On a testé les soirées Drama, ces sex parties militantes

Écrit par Simon Clair
Le 16.09.2019, à 14h47
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©Safia Bahmed-Schwartz
Écrit par Simon Clair
En offrant aux femmes cisgenres et aux personnes trans un espace où explorer pleinement leurs sexualités loin des rapports binaires “hommes-femmes”, les soirées Drama soufflent un vent nouveau dans le monde du libertinage parisien.

Si depuis une petite dizaine d’années, la nuit parisienne semble avoir repris des couleurs et propose désormais une offre de soirées qui n’a pas à pâlir à côté des autres capitales européennes, le monde des clubs libertins est de son côté en chute libre. Au fil des années, nombreux sont en effet celles et ceux qui ont fini par déserter le milieu libertin où les prix sont souvent terriblement élevés, autour de 110 euros la soirée pour un homme seul et 70 euros pour un couple. À ces tarifs, beaucoup préfèrent en effet organiser des soirées privées. C’est dans ce contexte que sont nées à Paris les soirées Drama, des sex parties dont le but est de trancher avec le modèle du libertinage à la papa dans lequel beaucoup ne se retrouvent plus. « Ce n’est pas juste une soirée cul, c’est aussi un moment pour porter une certaine idée de la sexualité, inclusive et safe », explique Elsa, l’une des organisatrices de ces événements qui ont parfois lieu dans des clubs libertins, mais qui en détournent les codes habituels pour mieux les réinterpréter. 

Les soirées Drama ont en effet une particularité importante : elles sont « en mixité choisie ». Il faut comprendre par là que n’y sont invitées que les femmes cisgenres (dont le genre est en accord avec celui qu’on leur a assigné à la naissance) ainsi que les femmes et hommes trans. On ne trouvera donc aucun homme cisgenre aux soirées Drama, puisque l’idée est justement de créer un espace où il est possible de se soustraire à leur regard, de ne pas être jugé sur une tenue vestimentaire et surtout de ne ressentir aucune forme d’oppression de leur part. Si la porte de ces soirées n’est pas ouverte à tout le monde, c’est donc pour éviter la violence des rapports hommes-femmes et permettre à chacun et chacune des participants de ces sex parties d’exprimer leurs désirs sans crainte d’être jugés.

Mais au-delà de leur prix d’entrée tout à fait raisonnable (10 euros avec des possibilités de gratuité pour les plus précaires) et de leur sélection à l’entrée, les soirées Drama se distinguent aussi par l’importance toute particulière qu’elles accordent à la notion de consentement. On y enjoint en effet les participants à essayer de comprendre les sentiments, les ressentis et les envies de leurs partenaires, mais aussi et surtout à verbaliser leurs désirs pour éviter toutes formes de non-dits ou d’ambiguïté. Il en résulte donc des soirées libertines en forme de laboratoires où se construisent les rapports à la séduction de demain.

Dans son numéro 224Trax Magazine revient en détail sur le déroulé de ces événements si singuliers lors d’un reportage embarqué au milieu d’une soirée Drama, où l’on découvre les coulisses de ces sex parties, leurs participants et surtout leur atmosphère à la fois bienveillante et sexy.

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