Qui est C.H.I.C.H.I., l’homme de la nuit nantaise à l’origine de l’iconique festival Paco Tyson ?

Écrit par Jean Gueguen
Photo de couverture : ©David Boschet
Le 10.12.2019, à 17h51
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©David Boschet
Écrit par Jean Gueguen
Photo de couverture : ©David Boschet
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Le site de la Chantrerie de Nantes accueillera la quatrième édition du festival Paco Tyson du 9 au 12 avril prochain. C’est l’occasion pour Trax Magazine de rencontrer Julien Laffeach, alias C.H.I.C.H.I., l’un des acteurs à l’origine de cet événement emblématique de la nuit nantaise.

A l’Ouest, ça bouge, rien de nouveau. Le festival nantais Paco Tyson dévoile les premiers noms de sa quatrième édition en même temps que son retour triomphal sur le site de la Chantrerie, qui avait accueilli ses deux premières éditions. Rencontre avec Julien Laffeach, alias C.H.I.C.H.I., roi de la nuit nantaise et instigateur de ce festival désormais phare du paysage électronique français.

Pouvez-vous nous parler de vos débuts dans la musique électronique ?

C’était avec l’association DÉVIATIONS SONORES en 2005, pour la première soirée Suck My Beat. L’année d’après, on investissait L’Olympic de Nantes, où je mixais pour la première fois en salle. À cette époque, j’ai rencontré Raphaël, qui allait lancer plus tard, en 2011, le label FRAGIL MUSIQUE. J’ai participé à ses soirées comme DJ et organisateur. C’est là que j’ai commencé à me dire que c’est ce que je voulais faire de ma vie.

Vous avez ensuite profité d’une expérience à l’étranger…

J’ai vécu à Barcelone entre 2006 et 2014. J’étais dans un petit crew, Monkey Bar, qui organisait des soirées dans des clubs, sur des rooftops, des off du Sonar. J’y ai rencontré pas mal de gens en faisant la fête, plein de Français qui allaient se professionnaliser ensuite, T.O.M du Made Festival, Molly du Rex, Varoslav, Paul Ritch à Ibiza… Il y a une grande histoire de réseau dans ce milieu. Il faut savoir être patient, rencontrer les gens au fil des soirées sans lâcher l’affaire pour espérer faire partie du paysage électronique.

Ce que vous avez fini par réussir à faire…

J’ai passé le cap en 2014. Concrete commençait à exploser, il y avait vraiment une effervescence en France, pour les artistes comme pour les clubs. J’avais un coup à jouer sur Nantes. C’est le moment où tu passes de “est-ce que je vais le faire ?” à “action !”. Je suis remonté en France pour monter une société de production, Illmatic. De 2014 à 2017, un vendredi par mois, j’invitais des artistes house to techno au CO2. À l’époque, il n’y avait pas autant de propositions. C’était une espèce d’âge d’or nantais, dès qu’il y avait une bonne prog, tu avais 3 000 personnes intéressées sur Facebook. Je me suis alors rendu compte que c’était possible d’en vivre, difficilement, mais que c’était jouable. La finalité ultime était de créer un festival. 

C’est à ce moment que vous avez rencontré Nicolas Viande, avec qui vous avez créé Paco Tyson ?

Je le connaissais avant. C’est le boss de Sweat Lodge, des soirées sous chapiteau à Nantes et Rennes qui existent depuis une quinzaine d’années. À une teuf au Stereolux, on a décidé de se lancer. À Nantes, il y a le festival Scopitone en septembre, qui représente bien la ville. Mais on voulait organiser un festival avec la scène nantaise bouillonnante. L’idée était de mettre en avant des locaux, des artistes nationaux et internationaux, et de représenter toutes les musiques électroniques à un moment où, en 2016-2017, les musiques extrêmes n’étaient pas aussi valorisées qu’aujourd’hui. On voulait mélanger les univers et les publics, pour satisfaire tous les goûts et nourrir les curiosités. Aujourd’hui, le public jeune écoute de tout, c’est peut-être moins cloisonné qu’il y a quelques années.

Comment se porte la nuit nantaise aujourd’hui ?

Très bien ! Avec le Warehouse en nouvelle tête de proue, des soirées tous les week-ends, de la house, de la techno, du hip-hop, du hardcore, de la trance, des artistes de renom qui attirent un public large. À côté de ça, il y a le Macadam, sur une esthétique plus underground, et finalement complémentaire. Au Hangar à bananes, c’est la fête dans les différents bars de nuit, au D3 très hip-hop et house, le Ferrailleur qui a une esthétique metal mais aussi DJs, le Rond Point, ça bouge !

Vous vous voyez continuer longtemps dans l’organisation d’événements ?

Dans l’orga, tu peux très bien cartonner un jour et tout perdre la fois d’après, tu es toujours sous tension. Mais au bout d’un moment, le public commence à avoir confiance en ce que tu proposes et on te suit. À l’origine, j’étais commercial, j’aurais pu finir vendeur de raviolis dans les supermarchés, ou chez Apple où j’ai été chef d’équipe à un moment. Mais j’avais tellement ça en tête que c’était hors de question que je ne tente pas ma chance, j’aurais été frustré toute ma vie. Maintenant que ça fonctionne, je me dis qu’il n’y avait rien d’autre. C’est ce qui me fait kiffer depuis toujours.

Quelques mots sur la programmation de la prochaine édition de Paco Tyson ?

Cette année, on prévoit moins de headliners pour mettre davantage dans la scéno et l’accueil, pour une belle expérience de festival. Il y aura pas mal de hip-hop sur la scène Red Bull, King Doudou ou le Rennais Reta par exemple. En trance, il y aura Astrix, un gros boss de la scène psytrance israélienne. Et puis Wakké, notre programmateur et résident de la scène trance/hardcore, a dégoté le crew hollandais rotterdam terror corps, du gros gabber avec un mec à la prod, un mec qui chante, un DJ, un toaster et un show un peu sexy avec des danseuses cracheuses de feu, quelque chose qu’on ne voit pas tous les jours dans les festivals. La deuxième partie de la prog sort le 6 janvier, on en a encore sous le pied !

La quatrième édition du festival Paco Tyson se tiendra à Nantes du 9 au 12 avril 2020. En plus du site de la Chantrerie les 10 et 11, où trois chapiteaux et un boom-bus Red Bull accueilleront des artistes comme CJ Bolland, Octo Octa, Anetha, Colin Benders, DJ Hype ou DJ Marcelle, un before est prévu au Lieu Unique le 9 et un closing au Warehouse le 12. Les premiers pass sont d’ores et déjà disponibles. La billetterie ainsi que le reste des informations sont disponibles sur le site Internet de Paco Tyson.

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