À voir : Une artiste brésilienne met en scène nouvelle pièce mêlant porno, théâtre et conférence

Écrit par Cécile Giraud
Photo de couverture : ©André Cherri
Le 30.09.2022, à 15h35
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©André Cherri
Écrit par Cécile Giraud
Photo de couverture : ©André Cherri
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Les 18 et 19 octobre, Le Carreau du Temple présente la performance de Janaina Leite, Stabat Mater. Entre pornographie, pièce de théâtre et conférence, l’artiste brésilienne invite les plus de 18 ans à questionner les carcans traditionnels de la figure de la mère, de la vierge et de la prostituée.

Cet automne, l’underground brésilien pénètre les remparts de Paris. Les 18 et 19 octobre, la metteuse en scène, actrice, chercheuse et dramaturge Janaina Leite prend possession du Carreau du Temple pour sa performance Stabat Mater. À la croisée de la pornographie et du talk, la pièce dénonciatrice présentée en 2019 à la Mostra Internacional de Sao Paulo (MIT-SP) met en scène trois personnages au cœur de ce haut lieu parisien de la danse, de l’échange et de la réflexion.

Il y a d’abord Janaina Leite « la fille », qui organise un casting avec des professionnel·les de la pornographie, et à qui elle demande : « Accepteriez-vous de jouer dans une scène de sexe avec moi dirigée par ma mère ? ». Puis il y Amalia Fontes Leite, sa « vraie » mère, et enfin un acteur pornographique. Alors qu’une vidéo est projetée dans le fond de la scène, un triangle incestueux se forme pour questionner les inconciliables : maternité et érotisme, force et fragilité, douceur et brutalité.

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Dès lors, la pornographie devient un art du spectacle en remontant le fil historique de Marie et de Jésus. Stabat Mater évoque ainsi la douleur d’une mère face à l’agonie de son enfant. Le licencieux devient alors jeu pour cette pièce inspirée d’un article de Julia Kristeva, psychologue et psychanalyse. On y lit que Marie, une femme ayant donné naissance « sans plaisir et sans péché » est devenue le prototype occidental du féminin : entre la sainteté et la déchéance. Du rationnel au rêve, du réel au mythique… deux références fondamentales offrent donc la base esthétique de la performance : la terreur et la pornographie. L’intime et le politique sont là, peu farouches et divinement ostentatoires.

Spectacle en portugais, sous titré en français. Toutes les informations et la billetterie sont à retrouver sur le site internet du Carreau du Temple.

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