Pourquoi filmer des concerts est l’un des métiers les plus cool du monde

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Marion Bornaz
Le 11.12.2019, à 17h10
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©Marion Bornaz
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Adeline Chahin est réalisatrice et assure des captations de concert, en live, pour le site Culturebox. Rennaise d’adoption et adepte des Trans Musicales depuis plusieurs années, elle explique, dans le cadre d’un partenariat avec l’ESRA, en quoi consiste son métier.

Par Axel Cadieux

Quel est votre parcours? 

Je savais que je voulais travailler dans l’image, la vidéo, sans être beaucoup plus précise. Très vite, j’ai fait un BTS audiovisuel en montage, à Montbéliard. Évidemment, je ne savais pas du tout que ça allait me mener à la captation de concerts ! J’ai d’abord bossé en tant que monteuse dans une boîte de prod qui lançait une télé locale en Alsace, puis j’ai commencé à réaliser des programmes type magazine. De la culture notamment, du théâtre ou de la musique, à quatre caméras. Derrière ça, changement de vie, je traverse la France et je suis engagée par TV Rennes. C’est à cette période que je découvre les Trans Musicales et les captations.

Quand avez-vous commencé aux Trans Musicales

Mes premières Trans en tant que réalisatrice ont lieu en 2007 ou 2008. À l’époque où je suis devenue intermittente, en fait. Aujourd’hui, c’est ce que je fais chaque année pour Culturebox, avec aussi le Hellfest, la Route du rock… Ce qui est intéressant avec les Trans, c’est que les groupes ne sont pas très connus, en devenir. Par exemple, je dois filmer un groupe, Shortparis, et bien aujourd’hui je n’ai que peu d’infos sur eux. Donc tu es dans la découverte et la spontanéité, même si moi quand je peux, je les écoute au maximum. On a même parfois les setlists en amont de la capta, pour mieux se préparer aux morceaux qu’on va filmer. Ensuite je récupère les riders pour connaître les plans de scène, la manière dont les groupes vont s’installer et j’assiste aux balances – quand il y en a.

Quels sont les rôles dans votre équipe? 

Je travaille avec des cadreurs, un ingénieur du son avec son équipe, des techniciens vidéo… On est peut-être une vingtaine de personnes par concert et six caméras, certaines fixes, d’autres portables, dans le public. Moi je suis devant un mélangeur, en régie mobile, et je commute en direct, c’est-à-dire que je passe d’une caméra à l’autre, car la plupart du temps on est en live sur internet. L’idée, c’est aussi de ne pas avoir que la scène, de faire aussi exister le public. C’est pas toujours facile, c’est une gymnastique.

Est-ce que la musique, le rythme, l’énergie impactent votre réalisation? Passer plus rapidement d’une caméra à l’autre par exemple, avoir un montage plus saccadé ou au contraire plus lent? 

Clairement. C’est la beauté du live. Tu as beau préparer et écrire des trucs en amont, tu ne sais jamais exactement ce qui va se passer et tu peux te laisser emporter, être embarquée et t’adapter. C’est le truc que je trouve vraiment hyper intéressant : la spontanéité du montage. Et pour certains concerts, ça se fait aussi a posteriori, après le festival, par exemple lorsqu’il est prévu de le diffuser sur une chaîne locale. Dans ces cas-là, on enregistre toutes les caméras séparément, pareil pour le son, et on remonte tout le concert avec un monteur. Il y en a pour trois jours, en moyenne. Cette année par exemple, je vais en remonter deux courant janvier. 

Le concert est-il monté in extenso ou y a-t-il des moments qui sont coupés?

Le plus souvent, on garde tout. Ça, c’est la base. Maintenant, s’il y a une demande de durée précise, un passage gênant ou des blancs, on peut couper, mais c’est exceptionnel. Mais sur les Trans les concerts sont généralement assez courts, car ce sont le plus souvent de jeunes groupes qui n’ont pas un énorme répertoire, donc tout est monté en entier, sans coupe. 

Y a-t-il quelque chose de vraiment spécifique aux Trans qui changerait votre manière d’aborder le métier? 

Au-delà de la technique, il y a une surtout une ambiance. J’aurais du mal à la définir, mais Rennes est transformée le temps du festival. Ça, c’est une certitude, et tu t’en rends bien compte quand tu y vis. Il y a quelque chose dans l’air. Même moi, je bosse sur les captations, mais dès que j’aurai un moment, je sais que j’irai voir dans un autre hall, d’autres concerts pour un peu m’immerger là-dedans et voir comment le public vit ça. Même en ville, j’essaie de voir quelques concerts à l’Ubu ou à l’Étage. Ça m’aide aussi, ensuite, pour retranscrire au mieux cette atmosphère à l’écran. 

Un souvenir qui sort du lot? 

Les 25e Trans, ça m’avait bien marquée, mon édition préférée je pense. Après, en tant que réalisatrice, j’aurais du mal à te dire mon concert préféré ou un souvenir en particulier. En fait, le plus marquant, c’est peut-être qu’il n’y a aucun souvenir désagréable. C’est à chaque fois une découverte. 

Quels conseils donneriez-vous à de jeunes étudiants se destinant à la captation? 

Ce que j’ai toujours tendance à dire, c’est qu’on fait des métiers qu’on aime, on a cette chance et il faut en rester conscients. Ça doit rester un plaisir, il faut l’avoir en tête. C’est aussi pour ça que je vais souvent m’immerger au milieu du public, ça permet de réaliser notre chance de travailler dans ce monde. Autre point important : il faut connaître le métier des autres techniciens, s’y intéresser. Ça reste un travail d’équipe, avant tout. Et moi j’aime aller voir bosser les autres corps de métier, c’est un truc que j’ai tout le temps fait et je continue. 

Pour marcher dans les pas de Adeline Chahin : une formation «cinéma – télévision» est enseignée à l’ESRA. 

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