Low Jack a collaboré avec Lala &ce sur une comédie musicale 2.0 : “Baiser Mortel”

Écrit par Cécile Giraud
Photo de couverture : ©Sam Clarke
Le 19.10.2021, à 10h42
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©Sam Clarke
Écrit par Cécile Giraud
Photo de couverture : ©Sam Clarke
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Cette semaine, la Bourse de Commerce, nouveau musée de la Collection Pinault, réunit Lala &ce et Low Jack autour de Baiser Mortel, une comédie musicale extatique où les danses funèbres prennent le contre-pied des représentations occidentales de l’amour et la mort. Entretien croisé avec un duo parti pour durer.

Comment vous vous connaissez, tous les deux ?

Low Jack : On s’est rencontrés il y a deux ans, presque jour pour jour. Il y avait tous les ingrédients pour arriver jusqu’ici. Cyrus Goberville, en charge de la programmation culturelle de la Bourse de Commerce, cherchait à organiser un évènement en marge de la FIAC. Il cherchait une performance semi-improvisée, une rencontre un peu cross over. Donc il nous a présentés. On a bu quelques coups ensemble, on a créé l’évènement très vite et il y a tout de suite eu une bonne osmose. Et dans le même temps, Cyrus nous a proposé de créer quelque chose de plus ambitieux, avec plus de temps de travail. Et c’est là qu’on s’est dit : viens on fait une comédie musicale.

Lala : Finalement le covid a été un coup de main, ça nous a permis de prendre du temps pour créer.

J’adore les histoires d’amour tragiques. Les trucs de Rom Com’, c’est pas la vraie vie.

Low Jack

Baiser Mortel est une comédie musicale inspirée du film Death Takes a Holiday (1934) de Mitchell Leisen. Pourquoi ce film ?

LJ : On voulait une histoire d’amour. Pour Lala et moi, c’est un sujet qui nous intéresse à 95%. Je me reconnais tout à fait dans le point de vue complexe que défend le film. J’adore les histoires d’amour tragiques. Les trucs de Rom Com’, c’est pas la vraie vie. On a accroché avec le scénario et on s’est complètement approprié le truc.

Lala : Dès que Philippe (Low Jack, ndlr) m’a raconté l’histoire, j’étais conquise direct. C’est la Mort qui descend sur Terre pour vivre les émotions humaines. Elle tombe amoureuse d’une fille et elle ne veut plus retourner dans le ciel. C’est énervé, c’est une histoire de ouf. La mort, c’est tellement un truc vague et abstrait…

Low Jack, on sait que tu développes un goût pour la comédie musicale de cinéma depuis longtemps…

Oui, c’est un fantasme de plusieurs années. Mais il fallait des moyens… Une quarantaine de personnes qui bosse sur ce spectacle, ça coute très cher. 

Et toi Lala, comment tu vis cette transversalité artistique ? 

Dans mes créations, j’ai jamais pensé à intégrer la danse. Là, j’ai intégré une danseuse dans le show que je fais en ce moment. C’est sensuel mais ce n’est pas un véritable moment chorégraphique. La danse, c’est lourd, elle permet de raconter encore mieux les histoires. Le corps qui parle, c’est magnifique. Et puis j’ai toujours aimé les comédies musicales. Les Demoiselles de Rochefort, je kiffe. West Side Story, Les Parapluies de Cherbourg… Ce sont des histoires d’amour plus complexes qu’elles en ont l’air. De toute façon, j’adore quand on ajoute la chanson au cinéma. Disney, ça défonce, tout le monde aime Disney. Même si parfois ça fait peur… Je regarde Blanche Neige aujourd’hui, je suis pas à l’aise. 

D’ailleurs, cette transversalité rappelle le travail de Cecilia Bengolea, qui est danseuse, chorégraphe et, grâce aux créations auxquelles elle donne naissance (sculptures mouvantes, vidéos, performances numériques), une artiste véritablement transmedia. Comment s’est passé la collaboration à trois ?

LJ et Lala : C’est le musée qui nous a proposé de travailler avec Cecilia. Elle n’est pas juste contemporaine parce qu’elles s’accompagne de Craig Black Eagle, Katerin Wow, Elodie Chan… Elle apporte des influences jamaïcaines avec des pas de dancehall, de l’afro. Pour nous, ça fait sens. C’est des sonorités qu’on affectionne et qu’on a composées pour le show. 

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Justement, que retrouve-t-on musicalement dans ce spectacle ?

LJ : On s’est inspirés de Jazmine Sullivan pour créer une vraie mise en scène sonore, pas seulement visuelle. Ce qui est sûr, c’est qu’on n’y retrouve pas nos influences personnelles. Impossible de deviner qu’on s’inspire chaque jour de Husher et des Destiny’s Child. Chacun y a mis sa personnalité. Moi c’était d’ailleurs mon rôle, de créer des cohérences pour que tout le monde se sente à l’aise. Tu vas pas faire jouer les mêmes sonorité à Baby Solo qu’à le Diouck.

Lala : D’ailleurs, on devrait leur faire un feat tous les deux.

LJ : Oui, j’y ai pensé, de ouf !

Les personnages sur scène sont habillés par Marine Serre. Comment s’est décidé cette direction et comment son travail vient souligner votre création, selon vous ?

LJ et Lala : Dans un travail collaboratif, c’est bien de connaître les gens, d’avoir des affinités de base. Nous-mêmes, on a eu du mal à communiquer parfaitement sur nos intentions et notre vision. Donc c’est important d’être entourés de gens de confiance. Quand le musée nous l’a présentée, tout l’enjeu était dans l’entente et le feeling. Ça a glissé parce qu’elle est fan de la musique de Lala et elle avait déjà bossé avec Cecilia. Tout s’est imbriqué !

Toutes les informations et la billetterie de Baiser Mortel sont à retrouver sur le site internet de la Bourse de Commerce.

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