Montréal : Comment les styles à plus de 140 BPM sont en train d’envahir la métropole

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©OVLD
Le 04.12.2019, à 13h56
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Invité par Courage et Overloud Events, le crew parisien Casual Gabberz débarque à Montréal le 7 décembre prochain au Newspeak. L’événement illustre bien l’évolution de la scène underground montréalaise vers des sonorités électroniques plus dures, grâce à l’apparition depuis quelques années de collectifs comme OCTOV, Exposé Noir et Axis pour la techno industrielle et plus récemment celle d’Overloud Events pour les styles 140+ BPM.

Par Elsa Fortant

Historiquement orientée vers la trance, la progressive et la techno mélodique, la métropole québécoise a pourtant honoré la techno industrielle ces derniers mois en accueillant les figures internationales Rebekah, Paula Temple, Nene H, SPFDJ ou VTSS. Du côté local, la techno survoltée a de beaux jours devant elle, notamment grâce aux résidents du Stereo Undfnd & Prml, à Mickael ou à l’arrivée de la DJ D.Blavatsky en résidence chez OCTOV.

Ceci dit, les événements organisés par Overloud (OL) passent la vitesse supérieure. Early rave, hardstyle, hardcore, frenchcore, uptempo… les amateurs de gros son y trouvent leur compte. Un créneau peu exploité jusqu’ici et en plein développement. Comme l’explique Lise, promotrice des événements OL, « la techno est très répandue à Montréal, mais le 140+ BPM commence à peine à faire sa place. En l’espace d’un an et demi, j’ai vu l’évolution de la scène, des gens plus ouverts, plus énergiques et extrêmement satisfaits quand le rythme de la soirée s’accélère ! ». Même son de cloche chez Max, cofondateur du collectif : « les soirées hard music sont encore un microcosme où la plupart d’entre nous se connaissent soit directement ou par le biais d’un.e ami.e mais petit à petit on voit de nouveaux visages, une nouvelle génération arriver et ça nous donne de la force ! Au fil de nos évènements, on a vu un noyau solide se créer et il nous suit. »

Créé en 2018, le jeune rassemblement compte déjà une dizaine de soirées à son actif avec des affiches associant des DJs issus de la scène hard internationale, tels que le couple néerlandais hardcore/uptempo Bulletproof et Partyraiser, le “gabber guru” américain Rob Gee et des DJs locaux comme Search & Destroy (hardcore), Massot (makina), Levo Dextro (oldschool). Sans oublier le maître de cérémonie, MC Flodzi,, afin d’offrir une expérience dans les règles de l’art. Ce travail de terrain permet de séduire l’oreille d’un public à conquérir. « On veut déconstruire les clichés dont la scène hard a longtemps fait les frais : musique de cons, de fachos, de drogués… », affirme Max. « On veut montrer au public canadien que cette culture est faite pour tous et qu’il n’y a aucune raison qu’il n’y ait pas de scène forte ici comme c’est le cas en Europe depuis le début des années 90. Avoir plus de femmes DJs dans un milieu encore largement masculin fait également partie de notre vision. »

La popularité et la visibilité grandissantes de la scène hard dance music s’expliquent par de nombreux facteurs. Pour Lise, originaire de Québec et installée à Montréal depuis un an et demi, « l’influence de l’immigration européenne à Montréal joue évidemment sur le fait que la musique 140+ BPM s’installe progressivement ici, mais attention le public local est très réceptif aussi ! C’est juste que les immigrants arrivent avec cette envie de faire connaitre au plus grand monde cet univers qui leur prend tant aux tripes. » La création d’Overloud a en fait catalysé des initiatives individuelles en leur donnant une résonnance collective. Ainsi, selon Max, pour faire partir un mouvement comme celui-ci, c’est aussi une question de timing. « On connait la scène locale et on sait qu’elle est atomisée, répartie entre quelques promoteurs isolés n’ayant pas forcément de liens étroits entre eux. On a senti qu’il était temps de prendre les devants en concevant quelque chose de nouveau et différent. Quand on a démarré le projet, ça a donné envie à des artistes qui se sentaient isolés de se lancer et à d’autres groupes de la même famille d’organiser des soirées. » 

Bien que l’équipe d’Overloud apprécie la dimension teuf underground, investir le Newspeak – un club dont la réputation n’est plus à faire, situé en plein centre-ville – représente une étape importante dans la légitimation du genre. « Il aurait été plus difficile d’amener un act comme Casual Gabberz dans un espace tel que le Newspeak il y a encore deux ans », continue Max. « Il est certain que la hype qu’il y a autour du collectif français a aidé à susciter un réel engouement à leur égard ici à Montréal. Jouer dans un club comme celui-ci entre en parfaite adéquation avec nos objectifs qui sont notamment d’investir des lieux connus du public. » En d’autres mots, les beaux jours de la scène hard sont encore à venir.

Pour être témoin des premiers murmures de la scène hard montréalaise, rendez-vous le 7 décembre au Newspeak. Toutes les informations sont à retrouver sur la page Facebook de l’événement.

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