On a testé une soirée techno (ultra) bling-bling dans un hôtel de luxe de Dubaï

Écrit par Trax Magazine
Le 21.06.2019, à 16h19
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La cité-État de Dubaï, deuxième ville des Émirats arabes unis, ne cache pas son intention de devenir l’un des hauts lieux du tourisme international. La capitale Abou Dabi singe le Louvre parisien mais c’est l’île blanche que lorgnent les Dubaïotes du Blue Marlin Ibiza, un club en plein air au bord de la plage où jouaient fin mars 2018 Kristian Beyer, moitié d’Âme, et Stephan Bodzin. L’occasion d’un aller-retour au cœur d’une mégalopole de gratte-ciel, de chantiers et de fêtes.

Cet article a initialement été publié dans le n°211 de Trax Magazine, disponible sur le store en ligne.

Par Lucas Javelle

A Dubaï, tout est grand. De l’A380 pour s’y rendre aux gratte-ciel interminables, et surtout les rues, qui s’apparentent davantage à des autoroutes de ville. D’ailleurs, la limite de vitesse en centre-ville avoisine les 100 km/h. Les premiers instants à parcourir la métropole laissent une impression morose : cette ville semble mort-née. Une première moitié est trop grande pour être complètement habitée, l’autre est cernée par des constructions, grues et échafaudages pour tout horizon. Je n’ai pas souvenir d’avoir rencontré un seul Dubaïote dans la ville pendant mon séjour. Un aller-retour Paris-Dubaï, dans le seul le but d’aller voir jouer Stephan Bodzin et Kristian Beyer, moitié de Âme, sur une des plages de l’émirat.

L’ambiance de luxe s’efface, au plus grand bonheur des convives

Mon chauffeur, affrété par le club pour m’amener depuis l’aéroport à l’hôtel, s’appelle Bhong. Originaire d’Asie du Sud-Est, il connaît Dubaï sur le bout des doigts après plusieurs années passées à y travailler. Avec deux heures de sommeil dans le crâne, je n’ose pas demander une visite guidée de la ville. Direction l’hôtel, 24e étage. Sur le chemin, d’innombrables bâtiments filent à toute allure sur la large « avenue » Sheikh Zayed Road. De Dubaï, la ville, je ne verrai finalement que ça, cette longue route qui relie la ville à Abou Dabi, la capitale des Émirats arabes unis. Arrivé à destination, la chambre d’hôtel offre une splendide vue… sur le bâtiment d’en face. Là, bercé par le doux bruit de la climatisation – la température extérieure est de 32 °C – un peu de repos s’impose, en priant à poings fermés pour ne pas attraper la crève.



« Demain, on fait la fête ! » Jessica, la jeune Libanaise pleine de vie également invitée, avait en partie tort. Car au restaurant Bagatelle, situé dans le bâtiment de l’hôtel Fairmont, on s’amuse déjà pas mal. Après le dîner, fait d’une succulente cuisine française, en compagnie de l’équipe du club Blue Marlin où se produiront les DJ’s le lendemain, l’enchaînement de rap américain, pop et EDM sur fond de jeux de lumière finit par occuper tout l’espace. Chacun se lève et danse sur tout ce qui compte de tables, chaises et banquettes du restaurant. L’ambiance de luxe s’efface, au plus grand bonheur des convives qui lèvent leur verre en hurlant les quelques paroles de Rise Up d’Yves LaRock : « My dream, is to fly, over the rainbow, so high ! » L’arrivée en fanfare des serveurs, bougies fontaines à la main, me persuade qu’il est désormais l’heure de quitter ce qu’il reste de la tablée.

Mon désormais fidèle compagnon de route Bhong est là, le lendemain, pour me cueillir au pied de l’hôtel. Le Blue Marlin est situé à 45 minutes du centre de Dubaï, près d’Abou Dabi. Le trajet suit une ligne on ne peut plus droite vers le sud du Qatar, l’occasion d’en apprendre un peu plus sur cette étrange ville du désert qu’est Dubaï. Celle-ci est divisée à la manière de pôles, de zones thématiques. Il y a ainsi le Dubai Internet City, Dubai HealthCare City, Dubai Sports City… N’y aurait-il pas par hasard une Dubai Techno City ? À cette question, mon acolyte Bhong reste muet.

La foule affole les serveurs qui courent dans tous les sens


« Vous voulez des shots ? » Jessica a décidément le sens de l’hospitalité, et le cadre édénique qui entoure le club n’est pas pour pousser à la modération. Le Blue Marlin se présente sous la forme d’une immense terrasse qui s’étend vers une plage privée. Palmiers, transats, grands matelas blancs et sable fin, un vrai décor de vacances sur le littoral d’Ibiza. Au bord de l’eau, Arnaud, le manager du lieu, m’apprend que la population dubaïote comprend près de 6 % de Français, séduits, comme la plupart du staff du restaurant Bagatelle la veille, par l’attractivité économique de la ville émiratie.

Sur la piste, au milieu de la terrasse, l’après-midi démarre sous les percussions afro-house et une tech-house en parfaite adéquation avec le décor. Mais c’est la techno de Kristian Beyer qui accompagne enfin le Blue Marlin vers la nuit. L’endroit s’est peu à peu rempli, et, alors que les kicks du DJ allemand résonnent, la foule s’excite, sursaute à chaque drop, affole les serveurs qui courent désormais dans tous les sens. Une vraie ambiance de festival dans un cadre de luxe. Plus tard, Stephan Bodzin, armé de son fidèle Moog, fera rugir le public pour un live électrique. Du haut de la terrasse, on ne voit qu’une nuée de têtes qui se balancent, plongées dans des jeux de lumière rouge. Une transe légère collective émane des corps. Voici Dubaï conquise par la techno.

« Mais ici, c’est exceptionnel, maintenant, le sound-system est super et les gens bouillants. J’adore jouer dans cet endroit ! »


La musique s’arrête à 23 heures. « Pas par obligation, mais par choix, m’explique Arnaud. Pour éviter les mecs trop bourrés et ce que ça peut engendrer. » Après son set, terminé d’une main de maître, Stephan Bodzin s’empresse de quitter les lieux, tandis que les techniciens démontent tout. Kristian Beyer, lui, est toujours dans le booth. Il est seul, un verre à la main, un large sourire collé aux lèvres. Le DJ est saoûl. Quelques heures plus tôt, l’Allemand me confiait que c’était loin d’être sa première fois à Dubaï. Depuis dix ans déjà, lui et Frank Wiedemann – l’autre moitié d’ Âme – arpentent occasionnellement les clubs de la ville. « Mais ici, c’est exceptionnel, marmonne-t-il maintenant, le sound-system est super et les gens bouillants. J’adore jouer dans cet endroit ! » Avant de lâcher la seule phrase qu’il connaît en français : « Une vache qui pisse dans un tonneau, c’est rigolo mais c’est salaud. » Je reste sans voix. Au réveil, un déjeuner nous attend au Burger & Lobster. Au détour d’une bouchée de burger au homard, on échange sur nos DJ’s préférés. Un flot de headliners surgit des expatriés attablés. Jamie Jones, Adam Beyer, Solomun, Adriatique… Dubaï n’est pas encore une terre de techno pointue, mais l’ambiance ressentie la veille offre un bel espoir.

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