Paris : le Cabaret décadent dynamite les arts du cirque dans un spectacle punk et futuriste

Écrit par Jean Gueguen
Photo de couverture : ©Mylène Brizard
Le 24.02.2020, à 12h32
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©Mylène Brizard
Écrit par Jean Gueguen
Photo de couverture : ©Mylène Brizard
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Le Cabaret décadent reprend ses quartiers au Cirque électrique de Paris du 12 février au 28 mars. Un spectacle de variétés post-moderne, post-punk, voire « post-futuriste », où les performances débridées s’enchaînent à mille à l’heure avec une énergie rock’n’roll rafraîchissante à souhait. Trax Magazine a assisté à la première et vous raconte.

Du 12 février au 28 mars, le Cabaret décadent revient au Cirque électrique dans le 20ème arrondissement de Paris pour célébrer les 25 ans de cette noble institution qui s’attache à dynamiter les arts du cirque en y insufflant une énergie punk, burlesque et queer. Invité à la première, Trax Magazine a eu le plaisir de se plonger dans cet univers farfelu où le corps des performeu·r· se· s est tout entier au service d’un spectacle jouissif au possible.

Cirque décadent
©Mylène Brizard

Le rideau se lève pour découvrir le monde merveilleux tapi derrière. Dans ce chapiteau cosy où des tables sont dressées pour se restaurer avant le spectacle, on est d’abord surpris par un ensemble d’instruments de musique installés au-dessus du bar. Un immense piano à queue déborde même du plateau et tient en équilibre, un pied posé sur un pilier attenant. Pour le moment, le public fait des allers-retours au bar ou déguste attablé les plats composés par l’équipe du Saint-Saveur de l’île d’Yeu. Des serveu·r·se·s habillé·e·s de façon excentrique s’affairent dans la salle. Rapidement, on comprend qu’il s’agit en fait des artistes qui entreprendront ensuite leurs numéros virtuoses.

Le spectacle commence. Les lumières s’estompent dans la salle. Tandis qu’une partie du public s’est assise dans la tribune de gauche, certains spectateurs restent à leur table, sirotant leur ballon de rouge, dans l’esprit du cabaret. Les musiciens investissent le plateau surplombant le bar. Ils ne le quitteront que pendant l’entracte, offrant une bande-son rock’n’roll à tout le spectacle. 

Des rideaux s’ouvrent dans la partie droite du chapiteau, dévoilant une petite alcôve où se niche un canapé. Lascivement installé, le maître de cérémonie prend la parole. On ne peut plus queer, Otomo de Manuel arbore une perruque blonde de midinette, des grandes lunettes de soleil, il est presque nu sous ses bas résille, et perché sur des cothurnes à talon qui lui donnent des proportions gigantesques. Il vous apostrophe d’un « Ladies and gentlemen and bitches and freaks and queers in the house » et introduit la revue [nom donné aux spectacles à numéros dans le domaine du théâtre et du music-hall, ndlr.] de cette année, dont le thème est la RAGE. La soirée qui débute ne sera pas comme les autres.

Cabaret décadent
©Mylène Brizard

Cette impression se confirme tout au long du spectacle, une suite de numéros haletants mêlant les arts du cirque à la tradition burlesque du cabaret, au rythme d’une bande-son allumée. Danse, corde, trapèze, pole dance, exercices d’équilibrisme, de fakir, d’avaleurs de sabres, final pyrotechnique : les artistes, qui s’invitent parfois même à votre table, mettent leur corps à l’épreuve de la douleur et du risque, souvent mortel, pour le bien du spectacle, pour ébahir, terrifier ou faire rire. Le spectacle achevé, les musiciens font retentir une dernière zizanie sonore et invitent les spectateurs à envahir la piste pour un dernier moment de folie collective.

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©Mylène Brizard

Le Cabaret décadent fait son numéro au Cirque électrique jusqu’au 28 mars 2020, tous les soirs du mercredi au samedi.

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