Le mouvement #MusicToo a reçu plus de 300 témoignages de violences sexistes et sexuelles

Écrit par Flora Santo
Photo de couverture : ©D.R
Le 02.10.2020, à 14h11
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Écrit par Flora Santo
Photo de couverture : ©D.R
Sur la trace des mouvements de dénonciation des violences sexistes et sexuelles tels que #MeToo et #BalanceTonPorc, #MusicTooFrance récolte depuis le 18 juillet des témoignages issus de l’industrie musicale. En deux mois, plus de 300 témoignages ont été récoltés et vont désormais être analysés.

La parole se libère dans le monde de la musique : avec des vagues d’accusation à l’encontre de Derrick May, du défunt Erick Morrilo, de Moha La Squale ou encore de Roméo Elvis, des initiatives fleurissent pour inviter les victimes à élever leur voix. Le 18 juillet dernier, le compte de #MusicTooFrance était créé et annonçait vouloir récolter des témoignages anonymes de victimes de violences sexistes ou sexuelles dans l’industrie de la musique. Le but : agréger plusieurs témoignages afin de dessiner des profils d’agresseurs, accompagner les victimes juridiquement ou psychologiquement et être pris au sérieux par la police et les médias. Le formulaire à remplir pour témoigner était accessible jusqu’au 30 septembre.

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“Nous reprenons aujourd’hui le hashtag #MusicToo pour donner un nouveau souffle à la libération de la parole dans l’industrie musicale.“  Nous (anonymes, comme vous) collectif à l’initiative de ce questionnaire, sommes issu.e.s du secteur musical. Certain.e.s d’entre-nous ont quitté la filière il y a plusieurs mois ou années, certain.e.s y évoluent encore aujourd’hui. Une filière professionnelle parfois dangereuse, souvent toxique pour les femmes, pour la communauté LGBTQIA+ et les personnes racisées sous représentées.   Depuis plus d’un an, nous repensons aux témoignages de nos ami.e.s, aux histoires d'agressions sexuelles que tout le monde connaît dans le milieu mais dont personne ne parle. Et nous constatons l’impunité des agresseurs (professionnels à des postes clés, artistes omniprésents dans les médias) qui n’ont aucune raison d’arrêter leurs agissements si personne ne parle.  Il est temps que la peur change de camp.  Sur notre google form (lien dans la bio), jusqu’au 30 septembre, nous recueillons vos témoignages de violences sexistes – propos sexistes, dégradants, ambiances sexistes – et sexuelles. Vous pouvez rester anonymes si vous le souhaitez, mais il est temps de nommer votre ou vos agresseur.euse.s.  A partir de ces informations, nous pourrons associer des agressions et violences entre elles, commencer à dessiner des profils et rassembler des plaintes. Nous travaillons avec des avocates et deux associations pour vous accompagner vers un suivi juridique ou psychologique si nécessaire. Dans certains cas, nous transmettons des informations aux médias qui voudraient mener une enquête.

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Le 1er octobre, le collectif a publié un communiqué de presse annonçant avoir récolté 302 témoignages qu’ils allaient devoir maintenant analyser et qualifier, afin d’en extraire des données et de pouvoir présenter les résultats. L’objectif n’est pas de diffuser les témoignages, pour éviter une accumulation des récits qui pourrait normaliser la violence, mais de structurer les résultats extraits des données afin notamment de lister les « agissements et les systèmes qui facilitent les agressions et imposent le silence aux victimes ».

Une quarantaine de témoignages ont été transmis à Mediapart et à Néon qui préparent actuellement une grosse enquête sur le sujet. L’initiative est également soutenue par le Ministère de la Culture et le Centre National de la Musique.

Un deuxième formulaire sera prochainement disponible pour recueillir une deuxième vague de témoignages. Vous pouvez retrouver plus d’information sur les comptes Instagram, Twitter et Facebook du collectif #MeTooFrance.

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