Pourquoi le masque à gaz a été l’outfit in-dis-pen-sable des clubs de Berlin en 1991

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Tilman Brembs
Le 28.11.2019, à 14h18
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©Tilman Brembs
Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Tilman Brembs
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Au lendemain de la chute du Mur, un accessoire fait sensation dans les soirées berlinoises : le masque à gaz. Le photographe Tilman Brembs fréquente assidument ces soirées techno qui n’attirent pas encore les touristes. Et arbore lui-même le must have de l’époque.

Tilman Brembs a la petite vingtaine lorsqu’il débarque, en 1991, dans une capitale allemande où l’Est et l’Ouest commencent tout juste à se mélanger de nouveau, à s’apprivoiser. Sa jeunesse, animée d’un souffle nouveau, balaie sur son passage l’idée d’une identité nationale divisée. « Ce qu’il y avait de fascinant, se souvient le photographe, c’est qu’on se rencontrait pour la première fois. L’Est et l’Ouest se sont unis sur le dancefloor. Avant, on avait des visions stéréotypées les uns des autres. »

Face au son, les clichés s’évanouissent. Mais c’est aussi par le vêtement que va s’effacer la frontière qui aurait pu séparer les deux jeunesses. Le cool, c’est d’être soi. Plus qu’un genre musical, “techno” devient alors un adjectif qui définit une certaine vision du futur ainsi qu’un détournement du présent. Le camouflage, l‘orange fluo, l’argenté et ses connotations SF : une nouvelle sous-culture prend vie sous les yeux extatiques d’un Tilman Brembs qui se met alors à chroniquer les nuits blanches de la ville. Une histoire qu’il ne publiera qu’un quart de siècle plus tard dans Over Rainbows (2019), un livre qui compile des clichés pris entre 1991 et 1997. Il décrypte dans le magazine Trax n°226 – disponible en kiosque et sur le store en ligne – les looks utopiques d’une époque où tout était encore à créer. Aperçu du défilé :

« C’est l’une des premières images prises à l’époque. Dessus, c’est moi. Je faisais la billetterie. Le masque à gaz était un classique chez les mecs de la scène hardcore à l’époque, un vrai accessoire de mode. La veste de camouflage sur la combinaison orange, c’est un rappel des tenues des gens qui nettoyaient les rues de Berlin. »

« Il fallait être un raver très hardcore pour porter un masque à gaz en dansant. On en trouvait au marché aux puces. L’esthétique collait parfaitement à la techno industrielle qui émergeait à l’époque. Il y avait aussi bien sûr une dimension transgressive. »

Et pour les ravers très, très hardcore, il y avait aussi le look « poutre ».

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