soirée survenue quelques heures avant le reconfinement, des talks, des DJs et bien sûr, des shoes. Covid-19 oblige, cette réunion des figures militantes et musicales de demain a été diffusée en live stream sur la page Facebook de Trax et a été entièrement traduite en langue des signes (merci à Eve Caristan et Marine Masson !).

Instagram, ce Che Guevara de salon

Pour animer cet évènement divisé en deux talks et un DJ set, l’auteure du livre Je ne suis pas parisienne Alice Pfeiffer a donc accueilli pour la première partie le.la danseur.euse Habibitch, Elise Goldfarb et Julia Layani, le duo créatif. Ensemble, iels se sont questionné.e.s sur les limites du militantisme sur les réseaux sociaux.

Dans quelle mesure poster un carré de couleur signifie s’engager ? En quoi Instagram peut-il être un outil de révolution limité ? Pour répondre, Elise Goldfarb est revenue sur les nombreux posts à fond bleu dont Instagram s’est paré au printemps dernier pour soutenir la cause des Ouïghours : « Raphael Glucksman, qui est à l’origine de cette lutte, n’avait même pas prévu que les gens postent un carré bleu. Mais bon, en temps de pandémie, quand les mobilisations ne sont pas possibles, il est intéressant d’interpeller le gouvernement par son feed. Mais après ça, que pouvons nous faire ? » Pour Habibitch, « ce militantisme 2.0, on le voit surgir depuis quelques années mais il n’est pas suffisant. Si on veut voir les choses changer, il faut s’engager », expliquait-t-iel. « Sinon ça veut juste dire que l’on performe un engagement sans rien faire derrière. »

La musique, une scène queer ?

Lors du 2ème talk, Alice Pfeiffer a demandé aux DJs Vikken et Leslie Barbara Butch ainsi qu’à Vincent Frédéric Colombo des soirées La Créole de nous parler des luttes queer dans l’industrie de la musique. Récemment devenue la queen des soirées sur Zoom, Barbara Butch témoignait notamment des situations grossophobes qu’elle peut vivre en tant que DJ : « Il arrive que la cabine de DJ soit faite vraiment pour des personnes minces. Et en ce qui concerne le milieu de la mode, je sens que les marques ne sont pas encore prêtes à travailler avec des militant.e.s. Elles soutiennent mais d’une manière un peu fétiche. Comme si les luttes LGBTQIA+ étaient une case à cocher, mais pas plus. » Vincent, contacté après la soirée, revient sur les échanges : « les soirées queers on beaucoup aidé a l’avènement des libertés et notre place dans la société. Les carcans hétéros normatifs mainstream bougent eux aussi grâce aux cultures alternatives. La fête fédère plus que des grands discours et la problématique n’est pas uniquement “vie Hétéro vs LGBTQIA+, c’est bien plus complexe que cela. »

La soirée s’est enfin terminée sur le DJ set de la “diseuse de zouk” Kléopatra Divine. De quoi écrire un nouveau chapitre sur les murs du 6, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, où se situait l’ancienne libraire LGBTQIA+ “Les mots à la Bouche”. On vous laisse avec quelques photos et l’espoir que les luttes queer continueront de trouver des espaces d’expression.

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