Nuits sonores 2019 : Lyon a une fois de plus accueilli le meilleur de la scène électronique internationale

Écrit par Simon Clair
Le 17.06.2019, à 17h24
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Écrit par Simon Clair
Pour son édition 2019, le festival Nuits sonores a pris des airs de véritable tour du monde, donnant à voir un mélange constant d’influences et de cultures, toutes réunies à Lyon pour l’occasion. De jour comme de nuit, retour sur plusieurs jours de fêtes, de synthétiseurs et de tambours ougandais.

D’ici, on peut presque voir la Saône plonger dans le Rhône. C’est ce qui a poussé la ville de Lyon à baptiser le secteur du joli nom de « La Confluence ». Mais une fois perché en haut de La Sucrière – cette ancienne usine de sucre aux trois immenses silos posés en plein milieu des docks – c’est surtout les marées humaines que l’on voit s’agiter à nos pieds. Comme chaque année, c’est ici que se tenait en effet une partie de la programmation du festival Nuits sonores, rendez-vous annuel absolument immanquable pour les amoureux des musiques électroniques. Du 28 mai au 2 juin, Lyon a donc vu défiler ce qui se fait de mieux dans le domaine, que ce soit à la Sucrière, dans les halles des anciennes usines Fagor-Brandt ou dans beaucoup d’autres lieux situés un peu partout dans la ville.

Dès le jeudi, la sensation Peggy Gou a par exemple laissé une forte impression à ceux qui ont pu assister à son DJ set compact et fiévreux, en plein milieu de la salle 1930 de La Sucrière, dans une ambiance moite quasi tropicale. Dans la journée, la Coréenne avait aussi joué un rôle de curatrice en faisant venir des invités de marque comme Glenn Underground, Ben UFO ou The Mauskovic Dance Band. Ce goût du mélange – autant dans les genres musicaux que dans les artistes convoqués – s’est aussi retrouvé dans la programmation nocturne. En effet, le troisième soir du festival, l’idée de confluence était une nouvelle fois à l’honneur avec des artistes originaires de Palestine (Sama’), des Pays-Bas (De Dupe), d’Italie (Rago & Farina), du Brésil (Barbara Boeing), d’Allemagne (Marcel Dettmann), du Canada (Richie Hawtin), d’Angleterre (Nitzer Ebb), des États-Unis (Curses) et bien sûr de France avec un Laurent Garnier déchaîné qui s’est appliqué à clôturer la nuit d’un DJ set musclé et sans concession.

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Le lendemain, les rencontres se déroulaient tout particulièrement sur le plan musical. Le meilleur exemple est sans doute la collaboration dans la halle 2 en milieu de soirée entre le pionnier techno Jeff Mills et le batteur légende de l’afrobeat Tony Allen. Dans un grand mélange de boucles électroniques et de roulements de caisse claire, le duo a livré l’une des plus belles performances de Nuits sonores, juste avant le show impressionnant d’un autre groupe extrêmement attendu : Nihiloxica. Mêlant tambours traditionnels et nappes synthétiques, musiciens ougandais et producteurs anglais, le groupe originaire de Kampala a pris d’assaut la scène avec une techno organique et puissante qui a laissé le public sous le choc. Une preuve de plus que le croisement des cultures et des musiques a toujours été une source inépuisable de nouveauté, de créativité et de renouvellement esthétique et culturel.

En repartant des halles, alors que les lumières se rallument dans les anciennes usines Fagor-Brandt et que le petit matin pointe son nez sur Lyon, difficile de ne pas se dire que Nuits sonores a tout compris. Le temps de quelques jours, sur le dancefloor, le festival aura réussi à conjuguer les sensibilités et à accorder les différences autour des musiques électroniques et des valeurs qu’elles portent. Ce n’est pas rien. Si en 2019, certains s’acharnent encore à construire des murs, aux Nuits sonores, on préfère bâtir des ponts.

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