À écouter : Voyage à travers les steppes avec le nouvel album de Mischa Blanos, “City Jungle”

Écrit par Cécile Giraud
Photo de couverture : ©Infiné
Le 21.05.2021, à 11h50
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©Infiné
Écrit par Cécile Giraud
Photo de couverture : ©Infiné
C’est l’histoire d’une tournée mondiale qui précède une pandémie. Pour son premier album City Jungle, Mischa Blanos la raconte au piano, invitant la musique électronique à sauter à pieds joints dans les souvenirs des nuits passées en club. Ça sort sur le label InFiné et ça fait du bien. Par ailleurs, l’artiste donnera un concert gratuit au 104 ce samedi 22 mai.

Au cas où la musique électronique ne serait pas assez drama, Mischa Blanos a souhaité l’associer au piano. Pour ce premier album intitulé City Jungle et signé chez InFiné, le prodige roumain utilise le vieil instrument comme une rythmique à part entière. Résultat : noise électronique et groove organique s’enlacent pour nous transporter loin. Aussi loin que les steppes eurasiennes, le Japon, ou tout en haut d’un building. Ces territoires clés, Mischa Blanos les a foulés avec ses acolytes du groupe Amorf, Cristi Cons et Vlad Caja. Avec eux, il a joué dans les grandes villes du mondes et fait danser les âmes énergiques de Fabric, du Rex Club ou encore du Gazolder à Moscou. « Ces villes transportent une atmosphère et une pression uniques, chacune d’entre elles avec des règles nouvelles et des rythmes différents auxquels il faut s’accorder », se souvient l’artiste.

Jouer le voyage

Puis le Covid débarque. Mischa se confine à Bucarest de 21h à 9h du matin. Il passe alors de longues nuits à composer dans son studio. La mémoire de toutes ces villes lui revient, il ressent leur rythme, leur pression et revoit les espaces qu’il avait l’habitude d’explorer. Comme promis, le pianiste mélange les genres sans crier gare. Alors que les premiers titres de l’opus s’approprient délicatement le piano, le titre “Audition a 9” laisse passer les ondes de la 303. Et juste avant de retrouver ses touches noires et blanches, le titre éponyme de l’album marque son territoire d’un jazz saccadé.

À travers ses morceaux, c’est clair, Mischa voyage. De “Silicon Road”, une composition basée sur l’échelle d’accord japonaise Hirajōshi et faisant référence à un nouveau type de marchand de la route de la soie, jusqu’à la “Steppe”, une terre désolée d’un vide sublime. « Ici, je peux reposer mes yeux, entendre le son de mon propre souffle et enfin mettre en pause les pensées bruyantes », déclare-t-il.

Enfin, City Jungle tire son chapeau avec le titre “On Cue”. Un peu pour nous remercier, un peu pour nous narguer. Une sublime façon de conclure cette exploration approfondie de l’ère moderne, racontée par un outsider. Elle en devient alors très personnelle et force à l’introspection émotionnelle et sonore.

L’album City Jungle de Mischa Blanos est disponible partout depuis ce 21 mai 2021. L’artiste jouera lors d’un concert gratuit au 104, à Paris, ce samedi 22 mai.

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