Nicolas Jaar et Dave Harrington font renaître le duo Darkside de ses cendres avec “Spiral”

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Jed DeMoss
Le 21.07.2021, à 17h31
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Mise en pause depuis 2014, la collaboration entre Nicolas Jaar et Dave Harrington reprend du service pour Spiral, un deuxième album aux influences versatiles et voyageuses. Avec les guitares et l’électronique, ils bâtissent un univers sonore où se croisent le psychédélisme sixties, les influences touaregs et la base blues si chère à leur cœur.

Par Brice Miclet

Lorsque Nicolas Jaar et Dave Harrington ont fondé leur duo Darkside, il s’agissait pour les deux musiciens de s’épanouir dans des contrées musicales autres que celles qu’ils exploraient alors. C’était il y a dix ans déjà. Leur premier album, Psychic, sorti en 2013, annonçait déjà la couleur. Ou plutôt les couleurs. Electronica, folk, blues étaient passés à la moulinette des influences et des aspirations, de l’expérimentation et du besoin viscéral de composer des chansons, de dire des choses concrètes, de dépeindre des images. Chacun a ensuite tracé sa route, se croisant parfois, collaborant ponctuellement pour finalement se retrouver autour de ce magnifique Spiral, qui reprend l’histoire là où les deux amis l’avaient laissée.

Car il s’agit bien du même paradigme musical. Imprégné des sonorités new age sixties modernisées, ce deuxième album ressemble à une longue digression intérieure. Porté par les guitares, qu’elles soient folks sur le pénétrant “The Question Is To See It All” ou électrique et psychédéliques sur “Only Young”, voici donc un album passant par des états naturalistes sur le single “Liberty Bell” ou profondément électroniques sur “Narrow Road”. Nicolas Jaar et Dave Harrington n’ont pas à choisir entre leurs aspérités : ils les marient, les manipulent et les modulent pour exprimer une musique unique.

Tout cela semble naturel pour eux. D’ailleurs, la plupart des titres de l’album ont été composés et enregistrés en octobre 2018 lorsque les deux protagonistes se sont isolés dans une petite maison du New Jersey, à Flemington. En une semaine, et à raison d’une chanson par jour, ils ont posé les bases de leur nouvelle musique, instinctivement. Mais si Spiral brille tant, c’est aussi parce qu’il puise ses inspirations sur d’autres continents. Comme avec “Lawmaker”, morceau qui plonge l’auditeur dans un monde naissant où se côtoieraient le blues touareg et celui des grands espaces américains. Il fait voyager en Inde et dans le monde arabe grâce à l’attrait des deux musiciens pour les mélodies faites de demi-tons et de dissonances. Il prend aux tripes et appelle à la contemplation. Il faut bien cela pour en mesurer toute la beauté.

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